Selon l’élue démocrate Ilhan Omar, les Américains devraient «avoir peur des hommes blancs»

Par Zachary Stieber
26 juillet 2019 Mis à jour: 28 juillet 2019

Faut-il se méfier des hommes blancs ? C’est semble-t-il le message relayé par les progressistes américains qui trouvent une surprenante incarnation dans la représentante démocrate du Minnesota, Ilhan Omar.

Ilhan Omar est l’un des deux membres musulmans du Congrès, et selon ses propos lors d’une interview accordée à la chaîne de télévision Al Jazeera, les Américains « devraient avoir davantage peur des hommes blancs ».

Al Jazeera est un média  appartenant au gouvernement qatari souvent critiqué outre-atlantique pour sa couverture de l’Holocauste.

L’interview a été réalisée en 2018 alors qu’Ilhan Omar était encore candidate au siège qu’elle occupe actuellement. Elle répondait alors à son hôte, Mehdi Hasan, qui l’interrogeait sur la montée des attaques terroristes islamiques.

« Beaucoup de conservateurs, en particulier, diraient que la montée de l’islamophobie n’est pas le résultat de la haine mais de la peur. Une crainte légitime semble viser le ‘terrorisme djihadiste’, qu’il s’agisse de Fort Hood ou de San Bernardino, ou de l’attaque récente d’un camion à New York. Que leur répondez-vous ? », demanda-t-il.

La démocrate a répondu : « Je dirais que notre pays devrait craindre davantage les hommes blancs, parce qu’ils sont en fait à l’origine de la plupart des décès dans notre pays. »

Ilhan Omar n’a pas cité de preuves à l’appui de sa demande.

« Nous devrions établir des profils, surveiller et élaborer des politiques pour lutter contre la radicalisation des hommes blancs », a-t-elle ajouté plus tard.

À un autre moment, I. Omar a été interrogée au sujet de l’interdiction de voyager aux États-Unis imposée par le président Donald Trump à sept pays à majorité musulmane où il existe un risque terroriste.

« Si nous étions vraiment honnêtes sur ce sujet de sécurité nationale, nous savons qu’aucun de ces pays n’a jamais représenté une menace dans ce pays », a affirmé I. Omar.

Elle a également affirmé que cette interdiction était un « jeu politique ».

Dans l’interview, Ilhan Omar a également soutenu que beaucoup de gens qui ont voté pour Trump en 2016, y compris près de la moitié des électeurs du Minnesota, ne pensaient pas qu’il ferait ce qu’il avait promis dans sa campagne.

Ces dernières semaines, Trump a attaqué I. Omar à plusieurs reprises pour sa rhétorique extrême et lui a suggéré de retourner en Somalie et d’aider à réparer le gouvernement « brisé » si elle n’aime pas les États-Unis – qui l’ont accueillie comme réfugiée quand elle était enfant.

Lors d’un rassemblement en Caroline du Nord le 17 juillet, le président américain a dressé la liste des commentaires controversés de la représentante démocrate au cours des dernières années. Elle avait notamment dénigré des militaires américains, minimisé les attaques terroristes du 11 septembre 2001, et fait des remarques antisémites dont elle s’est ensuite excusée.

Le président Donald Trump prend la parole lors d’un rassemblement Keep America Great à Greenville, en Caroline du Nord, le 17 juillet 2019. (Zach Gibson/Getty Images)

Ilhan Omar a également demandé à un juge de réduire les peines pour les hommes qui tentent de se joindre à Daech, le groupe terroriste islamique radical qui revendique la responsabilité d’un certain nombre d’attentats à la bombe dans le monde.

La démocrate a déclaré que des « mesures punitives » comme des condamnations d’enfermement ne seraient pas judicieuses et a recommandé « un système de compassion » qui se concentrerait sur « l’inclusion et la réhabilitation ».

« Le désir de commettre des actes de violence n’est pas inhérent aux gens – c’est la conséquence d’une aliénation systématique ; les gens cherchent des solutions violentes lorsque le processus établi pour apporter des changements leur est inaccessible », écrit Mme Omar dans la lettre, qui a été obtenue par Fox 9.

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