L’ex-principal stratège de la Maison-Blanche met en garde contre Huawei et la menace de la Chine communiste

Par Irene Luo
30 août 2019 Mis à jour: 30 août 2019

Huawei est la plus grande menace à la sécurité nationale à laquelle l’Occident n’a jamais été confronté – une menace encore plus grande que celle de la guerre nucléaire – met en garde Stephen Bannon, l’ancien principal stratège de la Maison-Blanche.

La société chinoise Huawei, le plus grand fabricant mondial d’équipements de télécommunications, entretient des liens étroits avec le Parti communiste chinois (PCC) et l’Armée populaire de libération (APL) chinoise, a expliqué M. Bannon. Aujourd’hui, cette société mène une lutte acharnée pour le contrôle mondial de la 5G, la cinquième génération de la technologie de communication sans fil.

« La 5G est le pivot de l’avenir de la technologie », a expliqué M. Bannon dans une interview accordée à l’émission American Thought Leaders d’Epoch Times. « En ce moment, la voie que prend Huawei, en tant que couverture pour l’APL, consiste essentiellement à s’approprier des réseaux de télécommunications et de leurs composants dans le monde entier. Si nous permettons que cela se produise, même pour quelques années, Huawei contrôlera en principe les systèmes de communication de l’Occident et, par conséquent, pourra donc contrôler l’Occident.»

En vertu des lois de la Chine communiste, les sociétés chinoises doivent coopérer avec les autorités et accorder l’accès aux données à leur demande. Les législateurs occidentaux ont souligné le fait que les équipements Huawei pourraient être utilisés par Pékin dans le but d’espionner ou de perturber les réseaux de communication.

« Huawei a une méthodologie, une méthodologie de haute technologie pour dominer le monde », a souligné M. Bannon, en ajoutant que, pendant plusieurs années, Huawei a développé ses activités en grande partie discrètement et sournoisement. Le site web de Huawei annonce que cette société opère aujourd’hui dans plus de 170 pays à travers le monde entier et dessert plus de 3 milliards de personnes.

La menace de Huawei est mise en lumière dans un nouveau film Claws of the Red Dragon (Les griffes du dragon rouge), dont M. Bannon a été le producteur exécutif. Le scénario du film a été largement inspiré par l’arrestation en 2018 de Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei, qui est également la fille du fondateur de cette société. Huawei est accusé, entre autres, d’avoir volé des secrets commerciaux à l’entreprise T-Mobile – filiale de Deutsche Telekom essentiellement présent en Europe – et d’avoir violé les sanctions imposées contre l’Iran.

Le film attire l’attention sur les relations très proches entre le géant des télécommunications chinois et le PCC, et dévoile les ambitions hégémoniques du régime chinois.

« Les gens seront bouleversés quand ils verront ce film », a fait entendre M. Bannon, en ajoutant : « Il suscitera beaucoup de controverse. On en parlera beaucoup. C’est ce que nous voulons. » Le film de 54 minutes, qui sortira sur les écrans en septembre, est distribué par New Tang Dynasty Television.

Huawei, a confié M. Bannon, n’est pas une « bonne entreprise respectueuse de ses obligations sociales », comme cette société voudrait faire croire aux gens. À la place, « c’est une section de l’Armée populaire de libération. C’est une section de renseignement ».

Stephen Bannon, ancien président exécutif du site d’information Breitbart News, est actuellement président de l’ONG Rule of Law Society et cofondateur de Committee on the Present Danger: China. Les deux organisations examinent la menace que représente le régime chinois pour l’Occident ainsi que les répressions auxquelles il soumet son peuple.

La culpabilité des sociétés occidentales

Si les actes d’accusation de Mme Meng et de Huawei indiquent des pratiques abusives perpétrées depuis des décennies, alors pourquoi, demande M. Bannon, «les administrations Bush et Obama ont-elles toutes deux fermé les yeux alors que les enquêteurs du ministère de la Justice et d’autres instances investiguaient ce cas ?

« Chaque administration, chaque président des deux partis politiques, poursuit-il, s’est plié face aux Chinois » et a permis à l’État-Parti chinois de revenir sans scrupules sur ses promesses.

À son avis, le cœur du problème était la connivence entre les sociétés occidentales et le PCC.

« Voici l’analogie que je fais : Wall Street est le département des relations avec les investisseurs du Parti communiste chinois, parce que c’est lui qui mobilise des fonds pour le Parti. Les sociétés sont ses lobbyistes », explique M. Bannon sur l’exemple des États-Unis.

« La tragédie et le crime », affirme-t-il, proviennent de l’élite du monde des affaires occidental qui a sciemment choisi de fermer les yeux face aux violations flagrantes des droits de l’homme en Chine.

« Elle sait tout et elle s’en moque. » L’engagement avec le régime chinois « signifie plus d’argent. Cela signifie des cours boursiers plus élevés. Cela signifie une réduction des coûts de la main-d’œuvre esclave.

« Elle n’a aucune moralité. Elle a totalement adhéré à un système qui est complètement corrompu et dont elle est bien au courant », martèle M. Bannon. Cependant, « elle se moque de Donald Trump et dit : ‘Oh, c’est un barbare. C’est un homme sauvage. C’est lui qui perturbe le système’ ».

En fin de compte, précise M. Bannon, « c’est sa culpabilité et le sang est sur ses mains », parce qu’elle cherchait à profiter d’une relation étroite avec le régime qui règne sur la Chine.

« Ce sont les travailleurs et les travailleuses de la classe moyenne de ce pays qui en ont payé le prix.

« Au cours des 20 dernières années, nous avons désindustrialisé les États-Unis et avons transféré nos emplois manufacturiers en Chine », poursuit M. Bannon en prenant comme exemple la situation en Amérique. En retour, la Chine « nous envoie des drogues de synthèse, notamment des opioïdes et le fentanyl, en particulier dans les anciennes zones de production manufacturière de l’Ohio, de la Pennsylvanie et du Michigan ». Les anciens travailleurs du secteur manufacturier, plongés dans la dépression et le désespoir face aux perspectives d’emploi, ont été particulièrement vulnérables à cet afflux massif de drogues en provenance de Chine.

« Ce n’est pas seulement une crise. C’est une tragédie pour les États-Unis », a déclaré M. Bannon. Wall Street et l’élite du monde des affaires vont « être tenus responsables par l’histoire de ce qui s’est passé à cette époque et à cet endroit, de ce qui s’est passé en Chine et de ce qu’elles savaient en y détournant le regard.

« Si Donald Trump est devenu président, c’est surtout pour cela : il a dit que nous devons redonner à l’Amérique son ancienne grandeur… Et la façon dont nous allons le faire – c’est que nous allons affronter le PCC. Wall Street a transféré nos emplois là-bas, alors on va les ramener. »

Du point de vue de Bannon, Trump est le premier président américain à prendre une position ferme face au régime communiste chinois.

Le 23 août dernier, Donald Trump a haussé encore plus les tarifs douaniers américains sur les produits chinois et a demandé aux entreprises américaines de quitter la Chine à la suite de l’annonce par Pékin de l’imposition de tarifs de rétorsion sur 75 milliards de dollars de marchandises américaines.

C’était, selon M. Bannon, un « coup de semonce » pour les entreprises américaines leur signalant de ramener leurs chaînes d’approvisionnement manufacturières aux États-Unis.

De nombreuses personnes ne comprennent pas bien la vraie nature du régime au pouvoir en Chine, a-t-il remarqué. À son avis, les défenseurs du libre-échange sont bien intentionnés, mais ils ont souvent « ce genre de notion vague et molle qu’ils ont appris en lisant les œuvres d’Adam Smith au sujet du libre-échange – ceci sans tenir compte qu’on fait face à une organisation gangster qui dirige un État totalitaire mercantiliste ».

Pendant des décennies, les Occidentaux ont été amenés à croire à un mensonge, a constaté M. Bannon : à savoir qu’une fois que la Chine serait devenue membre de l’Organisation mondiale du commerce, qu’elle aurait obtenu le statut de nation la plus favorisée, qu’elle serait devenue plus riche et qu’elle se mettrait à développer une classe moyenne, alors la Chine commencerait progressivement à se démocratiser et elle deviendrait un marché libre muni d’un État de droit.

Pourtant, « on a vu exactement le contraire. Au cours des 20 dernières années, le PCC est devenu encore plus radical.

« Et pourquoi ? Parce qu’ils ont un système totalitaire » où l’élite « détourne l’argent.

« Si on va au quartier de Belgravia ou dans le West End de Londres – leur grande partie est achetée par de l’argent chinois. Mais pas par l’argent du peuple chinois, de ceux qui travaillent dur quotidiennement dans une usine seulement pour un dollar par jour. Cet argent provient de l’élite et du PCC qui l’a acquis grâce au travail d’esclave en Chine, l’a blanchi par l’intermédiaire des banques et des banques d’investissement, et a acheté de l’immobilier et des biens durables en Occident.

« Le Parti communiste chinois est le monstre Frankenstein créé par l’élite de l’Occident – le capital est fourni par l’élite occidentale, la technologie est aussi fournie par l’élite occidentale », précise M. Bannon.

« Les Chinois forment l’un des peuples les plus travailleurs et les plus honnêtes au monde. Ils sont réduits à l’esclavage par un État totalitaire de surveillance totale du Parti communiste chinois »,  poursuit-il.

Selon lui, la nature du régime chinois devient particulièrement claire dans la façon dont la police traite les manifestants de Hong Kong.

« Quand on voit l’utilisation des gaz lacrymogènes, des coups et des balles en caoutchouc, on voit exactement ce qu’ils sont. C’est une organisation de gangsters qui ne croit en aucun droit des citoyens.

« Ce qu’ils ont fait aux Ouïghours, ce qu’ils ont fait au Dalaï-Lama, aux bouddhistes tibétains, aux chrétiens évangéliques, ce qu’ils ont fait au Falun Gong et à l’Église catholique clandestine – c’est inacceptable. Ce sont des criminels qui ne respectent aucune loi. »

Le combat pour la liberté

« Je crois que l’événement déterminant de la première moitié du XXIe siècle sera la liberté acquise par le peuple chinois », soutient M. Bannon. « Je pense que la liberté de la Chine commence à Hong Kong. Je pense qu’elle va se propager à partir de là.

« Les habitants de Hong Kong sont parmi les gens les plus ordonnés et les plus décents de la planète. Si vous y êtes déjà allé, vous savez que c’est un îlot rocheux sans ressources et que le courage et la détermination du peuple chinois, associés à la common law anglaise, ont transformé en troisième plus grand marché financier au monde. »

Historiquement, selon M. Bannon, les Hongkongais ont eu tendance à être apolitiques et axés sur les affaires. Pourtant, aujourd’hui, des millions de personnes inondent les rues pour protester contre un projet de loi qui permettrait au régime chinois d’extrader sans raison des Hongkongais – y compris des dissidents et des militants – et de les condamner devant des tribunaux chinois.

« Ils défendent la liberté de religion, la liberté de réunion, la liberté d’expression. Ce sont des capitalistes partisans du marché libre. Beaucoup d’entre eux sont chrétiens. Pour moi, c’est très motivant de voir des jeunes qui ne sont pas prêts à reculer face à la brutalité totalitaire », constate M. Bannon.

« Ces jeunes hommes et femmes sont exactement ce qu’étaient les patriotes aux États-Unis en 1776. Ils ont le courage, ils ont la détermination, ils sont infatigables. Ils ne vont pas reculer. Ils ont reçu des gaz lacrymogènes, ils ont été battus, on leur a tiré dessus avec des balles en caoutchouc et ils sortent encore et encore pour manifester.

« Je pense qu’ils sont des héros du monde moderne. Je pense qu’ils méritent d’être sélectionnés et de remporter le prix Nobel de la paix. »

Au moment où le PCC décide d’éradiquer les manifestations à Hong Kong comme il l’a fait avec les manifestants pro-démocratie de la place Tiananmen, au moment où le régime chinois répète le massacre de la place Tiananmen, lance M. Bannon, « ce sera le début de la fin du Parti communiste chinois ».

Selon lui, la Chine serait rapidement mise à l’écart et coupée des technologies et des marchés financiers occidentaux. Mais, souligne M. Bannon, plus important encore est le fait que « malgré la grande muraille du pare-feu Internet chinois, la contagion de la liberté commencera à se propager en Chine ».

Finalement, croit-il, le peuple chinois finira par se lever et dire : « Nous en avons assez de 100 000 ou 50 000 personnes qui dirigent un pays de 1,4 milliard d’habitants et qui volent tout notre argent, toutes nos richesses, les gardent pour eux-mêmes et nous font vivre dans un État de surveillance totalitaire. »

« Une épreuve de courage »

« Seul le peuple chinois peut libérer le peuple chinois », affirme M. Bannon. Mais les Occidentaux peuvent l’aider en mettant en lumière les brutales persécutions des dissidents et des croyants par le régime chinois.

Le film d’investigation de Huawei, Claws of the Red Dragon (Les griffes du dragon rouge), cherche à informer les gens du monde entier sur le fonctionnement interne opaque de ce régime qui exerce une très forte mainmise sur les grandes sociétés.

Dans le film, des responsables du gouvernement canadien se demandent s’ils devraient tenir le régime chinois responsable de ses actes, alors que cela pourrait mettre en danger les citoyens canadiens en Chine. En décembre dernier, ce régime a arrêté deux Canadiens et les a accusés d’espionnage, une démarche qui a été largement perçue comme une mesure de représailles après l’arrestation par le Canada de Mme Meng de Huawei.

« Claws of the Red Dragon est une épreuve de courage », explique M. Bannon, car il parle des difficiles dilemmes moraux auxquels sont confrontés les gens ordinaires face à Goliath du Parti communiste chinois. C’est une « situation tendue où les gens doivent faire des choix moraux tout le temps ».

« Je pense que c’est un film très puissant et je suis très fier d’y être associé », ajoute-t-il.

« La recherche de la vérité et la recherche de son soi moral élevé ont un coût considérable à payer. C’est comme à Hong Kong. Il y a un coût énorme qu’ils doivent payer. Ils sont mis en prison. Ils sont battus. On leur dit que leurs carrières sont ruinées, que leurs carrières sont finies. C’est un coût très élevé dans la société moderne, et pourtant ils refusent de faire marche arrière.

« Ils s’élèveront pour atteindre leur soi le plus élevé. »

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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