Est-ce que la surveillance totale du « crédit social » chinois s’implante en Occident ?

Par John Mac Ghlionn
3 septembre 2021
Mis à jour: 6 septembre 2021

Le système de « crédit social » chinois est une forme de tyrannie basée sur les données. C’est de l’ingénierie sociale dans sa forme la plus avancée technologiquement – c’est un grand bond en avant pour les dirigeants despotiques, mais un grand bond en arrière pour l’ensemble de la société.

En Chine, ce système vise à surveiller constamment le comportement de chaque individu et entreprise par voie électronique, par des caméras de surveillance et des techniques de reconnaissance faciale et vocale. Les courriels, les transactions en ligne et les posts de chacun, les allées et venues, les traversées de rue qui ne sont pas strictement au passage piéton, les choix de lecture et les amis, tout cela entre dans une base de données centralisée où un algorithme informatique lui attribue une « note de crédit social » qui est continuellement mise à jour.

Ceux qui obtiennent de bonnes notes bénéficient d’un traitement préférentiel de la part de l’État dans des différents domaines. Par contre, ceux qui ont des notes pas trop bonnes se voient refuser ces mêmes avantages et se heurtent à des restrictions même dans leur vie quotidienne – interdiction de voyage en transports publics, de réservation d’hôtels, etc. Ce qui est plus terrifiant encore, ceux dont les notes sont mauvaises sont considérés comme une menace pour l’État de Parti unique. Ils risquent d’être arrêtés à titre préventif et envoyés pour la « rééducation » dans des établissements pénitenciers.

La résistance à ce système, comme les citoyens chinois le savent trop bien, est futile ; la participation est obligatoire.

Un système similaire pourrait-il être mis en place en Occident ? Oui, certainement. Par exemple, dans un article paru dans The Spectator, Ross Clark avertit que le gouvernement britannique est sur le point d’introduire une application qui vise à surveiller les habitudes d’achat d’une personne, ses exercices physiques (ou leur absence) ainsi que sa « consommation de fruits et légumes ». Le gouvernement récompensera les « citoyens dociles » avec des « points de vertu ». Les moins dociles, quant à eux, pourraient être punis.

Mais alors, quand est-ce qu’un « coup de pouce » visant à inciter des individus devient-il un abus ? Lorsque les citoyens d’un pays sont « surveillés comme les parties d’équipement d’une usine « , explique Ross Clark. Il n’est pas difficile d’imaginer comment cette application, supervisée par des responsables gouvernementaux, pourrait être utilisée pour punir les rebelles. M. Clark craint que ce ne soit qu’une question de temps avant que les employeurs ne commencent « à exiger que leurs employés utilisent une telle application et à examiner l’historique des régimes alimentaires et des exercices physiques de quelqu’un avant de lui accorder un emploi ».

Le système de la santé publique du Royaume-Uni (National Health Service), prévient-il, va très probablement « utiliser cette ‘application pour rationner les soins de santé ». Pour pouvoir bénéficier de certains traitements ou médicaments, une personne devra d’abord prouver qu’elle « mène un mode de vie sain. » Clark, visiblement inquiet, explique à ses lecteurs que la seule façon « d’éviter que les passes sanitaires et les applications de santé ne se transforment en une surveillance constante cauchemardesque » est de les rejeter dès maintenant.

Bien que le désir du gouvernement britannique d’installer un tel système puisse surprendre certains lecteurs, cela ne devrait vraiment pas le faire. En fait, la Chine et le Royaume-Uni entretiennent des liens très étroits. Un système de surveillance inspiré de Pékin a toujours été à l’ordre du jour.

Pendant ce temps, de l’autre côté de l’Atlantique et ailleurs

Comme le Royaume-Uni, les États-Unis flirtent avec l’idée d’une dictature numérique. Dans son récent article dans The Hill, Kristin Tate évoque un partenariat plutôt inquiétant entre PayPal, la société de paiement en ligne dans le monde entier, et l’association américaine Southern Poverty Law Center (SPLC). Ces deux établissements, écrit-elle, vont bientôt enquêter sur les « suprématistes blancs » et les partisans de la « rhétorique anti-gouvernementale » et les dénoncer par la suite. Quelles mesures seront utilisées pour identifier la suprématie blanche ? N’oublions pas que nous vivons à l’ère de « Black Lives Matter ». Aussi, c’est quoi exactement la rhétorique « anti-gouvernementale » ? En outre, il est à noter que la SPLC a un très fort penchant à gauche. On n’a pas besoin d’être Nostradamus pour voir comment ce partenariat va se dérouler.

Pour ne pas être en reste par rapport au PayPal et SPLC, Facebook, sous l’impulsion de son fondateur et PDG Mark Zuckerberg, a récemment demandé aux utilisateurs de rapporter sur leurs amis « extrémistes ». Selon Kristin Tate, « compte tenu du parti pris de ce réseau social », ces mesures semblent « principalement cibler la droite politique ». Avec la convergence du Big Data et du Big Government, le panoptique – un type d’architecture carcérale qui assure une surveillance continue des individus – est en passe de devenir le « panoptech ».

 » Le système de crédit social souple qui est en construction a une portée potentielle énorme », met en garde Mme Tate. Et c’est certain. Non seulement Google et Facebook peuvent « suivre vos activités », mais ils pourront bientôt « utiliser leurs pouvoirs pour bloquer des transactions, ajouter des surtaxes ou restreindre votre utilisation des produits ».

En Amérique, le fait de ne pas adhérer à certaines opinions politiques peut entraîner le blocage des médias sociaux et, plus inquiétant encore, l’impossibilité d’effectuer des transactions financières. Le système chinois de crédit social fonctionne exactement de la même manière. En fait, il y a une liste noire, et ceux qui y figurent ne peuvent ni voyager ni acheter de biens immobiliers ni exercer certaines professions. Espérons qu’un système de discrimination similaire ne s’établira pas dans la société occidentale. Mais, si c’est le cas, ne soyez pas surpris. Comme l’a récemment précisé le comité éditorial du Wall Street Journal, « un progressiste moderne parle un langage qui vise un but noble, mais il finit toujours par imposer une contrainte ». Qu’y a-t-il de plus contraignant qu’un système de crédit social ?

Pire encore, les Américains et les autres Occidentaux sont dépendants des mêmes réseaux sociaux qui les obligent à se soumettre. Il n’est pas surprenant que le nombre de gens qui se sent très malheureux augmente. En fait, selon la Dr Anna Lembke, psychiatre et professeure à l’université de Stanford, ils n’ont jamais été aussi malheureux. « Les taux de dépression, d’anxiété, de douleur physique et de suicide, constate-t-elle, sont en augmentation partout dans le monde. » Dans le même temps, des millions et des millions de personnes passent de plus en plus de temps sur les plateformes mêmes qui leur infligent cette misère.

Non seulement ces gens sont plus malheureux, mais ils sont aussi plus en colère. Selon des chercheurs de Yale, les plateformes de médias sociaux « amplifient l’expression d’indignation morale ». Avec le temps, expliquent-ils, les utilisateurs des médias sociaux apprennent que le langage associé à l’indignation « est récompensé » par davantage de mentions « j’aime » et « partager ». En changeant la nature des conversations, les médias sociaux changent la nature même de l’existence. À mesure que l’influence de Big Tech devient de plus en plus importante et que son association avec le gouvernement devient de plus en plus intime, les gens peuvent s’attendre à devenir encore plus malheureux et encore plus indignés.

John Mac Ghlionn est un chercheur et un essayiste. Ses écrits ont été publiés dans des journaux comme le New York Post, Sydney Morning Herald, American Conservative, National Review, Public Discourse et d’autres médias respectables. Il est également chroniqueur à Cointelegraph.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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