Taïwan réagit à la décision de la marque de luxe Christian Dior de soutenir le principe «Une seule Chine»

Par Frank Fang
18 octobre 2019 Mis à jour: 19 octobre 2019

TAIPEI, Taiwan – La marque de luxe française Christian Dior est la dernière entreprise internationale qui a décidé d’adopter la ligne du régime chinois à l’égard de Taiwan en publiant des excuses le 17 octobre après avoir été critiquée pour n’avoir pas inclus Taïwan sur une carte géographique de la Chine pendant une présentation commerciale.

Pékin a fait pression sur les gouvernements et les entreprises pour qu’ils acceptent sa politique « Une seule Chine », qui stipule que la Chine continentale et Taiwan sont des parties inaliénables d’une seule « Chine ».

Joanne Ou, porte-parole du ministère taïwanais des Affaires étrangères, a déclaré qu’il était regrettable que Dior soutienne ouvertement la politique « One China », selon la Central News Agency (CNA) de Taiwan.

Mme Ou a ajouté que la déclaration de Dior ne correspond pas à la réalité, puisque Taiwan ne fait pas partie de la Chine et que Taiwan n’a jamais été sous la juridiction administrative de la République populaire de Chine.

Taiwan est un pays indépendant de facto avec ses propres représentants démocratiquement élus, sa constitution, son armée et sa monnaie. Cependant, Pékin considère son voisin démocratique comme une province renégate qui doit être unie au continent, par la force militaire si nécessaire.

Selon Reuters, l’incident s’est produit lors d’une présentation de Dior sur son réseau de boutiques qui s’est tenue à l’Université Zhejiang Gongshang, située à Hangzhou en Chine.

Un membre du personnel non identifié du bureau d’orientation de carrières de l’université a confirmé à Reuters que la carte géographique avait été montrée le 16 octobre, lors d’un événement de recrutement Dior dans l’établissement scolaire. Des images de la carte de Dior ont circulé sur la populaire plate-forme de médias sociaux chinoise Weibo.

Dior a fait une déclaration d’excuses datée du 17 octobre sur son compte Weibo. L’entreprise s’est « sincèrement excusée » de l’erreur commise lors de la présentation sur le campus, ajoutant qu’il s’agissait de l’ « inconduite » d’un employé non identifié, dont l’action ne représente pas la position de l’entreprise.

« Dior a toujours respecté et défendu le principe ‘Une seule Chine’ et sauvegarde strictement la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Chine », peut-on lire dans la déclaration, ajoutant que de tels incidents ne se reproduiront plus. « Dior est un ami de la Chine. »

« L’amour sincère de Dior pour la Chine ne fait aucun doute. »

Mais Mme Ou a dit que les compagnies internationales ne devraient pas accepter l’oppression politique en faisant des déclarations contraires à la vérité.

Elle a ensuite condamné Pékin pour son « comportement déraisonnable et autoritaire » consistant à forcer les entreprises internationales à exprimer leur soutien à la politique « Une Chine », et a appelé les gouvernements et la communauté internationale à prendre des mesures contre les tactiques d’intimidation du régime chinois.

Les entreprises internationales cèdent de plus en plus aux pressions de Pékin, notamment sur la question de Taiwan, la revendication territoriale la plus sensible du régime chinois.

En janvier 2018, Marriott International s’est excusé d’avoir envoyé un questionnaire aux clients qui montrait le Tibet et Taiwan comme des pays séparés. Le gouvernement municipal de Shanghai a réagi en fermant le site Web chinois de Marriott pendant une semaine, selon Reuters.

En mai 2018, le détaillant de vêtements américain Gap a présenté des excuses après avoir vendu des T-shirts avec une carte de la Chine qui n’incluait pas le Tibet, Taiwan et la mer de Chine du Sud. Selon Reuters, Gap a ensuite retiré les T-shirts du marché chinois et les a détruites.

L’année dernière également, l’organisme chinois de réglementation de l’aviation a exercé des pressions sur les compagnies aériennes internationales pour qu’elles modifient leurs sites Web afin de supprimer toute référence à Taïwan en tant que pays, faute de quoi elles pourraient faire l’objet de représailles. Quarante-quatre transporteurs se sont soumis au règlement, modifiant les références à Taïwan en phrases telles que « Taipei chinois » et « Taïwan, Chine ».

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