Le Texas adopte une résolution visant à mettre fin aux prélèvements d’organes forcés en Chine : « Il faut un tollé mondial »

Par Eva Fu
28 avril 2021
Mis à jour: 4 mai 2021

Les législateurs du Sénat du Texas ont adopté à l’unanimité une résolution condamnant « la pratique ignoble du régime chinois consistant à prélever de force des organes humains à des fins de transplantation » tout en exhortant les États-Unis à adopter une position plus agressive sur la question.

« Nous voulons dire officiellement que ‘Oui, cela se passe, et nous le condamnons’ », a déclaré le 21 avril Angela Paxton, sénateur de l’État et principal auteur de la résolution, à NTD, une filiale de Epoch Media.

Une partie de la motivation de Paxton, qui a passé au moins deux ans à faire avancer la cause, était le manque d’attention publique sur les abus de transplantation d’organes, qui avait conduit beaucoup de gens à le rejeter, le taxant « de rumeurs ».

« Nous savons que c’est vrai, nous savons que c’est une mauvaise chose, et que cela va encore une fois au cœur même de la destruction de la dignité de chaque être humain », a-t-elle déclaré.

Des personnes du monde entier ont afflué en Chine pour y subir des transplantations après avoir appris qu’elles pouvaient obtenir un organe vital en deux semaines seulement. Pourtant, une telle rapidité se fait au prix de vies innocentes, peut-on lire dans la résolution adoptée par le Sénat du Texas le 15 avril.

En 2019, l’instance indépendante China Tribunal a conclu que les prisonniers de conscience – dont la majorité sont des pratiquants de la discipline spirituelle persécutée Falun Gong – sont tués à « une échelle significative » pour leurs organes.

Le Dr Howard Monsour, qui a été l’un des premiers médecins à pratiquer une transplantation hépatique après son approbation en 1984, se souvient de l’un de ses patients d’il y a dix ans, atteint d’un cancer du foie à un stade avancé. Après avoir essuyé le refus de plusieurs hôpitaux américains, l’homme désespéré s’est rendu en Chine et a obtenu un foie pour près de 73 000 euros, même si M. Monsour le lui a déconseillé, l’avertissant qu’une opération tardive pouvait accélérer la progression des cellules cancéreuses. Le patient a procédé à l’opération et est mort huit mois plus tard.

« Pensez-y comme à une personne piégée sous l’eau. Elle est prête à faire pratiquement n’importe quoi pour obtenir une bouffée d’air », a déclaré M. Monsour, aujourd’hui spécialiste en gastro-entérologie au Lakeside Physicians Express Care de Granbury, dans son témoignage devant les sénateurs de l’État. L’intervention chirurgicale en Chine « était un mauvais service rendu à ce citoyen du Texas, et surtout au donneur s’il provenait d’un prisonnier », a-t-il ajouté.

Devant le Sénat, des pratiquants de Falun Gong qui ont survécu aux tortures en Chine en raison de leur foi ont rappelé qu’ils avaient été soumis à des prises de sang forcées inexpliquées et qu’ils avaient été témoins de disparitions « horribles » de détenus, qu’ils ont ensuite associées à des prélèvements d’organes.

Le camp de travail de Masanjia, dans le nord-est de la Chine, qui a été le théâtre de nombreux abus graves à l’encontre des pratiquants de Falun Gong, comme l’ont montré les groupes de défense des droits de l’homme, sur cette photo d’archive. (Minghui.org)

Au camp de travail de Masanjia, où Wang Haiying, résidente de Houston, a été détenue, Wang a vu les gardes prélever une grande quantité de sang sur une pratiquante dans la même cellule, alors que la femme était physiquement entravée, a-t-elle dit.

« Nous vivions dans la terreur tous les jours », a-t-elle dit aux sénateurs. « Certains pratiquants ont été battus à mort, avant d’être emportés. D’autres ont été emmenés par la police, puis ont disparu. »

Yu Xinhui, qui vit aujourd’hui à Austin, se souvient avoir vu jusqu’à des dizaines de prisonniers sortis de la prison de Sihui, dans le Guangdong, où il a été détenu de 2001 à 2007. Ces personnes n’ont jamais été revues, a-t-il dit.

Une nuit de 2006, il a vu plusieurs bus, des voitures militaires et une ambulance arriver à minuit. Des policiers armés ont alors dit aux détenus de s’allonger sur leur lit, face au mur, et de « sortir quand on vous appellera, et de ne rien apporter avec vous ».

« Tout le monde était terrifié », a-t-il dit. « Trois personnes ont été emmenées hors de ma cellule. Leurs affaires ont été laissées dans la cellule. Aucune de ces personnes n’est jamais revenue. »

Pendant son emprisonnement, Yu a rencontré un médecin de sa ville natale qui lui a confirmé que des prélèvements d’organes à vif avaient lieu.

« Vous, les pratiquants de Falun Gong, avez le meilleur corps, et les organes sont bien sûr les meilleurs. Les organes des autres prisonniers ne sont peut-être pas bons à utiliser parce qu’ils abusent des drogues, de l’alcool ou ont d’autres mauvaises habitudes », se souvient-il des propos du médecin.

Une femme ajuste des bannières de soutien à la discipline spirituelle Falun Gong, qui est persécutée en Chine continentale, à Tung Chung, un quartier populaire auprès des touristes de la Chine continentale, à Hong Kong, le 25 avril 2019. (Anthony Wallace/AFP via Getty Images)

Le médecin a suggéré à Yu de faire semblant d’abandonner la pratique du Falun Gong pour sauver sa vie.

« Sinon, qui sait ce qui arriverait à votre cœur, votre foie, votre rate et vos poumons ? », lui a demandé le médecin.

La sénatrice Donna Campbell, coauteur et l’une des 12 parrains du projet de loi, a déclaré que l’audience lui avait « ouvert les yeux ».

« J’ai vu la tristesse, la profonde tristesse qui accompagne une telle atrocité », a-t-elle déclaré à NTD. Elle espère que la résolution sera le point de départ d’un vaste mouvement visant à mettre fin à ces abus.

« Il faut que le monde entier s’indigne de ce qui se passe. Les nations doivent sanctionner la Chine pour ce genre de comportement. »

En tant que médecin urgentiste, elle a également appelé les médecins chinois à « s’éloigner » et à « dire non » à de telles pratiques.

« C’est contre toute conscience morale », a-t-elle déclaré. « Ils doivent travailler pour maintenir les gens en vies, pas pour la leur prendre ».

Brenda Chen a contribué à ce reportage.

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