Selon un expert, Pékin utilise la politique identitaire occidentale pour détourner sa responsabilité sur la pandémie

Par Cathy He et Jan Jekielek
19 mai 2020
Mis à jour: 19 mai 2020

Selon l’historien Victor Davis Hanson, le régime chinois a exploité la politique identitaire de l’Occident pour détourner les regards sur le rôle qu’il a joué dans la pandémie mondiale du Covid-19.

Au cours des derniers mois, Pékin a déployé une campagne d’information agressive destinée à façonner en sa faveur les récits relatifs à la pandémie. Pékin se présente comme le leader mondial de la lutte contre la maladie, laisse entendre que le virus provient de pays hors de Chine et critique la façon dont les autres nations ont géré l’épidémie, tout en occultant la mascarade opérée au début de l’épidémie.

Un élément de cette stratégie consiste à jouer la carte de la victime, a déclaré M. Hanson.

« Ils sont très manipulateurs dans le sens où ils exploitent la race, la classe, le sexe, la politique d’identité progressive », a déclaré M. Hanson, professeur principal de l’Institut Hoover, à l’émission « American Thought Leaders » du journal Epoch Times.

« Ils comprennent l’esprit de la gauche, ils peuvent en quelque sorte se poser en victime – même s’ils ont été les agresseurs dans cette crise. »

Selon M. Hanson : « Le régime fait cela en se présentant comme faisant partie de la minorité américaine, autrement dit, il ne fait pas partie de la majorité blanche. »

Au mois de mars, le régime a attaqué le président Donald Trump et d’autres responsables américains pour avoir utilisé l’expression « virus chinois » ou « virus de Wuhan » pour désigner la maladie, les qualifiant de racistes et de xénophobes. Au début de l’épidémie, les médias d’État chinois avaient eux-mêmes utilisé le nom de « pneumonie de Wuhan » pour décrire la maladie.

L’ambassadeur de Chine au Canada, Cong Peiwu, a affirmé dans une récente interview avec le média local Global News que « la Chine est victime non seulement de la maladie elle-même, mais aussi de la désinformation ».

Selon M. Hanson, le résultat de cette stratégie est le suivant : les Occidentaux sont « beaucoup plus prudents pour dire quoi que ce soit de négatif sur la Chine, parce que [le régime chinois va] revenir sur le sujet en exploitant le mécanisme des politiques identitaires ».

M. Hanson a souligné l’hypocrisie du régime : « Ils ont une culture monoraciale pour la plupart, et ils ont été très racistes dans leurs politiques vis-à-vis des autres pays. »

Il a ajouté : « Ils ont un million de personnes dans des camps de rééducation. Ils pratiquent une discrimination systématique à l’encontre des Africains dont ils se font ostensiblement les champions. Ils ont détruit la culture du Tibet, et pourtant ils prétendent être choqués et désillusionnés par la xénophobie, le racisme et le manque de libéralisme des Américains. »

Alors que le régime chinois s’est attaqué à des manifestations de racisme anti-chinois à l’étranger pendant la pandémie, il n’a pas réussi à mettre fin à la discrimination raciste exercée à l’encontre des Africains dans son propre pays. En raison de la discrimination liée au virus, les migrants africains de la province de Guangzhou, dans le sud de la Chine, se sont vus interdire l’accès aux magasins, aux restaurants et aux hôtels, et ont été expulsés de leur domicile.

M. Hanson a évoqué les médias occidentaux qui ont répété la propagande du régime chinois pour critiquer Donald Trump.

« Nous avons eu cette situation orwellienne où les médias n’étaient pas seulement anti-Trump, mais reprenaient en fait les points de vue formulés par le régime chinois », a-t-il déclaré.

« Je veux dire par là qu’ils disaient en quelque sorte : ‘Eh bien, la Chine a fait beaucoup mieux que Donald Trump et en manipulant le virus, ils ont eu moins de cas et peu de décès’ – même si nous savons qu’aucune des informations provenant de Chine n’est fiable. »

L’historien a expliqué que les appels lancés par les États-Unis et les pays occidentaux pour que le régime fournisse des informations sur les origines du virus seront probablement ignorés par le régime.

« Je ne pense pas que nous allons découvrir cette information, car son obtention serait un aveu de culpabilité », a déclaré M. Hanson, en faisant remarquer que l’information, au mieux, pourrait révéler que Pékin n’a pas divulgué ce qu’il savait sur l’épidémie en temps voulu, et au pire, pourrait montrer que le virus s’est échappé d’un laboratoire.

Un tel acte reviendrait en fait à dire : « Nous, le Parti communiste chinois, sommes responsables de la mort d’un quart de million de personnes à ce jour […] et de la destruction de l’économie que nous connaissons », a fait remarquer M. Hanson.

« Nous n’allons jamais entendre cela de leur part. Je ne peux pas imaginer un gouvernement communiste dans l’histoire des civilisations qui ait jamais été vérace ou transparent. »

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