Au vu et au su de tous : un nouveau rapport détaille les opérations d’influence sans restriction du PCC au Canada

Par Isaac Teo
4 juin 2021
Mis à jour: 4 juin 2021

Les opérations d’influence de Pékin n’exercent pas seulement une influence politique pendant les campagnes électorales canadiennes, mais s’étendent également aux « politiciens, fonctionnaires, acteurs politiques, anciens parlementaires et diplomates », selon un rapport (pdf) publié en mai.

Si des opérations d’influence orchestrées par le Parti communiste chinois (PCC) ont lieu au niveau fédéral au Canada, la stratégie d’influence politique du régime chinois vise plus souvent les politiciens aux niveaux provincial et municipal, selon le rapport In Plain Sight : Beijing’s Unrestricted Network of Foreign Influence in Canada de Alliance Canada Hong Kong.

« Les politiciens locaux sont moins susceptibles de se préoccuper des questions d’affaires étrangères, qui sont considérées comme une question essentiellement fédérale », peut-on lire dans le rapport.

Il note également que cela donne au PCC la possibilité de tirer parti de ce manque de sensibilisation pour exécuter ses plans, à l’insu des acteurs politiques.

Par exemple, le PCC a incité les acteurs politiques aux niveaux provincial, territorial et municipal à conclure des ententes commerciales et des projets d’investissement lucratifs qui profitent à leurs communautés locales. Cependant, l’acceptation de ces offres les a rendus vulnérables à l’influence politique, car ils sont devenus dépendants du régime communiste.

Le rapport cite l’exemple de projets d’extraction de ressources à Terre-Neuve-et-Labrador approuvés par le gouvernement fédéral et célébrés par le gouvernement provincial en décembre 2019.

L’accord à Terre-Neuve-et-Labrador est conclu avec China National Offshore Oil Corp. (CNOOC) Petroleum North America ULC, dont la société mère, CNOOC, est une entreprise d’État ayant des liens étroits avec l’armée chinoise. CNOOC a été placée sur une liste noire aux États-Unis sous l’administration Trump en raison de problèmes de sécurité nationale et a été radiée de la Bourse de New York en mars.

Le bâtiment du siège de la China National Offshore Oil Corporation (CNOOC) à Pékin, en Chine, le 29 juillet 2016. (STR/AFP via Getty Images)

Un autre exemple, selon le rapport, est celui de l’ancien ministre de l’Immigration et du Commerce de l’Ontario, Michael Chan. Les Services canadiens du renseignement de sécurité ont allégué en 2010 que M. Chan avait « développé une relation trop étroite avec le consulat de Chine à Toronto » et qu’à un moment donné, ils « avaient des conversations quotidiennes », ce qui rendait le ministre du Commerce susceptible d’être influencé par Pékin.

En ce qui concerne les élections, le rapport explique comment le PCC incite les communautés chinoises et diasporiques à élire des politiciens qui favorisent l’engagement avec Pékin. Souvent à l’insu des candidats politiques, leurs groupes de campagne WeChat sont « rapidement pris en charge par des individus et des groupes » ayant des intérêts directs avec le régime chinois ou des liens étroits avec lui.

En octobre 2018, la GRC de la Ville de Richmond, en Colombie-Britannique, a commencé à enquêter sur un système d’achat de votes après avoir appris que la Canada Wenzhou Friendship Society aurait envoyé des messages sur son groupe WeChat, offrant une subvention de transport de 20 dollars aux membres en échange de leur vote pour certains candidats politiques d’origine chinoise.

Cette société, créée en 2001, est membre de l’Alliance canadienne de l’association chinoise, qui est favorable à Pékin. L’alliance a récemment demandé à ses plus de 100 membres d’exprimer leur soutien aux Jeux olympiques d’hiver de 2022 à Pékin afin de tenter d’influencer l’opinion publique, malgré le génocide qui se déroule au Xinjiang contre les Ouïghours et d’autres minorités musulmanes.

Toutefois, le rapport précise que ces groupes forment une petite minorité et ne représentent pas la grande majorité de la diaspora chinoise au Canada.

Une autre tactique utilisée est la « capture de l’élite », dans laquelle le PCC cible les personnalités influentes et les décideurs canadiens en leur offrant d’abord quelque chose d’attrayant qui fait appel à leurs intérêts personnels, sociaux, politiques et professionnels, puis l’utilise ensuite contre eux pour les forcer à se conformer à la demande du régime.

Parmi les exemples cités dans le rapport figurent des voyages en Chine tous frais payés, des invitations à des événements qui les mettent en relation avec des opportunités commerciales chinoises, des parrainages d’événements culturels et des événements où l’on reçoit de l’argent, entre autres.

Le Premier ministre Justin Trudeau a suscité une certaine controverse en 2016 pour avoir assisté à des collectes de fonds en espèces auxquelles participaient des personnes fortunées de la communauté sino-canadienne. L’un de ces événements a été fréquenté par un riche individu chinois qui agit en tant que conseiller politique du régime chinois. Trudeau a mis fin aux collectes de fonds avec accès en espèces en 2017.

Le PCC exerce également son influence dans le milieu universitaire canadien au nom de la « collaboration gagnant-gagnant ». Le « programme des Mille Talents » du régime consiste à recruter un « réseau étranger de chercheurs, de scientifiques et d’universitaires » dans le but de transférer leurs connaissances pour servir les objectifs stratégiques de Pékin, indique le rapport. De même, le régime fait appel aux universitaires en leur offrant des subventions pour soutenir leurs recherches, mais peut leur demander de transférer les résultats de leurs recherches lors du renouvellement de l’accord.

Pour « raconter l’histoire de la Chine », Pékin s’emploie activement à démanteler le journalisme en « créant un empire chinois des médias sociaux, en formant des guerriers du web pour orienter le discours en ligne, en compromettant les influenceurs des médias sociaux et en détruisant le rôle de surveillance et de dénonciation que les journalistes sont censés jouer », selon le rapport.

Parmi les autres sujets de préoccupation du rapport, citons l’utilisation par le PCC de la surveillance et de l’intimidation à l’encontre des diasporas et des communautés dissidentes, les menaces à la sécurité nationale telles que la « diplomatie du piège de la dette » associée à son initiative la Ceinture et la Route, et les opérations du Front uni qui visent à influencer les Canadiens qui adhèrent aux récits du régime.

« Des incidents notables d’influence politique inappropriée et excessive de la Chine ont été documentés au Canada et parmi les pays alliés », peut-on lire dans le rapport. « Mais les opérations d’influence du PCC sont largement passées inaperçues, voire ignorées, par les politiciens, les organismes de surveillance, les médias et le public. »

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