Selon un responsable britannique, il faut mettre fin au « meurtre commercial » perpétré par la Chine dans le secteur des transplantations d’organes

Par Frank Fang
21 septembre 2021
Mis à jour: 21 septembre 2021

Le 19 septembre, plusieurs responsables politiques du monde entier se sont relayés lors d’un sommet pour condamner la pratique persistante utilisée par la Chine, qui consiste à tuer des prisonniers d’opinion pour alimenter ses activités industrielles destinées à fournir des organes prélevés sur le marché des transplantations.

« Le don d’organes est un acte précieux qui permet de sauver une vie, mais le prélèvement forcé d’organes est un meurtre à caractère commercial et, qui figure parmi les pires des crimes », a déclaré Lord Philip Hunt, membre du Parlement britannique et ancien ministre britannique de la santé.

Philip Hunt a tenu ces propos lors du troisième séminaire en ligne du Sommet mondial sur la prévention et la lutte contre le prélèvement forcé d’organes. Le sommet, organisé par cinq ONG dont le groupe de défense Médecins contre le prélèvement forcé d’organes (DAFOH), a débuté le 17 septembre. Le prochain événement en ligne aura lieu le 24 septembre.

« J’espère que cet événement incitera de nombreuses personnes à travers le monde à adopter des mesures efficaces contre ce crime », a déclaré M. Hunt.

La Chine est l’une des destinations privilégiées pour les personnes qui ont besoin d’une transplantation d’organe compte tenu de la rapidité avec laquelle les hôpitaux chinois peuvent trouver un organe compatible, parfois en quelques jours ou semaines. Pékin explique son offre apparemment abondante d’organes par l’existence d’un système de don d’organes volontaire et par le fait que de nombreux donneurs d’organes sont enregistrés en Chine.

Les arguments présentés par la Chine ont été démentis au cours de l’année 2019, lorsqu’un tribunal indépendant basé à Londres a révélé, après une enquête menée pendant un an, que des prélèvements d’organes forcés cautionnés par l’État avaient lieu en Chine depuis des années « à une échelle significative ».

En outre, le tribunal a déclaré qu’il était « certain » que les organes provenaient de pratiquants de Falun Gong emprisonnés et qu’ils en constituaient « probablement la principale source ».

Des pratiquants de Falun Gong participent à un défilé organisé à Flushing, dans l’État de New York, le 18 avril 2021, pour commémorer le 22e anniversaire de l’appel pacifique lancé le 25 avril par 10 000 pratiquants de Falun Gong à Pékin. (Larry Dye/The Epoch Times)

Les pratiquants du Falun Gong, une discipline spirituelle également connue sous le nom de Falun Dafa, sont la cible de persécutions exercées par le régime chinois depuis juillet 1999. Des allégations de prélèvements forcés d’organes sur les pratiquants du Falun Gong détenus ont été révélées pour la première fois en 2006.

Philip Hunt a souligné les efforts qu’il a déployés pour faire adopter une nouvelle législation britannique, appelée « Organ Tourism and Cadavers on Display Bill«   (Traduit en Français : Projet de loi sur le tourisme des organes et l’exposition des cadavres), qui, selon lui, empêchera les citoyens britanniques de « se rendre dans des pays tels que la Chine pour y subir une transplantation d’organes ».

Il a ajouté que ce projet de loi « empêchera les citoyens britanniques de se rendre complices de prélèvements forcés d’organes ».

« J’espère qu’il [le projet de loi] constituera un précédent pour d’autres actions, tant dans ce pays [le Royaume-Uni] que dans le reste du monde », a ajouté M. Hunt.

Aux États-Unis, une nouvelle législation a été introduite au Sénat (S.602) et à la Chambre (H.R.1592) au mois de mars pour lutter contre le prélèvement forcé d’organes et la traite des êtres humains. Le projet de loi de la Chambre des représentants compte actuellement 31 co-parrains des deux partis.

Si la loi est adoptée, elle autorisera le gouvernement américain à refuser ou à révoquer les passeports des personnes qui se livrent à l’achat illégal d’organes. Elle interdira également l’exportation de dispositifs de chirurgie de transplantation d’organes des États-Unis vers des entités étrangères associées à ce crime.

Une législation américaine similaire a été introduite lors de la précédente session du Congrès au mois de décembre de l’année dernière.

« J’appelle l’UE et les États-Unis, ainsi que tous les autres représentants et communautés du monde libre, à défendre les droits de l’homme en Chine et à mettre fin au commerce illégal et inhumain d’organes humains prélevés sur des prisonniers de conscience en Chine », a déclaré la législatrice suédoise Ann-Sofie Alm lors du séminaire en ligne dimanche.

André Gattolin, vice-président de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat français, a expliqué lors du séminaire en ligne que certains hommes politiques ont choisi de se taire face aux menaces proférées par la Chine.

« S’interroger sur les prélèvements forcés d’organes en Chine, c’est évidemment s’exposer à des démentis cinglants et outrés et parfois même à des menaces de représailles commerciales ou politiques de la part de Pékin », a déclaré M. Gattolin.

André Gattolin ajoute : « D’où une effroyable ‘diplomatie du silence’, qui est loin d’être limitée à la France. »

Le représentant américain Steve Chabot (Parti républicain – État de l’Ohio) a qualifié le prélèvement forcé d’organes en Chine de « l’une des pratiques les plus barbares de l’histoire de l’humanité » et a mis en garde les participants au séminaire en ligne contre un avenir sombre si le Parti communiste chinois (PCC) parvenait à exporter ses conceptions sur les droits de l’homme dans le reste du monde.

Il a déclaré : « Un monde conforme aux valeurs du PCC est un monde dans lequel ceux qui ne suivent pas la ligne du parti peuvent être mis dans un camp de concentration ou voir leurs organes prélevés. »

« C’est la vision d’un monde dans lequel personne ne veut vivre. Et c’est la vision du monde contre laquelle nous nous battons tous. »

 

Frank Fang est journaliste à Taïwan. Il couvre l’actualité en Chine et à Taïwan. Il est titulaire d’une maîtrise en science des matériaux de l’université Tsinghua à Taïwan.

 

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