Shen Yun, « vraiment très poétique », selon un costumier

Shen Yun, « vraiment très poétique », selon un costumier

Paul Garin, costumier, lors de la dernière de Shen Yun au Colisée de Roubaix le 23 février 2019. (Epoch Times)

25 février 2019

ROUBAIX – Un cuirassier du second empire présent parmi les spectateurs de Shen Yun au Colisée ?

Samedi soir, plus d’un spectateur a dû s’interroger sur la présence de ce grand blond portant costume galonné avec fière allure… Paul Garin n’est ni acteur et encore moins sorti d’une machine à remonter le temps, non ! Costumier, il porte en fait l’une de ses créations. Spécialisé dans les costumes médiévaux fantastiques du fait de la demande actuelle, il aime à dire toutefois qu’il ne travaille « pas de domaine en particulier ».

Alors, la découverte de Shen Yun est l’occasion pour lui de se plonger dans les costumes traditionnels chinois. En effet, du costume traditionnel mongol aux lourds bijoux d’argents Miao en passant par les parures des divinités célestes, les costumiers de Shen Yun se font un point d’honneur à réaliser des costumes au plus proche possible de la réalité. Pour exemple, les chaussures à talon en « pot de fleur » des élégantes dames Mandchoues, pourtant dissimulées sous les longues robes des danseuses, sont fabriquées et décorées au plus juste des gravures et costumes anciens.

Mais ce sont les couleurs qui auront particulièrement touchées notre costumier français : « Le mariage des couleurs est très intéressant parce que ce ne sont pas forcément des réflexes… Dans la pensée occidentale, on ne mêlerait pas forcément ces couleurs-là ensemble… Mais en fin de compte, c’est vraiment très beau, mis comme ça sur des costumes bicolores ou multicolores ! Le vert et le violet, on ne penserait pas forcément à les allier, mais c’est magnifique ! J’imagine que cela doit être lié à une certaine idée dans la spiritualité chinoise. Cela donne envie d’en savoir plus. »

En effet, la chatoyance des couleurs dans les costumes de Shen Yun suit parfois des codes hérités des traditions chinoises, basées sur une spiritualité omniprésente dans la vie quotidienne des Chinois pendant des millénaires.

Cet aspect traditionnel, Paul Garin en a un peu fait l’expérience puisqu’il explique avoir séjourné plus jeune dans le Wudang Shan, où sont présents encore de nombreux temples et écoles taoïstes en Chine. « Cela rappelle le côté traditionnel qu’il y avait dans les écoles de Kung Fu où j’ai pu aller, et c’est vraiment très poétique ! », s’exclame-t-il, nostalgique.

Il a d’ailleurs particulièrement apprécié le tableau dansé retraçant un épisode du célèbre roman Voyage vers l’Ouest, racontant les péripéties d’un moine bouddhiste rapportant les écrits sacrés en Chine, et pour cela, aidé de personnages magiques tels que le Roi des Singes, Sun Wu Kong.

« J’ai particulièrement apprécié le moment avec Sun Wu Kong, parce que c’est un personnage qui m’a toujours fasciné ! J’ai trouvé cela vraiment chouette parce qu’en plus de cela, d’après ce que je comprends, la danse est antérieure à d’autres mouvements acrobatiques ! Et on retrouve quand même énormément d’éléments du Kung Fu avec les danseurs qui interprètent Sun Wu Kong. »

En effet, la danse classique chinoise, datant de plusieurs milliers d’années, constitue l’un des systèmes de danse les plus complets qui s’est enrichie au fil des différentes dynasties. La danse classique chinoise a ainsi inspiré ensuite certaines postures et techniques présentes dans les arts martiaux ou encore des acrobaties dans les arts du cirque.

Pour ce costumier qui fait revivre le passé par les habits et les parures, la mission que s’est donnée Shen Yun, à savoir, faire revivre les 5000 ans de culture traditionnelle chinoise, lui parle profondément. Il explique ainsi que, selon lui, cette mission consiste à « montrer en fait la richesse de ce qui a pu se faire dans le passé. Et puis, de transmettre et réussir à trouver l’équilibre en l’amenant dans quelque chose de moderne tout en gardant l’essence d’une culture ancienne. On peut le voir avec les costumes ou avec justement les vertus morales qui sont abordées. »

Sensible aux vertus et principes rencontrés dans le spectacle, il retiendra surtout « la compassion« , précisant ainsi : « On le sent dans les différents tableaux. Également, le thème de l’amour qui transcende par exemple les barrières sociales, les interdits qu’il peut y avoir par ailleurs. »

 

Epoch Times considère Shen Yun Performing Arts comme l’un des évènements culturels les plus importants de notre temps et assure la couverture des réactions du public depuis la création de la compagnie en 2006.