Selon l’amiral Faller, la Chine profite de la corruption qui règne en Amérique latine pour accroître son influence

Par Pachi Valencia
19 août 2021
Mis à jour: 19 août 2021

Selon l’amiral américain Craig Faller, le régime chinois cherche à accroître son « influence coercitive » en Amérique latine en exploitant la corruption et les ressources naturelles de la région.

Craig Faller, chef du commandement Sud des États-Unis, a affirmé que le Parti communiste chinois (PCC) était en train d’accroître de façon spectaculaire son commerce et ses investissements en Amérique latine, tirant avantage de la « corruption généralisée » qui sévit dans la région pour faire d’énormes profits.

« La Chine a multiplié son jeu par mille, en offrant de vastes possibilités de formations militaires, des bourses de cyberingénierie et des programmes annuels de coopération en matière de sécurité sans conditions », a déclaré M. Faller dans une interview accordée à Politico le 12 août.

« Les entreprises publiques et privées chinoises exploitent souvent la corruption généralisée qui règne dans la région pour saper les pratiques contractuelles équitables. (…) Une tactique courante qu’ils mettent en œuvre consiste à offrir des avantages lucratifs aux fonctionnaires locaux en échange d’accords favorables », a-t-il ajouté.

Tout en reconnaissant que les investissements dans la région sont nécessaires pour se remettre des impacts économiques causés par le Covid, M. Faller a fait remarquer que le régime chinois « cherche à créer des dépendances, et non des partenariats de confiance », et des conditions pour ses partenaires qui les obligent à « choisir leur camp ».

« Pékin veut créer un système mondial au sein duquel les régimes autoritaires sont considérés comme des formes légitimes de gouvernement. Un système où l’État de droit, les droits de l’homme et la liberté d’expression sont étouffés. Un système où les normes internationales sont manipulées à son avantage, et c’est ce qui se passe actuellement », a-t-il déclaré.

De plus, il a souligné que le PCC se sentait « plus à l’aise » en Amérique latine pour négocier avec des régimes autoritaires qui lui ressemblent.

« Le comportement de la Chine au Venezuela en est un bon exemple. Ce n’est pas une coïncidence si les entreprises chinoises offrent des cadeaux et des pots-de-vin tout en faisant des affaires avec le régime de Maduro, qui, à l’instar du leur, viole systématiquement les droits de l’homme. »

L’amiral a raconté qu’au cours de ses voyages dans la région, il a vu des dizaines de projets chinois dans des industries de tailles diverses, comme la présence de bateaux de pêche chinois au large des côtes de l’Équateur, du Pérou, du Chili et de l’Argentine, et des entreprises chinoises installées dans le canal de Panama et la zone franche de Colon.

« Ces ports sont conçus afin de satisfaire l’appétit de la Chine pour les denrées alimentaires et les ressources, ce qui cause de réels dommages à l’environnement de la région. La Chine contribue à la déforestation de l’Amazonie, à l’exploitation minière et forestière illégale, et au développement d’une pêche excessive dans un contexte de contrôle environnemental laxiste », a-t-il déclaré.

« La Chine recherche dans cette région une ressource importante, à savoir l’eau », a ajouté M. Faller, soulignant que l’Amérique latine et les Caraïbes possèdent 30 % de l’eau douce du monde, contre seulement 8 % pour la Chine.

« Cela permet d’expliquer l’intérêt croissant de la Chine pour l’Amérique latine et les Caraïbes : la région fournit l’eau et les terres arables dont elle a tant besoin et qui peuvent l’aider à nourrir sa population », a-t-il déclaré.

Pékin recherche actuellement des ports en eau profonde notamment en République dominicaine, en Argentine et au Salvador.

Pékin a fait de cette région un axe d’expansion particulier ces dernières années. Toutefois, l’influence de la Chine dans cette région se traduit également par la présence du virus du PCC.

Un spécialiste des questions chinoises a averti il y a quelque temps que Pékin utilisait la situation désastreuse causée par la pandémie en Amérique latine pour « faire avancer de manière prédatrice » ses intérêts commerciaux et géopolitiques en recourant à la diplomatie des vaccins chinois.

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