Sept faits révélés sur les expériences menées au laboratoire de Wuhan

Par Anders Corr
27 mai 2021
Mis à jour: 3 juin 2021

Le 24 mai, le Wall Street Journal a publié des informations sur sept faits démontrant que les virologues de Wuhan, qui prétendent avoir effectué des analyses pour développer des vaccins contre une pandémie inexistante à l’époque, pourraient avoir pris des risques excessifs ou appliqué des normes de sécurité inadéquates lors de leurs expériences. Ceci aurait pu déclencher la pandémie du Covid-19 qui a tué plus de 3,5 millions de personnes dans le monde entier. À tout le moins, l’Institut de virologie de Wuhan (IVW) est coupable de ne pas avoir présenté des données cruciales qui pourraient déterminer les origines du virus.

Tout d’abord, six mineurs qui travaillaient dans une mine de cuivre infestée de chauves-souris dans la région de Mojiang, au sud de la Chine et loin de Wuhan, sont tombés malades en 2012. Trois sont morts. Tous les mineurs malades présentaient des symptômes similaires. Selon les documents analysés par le Wall Street Journal, un scanner leur « a révélé une pneumonie sévère, avec les mêmes marques sur les poumons que celles observées chez de nombreux patients atteints du Covid-19 ». Quatre mineurs ont été testés positifs aux anticorps du SRAS.

Le laboratoire P4 (à g.) de l’Institut de virologie de Wuhan, le 17 avril 2020. (Hector Retamal/AFP via Getty Images)

Par la suite, les scientifiques de l’IVW ont suspecté un coronavirus transmis par des chauves-souris et ont collecté dans la région des échantillons de 276 chauves-souris d’au moins six espèces différentes. « Les chercheurs ont constaté que les six espèces présentaient toutes des signes de co-infection par des coronavirus. En d’autres termes, le virus pouvait facilement échanger le matériel génétique entre espèces semblables pour créer un nouveau coronavirus – c’était un environnement propice à la création de nouveaux virus qui pourraient potentiellement infecter les humains. »

Dr Shi Zhengli, la plus grande spécialiste des coronavirus de la chauve-souris à l’IVW, a dirigé ces recherches. Elle affirme avoir refait des tests sur les mineurs, rejetant ainsi l’hypothèse selon laquelle ils auraient été infectés par le SRAS-CoV-2.

Troisièmement, l’IVW disposait autrefois d’une base de données publique de 22 000 échantillons et séquences virales, dont 15 000 provenaient de chauves-souris. En septembre 2019, l’IVW a mis cette base de données hors ligne en raison déclarée des cyberattaques.

Quatrièmement, la Dr Shi a récemment annoncé que son équipe avait trouvé dans la même mine huit autres coronavirus semblables au SRAS. « De nombreux scientifiques se demandent pourquoi l’IVW n’a pas annoncé plus tôt l’existence de ces virus, ainsi que leur lien avec la mine, et pourquoi il a attendu si longtemps avant de permettre aux scientifiques d’examiner leurs séquences », constate le Wall Street Journal. « Certains ont noté que la Dr Shi a affirmé à plusieurs reprises que les mineurs de Mojiang souffraient d’une infection fongique, et non d’un virus, ce qui contredit les documents de recherche de l’époque et l’article révisé de la Dr Shi dans [la revue] Nature qui indiquait que les mineurs seraient infectés par un virus. » Dr Shi n’a pas été renvoyée, l’IVW est donc responsable de son apparente dissimulation des faits.

Cinquièmement, l’IVW a mené des expériences de gain de fonction – des recherches qui modifient un virus d’une manière permettant d’augmenter son effet pathogène, sa transmissibilité ou la gamme d’hôtes qu’il peut infecter. Ces expériences qui rendent les virus plus mortels et plus infectieux sont menées dans des conditions hautement sécurisées et dans le but déclaré de développer des vaccins. Selon le Wall Street Journal, certains scientifiques affirment que des documents de recherche révèlent que les employés de l’IVW « combinaient certains coronavirus de chauve-souris qu’ils avaient cultivés avec le matériel génétique d’autres espèces ».

« Dr Shi a décrit publiquement ses expériences, y compris celles réalisées en 2018 et 2019, destinées à voir si divers coronavirus de chauve-souris pouvaient utiliser une protéine spike sur leur surface pour se lier à une enzyme dans les cellules humaines connue sous le nom d’ACE2. C’est ainsi que les virus du SRAS et le SRAS-CoV-2 infectent les humains. »

La virologue chinois Shi Zhengli vue à l’intérieur du laboratoire P4 à Wuhan, le 23 février 2017. (Johannes Eisele/AFP via Getty Images)

D’après le Wall Street Journal, « Ralph Baric, microbiologiste à l’Université de Caroline du Nord … a travaillé avec l’IVW sur une étude visant à créer un coronavirus artificiel qui a infecté des cellules humaines en laboratoire ». Dr Baric a des explications à donner. Les scientifiques occidentaux ne devraient pas collaborer avec des régimes totalitaires sur des recherches biologiques dangereuses.

Sixièmement, trois chercheurs de l’IVW sont tombés malades en novembre 2019 et ont été hospitalisés avec des symptômes correspondant à la fois à la grippe saisonnière et au Covid-19. Cette information, obtenue par le Wall Street Journal, provenait probablement des services de renseignement australiens.

Septièmement, les autorités chinoises empêchent les chercheurs et les journalistes d’accéder à la mine de cuivre et à ses environs. Un journaliste courageux du Wall Street Journal a récemment réussi à s’y rendre à VTT pour prendre une photo. Par la suite, il a été détenu par les autorités qui ont supprimé la photo.

De nombreux scientifiques examinent ces faits, expriment leurs préoccupations et exigent davantage de données.

Ian Lipkin, spécialiste des maladies infectieuses à l’université de Columbia, a déclaré qu’il est bien possible que les expériences sur les coronavirus menées par l’IVW aient été effectuées à un niveau de biosécurité inférieur à celui requis en Occident.

Le virologue Bernard Roizman de l’université de Chicago a confié au Wall Street Journal : « Je suis convaincu que ce qui s’est passé, c’est que le virus a été amené au laboratoire, qu’ils ont commencé à travailler dessus… et qu’un individu négligent l’en a fait sortir. Ils ne peuvent pas admettre qu’ils ont fait quelque chose d’aussi stupide. »

Il est clair que la collecte et la révélation publique de davantage de données sont nécessaires pour répondre à ces préoccupations. L’équipe dirigée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), chargée d’enquêter sur l’origine du virus, n’a pu passer que trois heures à l’intérieur de l’IVW. Elle n’a pas pu effectuer de tests d’anticorps sur les animaux et les personnes vivant à proximité de la mine de cuivre. Même le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus connu pour ses éloges à l’égard de la Chine, a critiqué l’enquête de sa propre équipe, la jugeant insuffisante.

Les expériences de gain de fonction chinoises devraient préoccuper tout le monde. « Les critiques affirment que le risque de fuite du laboratoire de virus nocifs et génétiquement renforcés est trop grand » pour justifier la recherche de gain de fonction qui aide à développer des vaccins pour de futures pandémies potentielles, souligne le Wall Street Journal.

En 2014, les National Institutes of Health (Instituts nationaux de la santé) des États-Unis ont cessé de financer la recherche de gain de fonction, avant de la rétablir en 2017 sous la surveillance beaucoup plus stricte d’un groupe spécial d’experts. Pourtant, les restrictions chinoises sur les expériences de gain de fonction sont moins rigoureuses qu’en Occident tandis que la recherche scientifique en Chine ne respecte pas souvent les normes appropriées et peut être détournée dans les intérêts des militaires chinois sans scrupules sous le contrôle de Xi Jinping.

En résumé, les chercheurs du laboratoire de l’IVW n’ont pas divulgué leur collaboration avec l’armée chinoise, ont rendu public des données discordantes qui semblent dissimuler les faits et ne font pas preuve de transparence. Ils n’ont pas donné un accès complet aux informations qui pourraient expliquer l’origine du virus.

Toutefois, la majorité des scientifiques pensent toujours que l’hypothèse de la fuite de laboratoire est moins probable que la propagation naturelle de la maladie de l’animal à l’homme – un phénomène qui se produit beaucoup plus fréquemment.

Cependant, tant que la Chine n’aura pas amélioré son éthique scientifique et politique, elle ne devrait pas mener de recherches de gain de fonction. Alors que les enjeux sont si importants, les scientifiques occidentaux devraient immédiatement cesser de mettre des technologies aussi efficaces et dangereuses entre les mains de chercheurs chinois potentiellement négligents et liés à l’armée. Continuer à mener des recherches scientifiques en collaboration avec eux, compte tenu de ce que nous savons aujourd’hui, c’est prendre un risque injustifié pour le monde entier.

Dr Anders Corr est directeur de Corr Analytics Inc., éditeur du Journal of Political Risk. Il a effectué des recherches approfondies en Amérique du Nord, en Europe et en Asie et il est l’auteur de The Concentration of Power (à paraître en 2021), de No Trespassing et a édité Great Powers, Grand Strategies.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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