Somme : des bénévoles nettoient les marais de tourbe pour préserver la biodiversité

Par Nathalie Dieul
27 février 2020
Mis à jour: 27 février 2020

Des associations de protection de la nature organisent des chantiers nature pour nettoyer les marais de Long, situés dans la basse vallée de la Somme, afin de préserver la biodiversité de ce patrimoine environnemental.

Le complexe d’étangs tourbeux situé aux alentours de Long et de Longpré-les-Corps-Saints « possède une grande valeur patrimoniale d’intérêt européen », indique le site Internet Somme Tourisme.

Grâce à ses habitats naturels (herbiers aquatiques, végétations amphibies, prairies tourbeuses, tremblants tourbeux…), il abrite une flore et une faune patrimoniales typiques des marais tourbeux alcalins et des étangs de la Picardie.

Cependant, il est nécessaire d’entretenir les marais pour éviter que toute cette biodiversité ne disparaisse. C’est pourquoi des associations organisent des chantiers nature : ainsi, les bénévoles de Protection des marais de Long s’allient aux adhérents du Conservatoire d’espaces naturels de Picardie et à ceux de la Société de chasse de Long pour passer à l’action.

Armés d’une paire de bottes, de gants et d’une bonne dose de motivation, les bénévoles étaient présents pour participer à un chantier nature ce samedi 22 février. Le prochain aura lieu au début de l’automne.

« Les arbres étouffent la végétation. Ils prennent le dessus. Avant, il y avait des roseaux. Mais aujourd’hui il n’y en a plus », explique à France 3 Philippe Deloubrières, membre de la Société de chasse de Long.

« On a beaucoup d’espèces rares et menacées dans la région et qui sont affleurantes, installées dans différents endroits du marais », indique Marine Cocquempo, jeune bénévole auprès du Conservatoire d’espaces naturels de Picardie. « Mais qui, potentiellement, existent ailleurs dans le marais. Peut-être qu’elles ont disparu à cause du boisement général. Donc nous, en réveillant un peu, en décapant, on essaie de faire ressortir ces espèces. »

Par exemple, le criquet ensanglanté est « un insecte fouisseur qui creuse des galeries dans le sol », ajoute la jeune femme qui remarque qu’on en trouve de moins en moins dans les jardins et qu’il s’est réfugié dans les marais.

« On a vraiment de grands enjeux à maintenir ces zones humides », ajoute un autre bénévole du Conservatoire d’espaces naturels de Picardie, Tanguy Ladrière. Il remarque que le sol tourbeux des marais permet de se protéger des inondations : « Ce sont comme des éponges naturelles. Depuis les années 50/60, on a perdu plus de 50 % des zones humides. »

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