Le Sénat tchèque adopte une résolution condamnant les violations des droits de l’homme en Chine

Par Epoch Times
29 mars 2019 Mis à jour: 13 juillet 2019

Les crimes contre l’humanité doivent être prévenus suffisamment tôt pour ne pas devenir incontrôlables. La sénatrice tchèque Jaromira Vitkova a souligné cette affirmation en déclarant « la semaine dernière, nous avons commémoré à Boskovice la déportation des concitoyens juifs en 1942, en marchant du ghetto à la gare ferroviaire… Mais cette tragédie avait commencé bien avant 1942. »

La République tchèque est le dernier pays en date à avoir adopté une résolution condamnant les violations flagrantes des droits de l’homme en Chine, attirant particulièrement l’attention sur la persécution que le régime communiste inflige depuis près de vingt ans aux pratiquants de Falun Gong, une discipline traditionnelle chinoise.

Cette résolution, adoptée le 20 mars par le Sénat tchèque, a marqué le point culminant de quatre ans d’efforts des pratiquants locaux du Falun Gong, qui avaient recueilli des milliers de signatures sur une pétition demandant la fin du génocide perpétré par le régime chinois.

La pétition – signée par plus de 37 000 personnes – a été soumise à la Commission de l’éducation, de la culture, de la science, des droits de l’homme et des pétitions du Sénat Tchèque. Elle a été approuvée et présentée en tant que projet de résolution au Sénat pour vote.

La résolution appelle le régime chinois à cesser de persécuter les pratiquants de Falun Gong, les chrétiens, les Tibétains et les Ouïghours, à libérer tous les prisonniers de conscience, et à se conformer aux conventions internationales des droits de l’homme.

Le sénateur tchèque Marek Hilser, l’un des principaux élaborateurs de la résolution, a déclaré le 20 mars au Parlement : « Rester silencieux, c’est accepter [la persécution] ».

http://fr.minghui.org/html/articles/2019/3/27/75043.html
Le sénateur Marek Hilser (orateur)

Le sénateur Marek Hilser a ajouté : « Nous sommes un pays qui a vécu sous un régime communiste totalitaire et nous savons ce qu’est le despotisme politique. Nous avons connu les exécutions politiques, les incarcérations et la censure.

« Nous savons très bien ce que sont les violations des droits de l’homme et le manque de liberté.

« C’est pourquoi je pense que notre pays, ayant vécu cette expérience historique, devrait être sensible aux violations des droits de l’homme ailleurs dans le monde, de même qu’aux valeurs bafouées. »

Le Falun Gong, aussi connu sous le nom de Falun Dafa, est une discipline spirituelle comprenant des exercices dont une méditation, et des enseignements fondés sur les principes d’authenticité, de bienveillance et de tolérance.

Cette discipline est devenue très populaire en Chine au cours des années 1990. Au début de 1999, environ 70 à 100 millions de personnes la pratiquait, selon les estimations officielles citées à l’époque par les médias occidentaux.

Mais en juillet 1999, craignant la popularité grandissante de cette pratique, ainsi que son indépendance vis-à-vis de l’État-Parti, l’ancien dirigeant Jiang Zemin, a lancé une campagne de répression du Falun Gong à l’échelle nationale, accompagnée d’une immense campagne de propagande diffamatoire. Jiang Zemin a mobilisé l’appareil judiciaire et sécuritaire du régime pour arrêter et incarcérer les pratiquants.

Les chercheurs en droits de l’homme estiment que des centaines de milliers de personnes ont depuis lors été détenues dans des prisons, des camps de travaux forcés et des centres de lavage de cerveau, où elles sont souvent torturées physiquement et psychologiquement dans le but de les contraindre à abandonner leur croyance.

Le sénateur tchèque Václav Hampl a déclaré lors de l’audition du comité le 20 mars : « J’aimerais remercier les citoyens qui, en présentant cette pétition, ont porté ce sujet à l’attention du Sénat. Je pense que c’est l’un des nombreux cas où la coopération entre nos citoyens et le Sénat a été très productive. »

Un autre sénateur, Václav Chaloupek, a dit : « Nous avons appris graduellement les faits sur les prélèvements forcés d’organes. Ces faits sont si effrayants et horribles qu’on ne peut les imaginer. »

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Mme Veronika Sunova, présidente de l’Association tchèque de Falun Dafa, prend la parole au Sénat.

Veronika Sunova, présidente de l’Association tchèque de Falun Gong, a déclaré que l’adoption de la résolution marquait une « étape unique pour la République tchèque, nous ramenant là où nous appartenons, là où notre vision du monde devrait être et où sont nos valeurs morales ».

Elle a ajouté : « Vous pouvez participer à envoyer des signaux qui peuvent dissuader certains persécuteurs de commettre ces crimes. »

Prélèvements d’organes

En 2006, des chercheurs indépendants ont révélés, avec des preuves à l’appui, que le régime chinois réalisait un commerce de prélèvements forcés d’organes sur des prisonniers de conscience, et tout particulièrement les pratiquants du Falun Gong.

« Le régime totalitaire chinois maintient vraiment des centaines de milliers de prisonniers politiques dans des camps de concentration. Une personne qui s’y trouve ne devient qu’un porteur d’organes », a déclaré le sénateur tchèque Pavel Fischer. « Les organes sont prélevés sur des personnes en santé et vivantes pour les transmettre dans la meilleure qualité possible. »

Václav Hampl a dit : « Aujourd’hui, il ne fait aucun doute que des pratiquants de Falun Gong et peut-être d’autres groupes ont été maltraités [pour des greffes d’organes] et à grande échelle. »

En 2016, un rapport d’enquête co-écrit par David Matas – avocat canadien des droits de l’homme, David Kilgour – ancien secrétaire d’État canadien pour la région Asie-Pacifique, et Ethan Gutmann – journaliste d’enquête, a conclu que le régime chinois avait mis sur pied un « système de transplantation d’organes à l’échelle industrielle, contrôlé par des politiques et un financement national ». Selon le rapport, la plupart des organes sont prélevés sur des pratiquants de Falun Gong.

http://www.epochtimes.cz/2015070722886/Redaktor-Ondrej-Horecky.html
Ethan Gutmann, journaliste d’enquête (à gauche), et David Kilgour l’ancien secrétaire d’État canadien pour la région Asie-Pacifique (au centre)

« La résolution tchèque envoie ce message à la fois aux auteurs et aux spectateurs : ‘Nous savons, nous sommes inquiets, nous pensons qu’il faut faire quelque chose », a déclaré M. Matas dans un courriel à l’édition tchèque d’Epoch Times.

M. Kilgour, également dans un courriel électronique adressé à Epoch Times, a déclaré que la résolution est « une autre initiative démocratique utile qui, espérons-le, mettra fin cette année à un crime contre l’humanité touchant toute la Chine ».

En 2013 et en 2016, le Parlement européen a adopté des résolutions exprimant ses vives inquiétudes concernant les « prélèvements d’organes systématiques et autorisés par l’État sur des prisonniers de conscience non-consentants », dont un grand nombre de pratiquants de Falun Gong.

En 2016, la Chambre des représentants des États-Unis a adopté à l’unanimité une résolution, qui appelait également à mettre fin aux prélèvements forcés d’organes pratiqués par le régime chinois. Des résolutions semblables ont également été adoptées par plusieurs assemblées législatives d’États américains, notamment celles de l’Arizona, de la Géorgie et du Missouri.

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