Tarn-et-Garonne : un clandestin algérien condamné pour le viol d’une femme de 79 ans à Montauban

Par Séraphin Parmentier
20 septembre 2019 Mis à jour: 20 septembre 2019

Accusé d’avoir violé une septuagénaire, le prévenu avait fait l’objet d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) un an avant les faits.

L’affaire avait été révélée à la presse par la maire (LR) de Montauban Brigitte Barèges en octobre 2017. À l’époque, l’édile avait choisi de se saisir de ce dossier sordide pour pointer du doigt le laxisme de l’État en matière de délinquance et d’immigration.

Accusé du viol d’une femme de 79 ans à Montauban, Hatem Bakli, un Algérien d’une quarantaine d’années arrivé en France en 2014 et qui se trouvait en situation irrégulière sur le territoire français au moment des faits, a vu son procès s’ouvrir devant la Cour d’assises du Tarn-et-Garonne le 16 septembre 2019, près de deux ans après avoir été arrêté.

Le 29 septembre 2017, en plein après-midi, le suspect avait pénétré dans le domicile de son ex-compagne Brigitte dont il voulait vraisemblablement se venger après que celle-ci l’avait mis dehors. Si l’ex-conjointe de M. Bakli n’était pas présente, le suspect était tombé nez à nez avec une septuagénaire proche de son ancienne compagne et l’avait violée.

Surpris en flagrant délit par la police, Hatem Bakli est arrêté et placé en garde à vue. « Lorsque les policiers font irruption dans le domicile, ils y trouvent entre le canapé et la table basse, un homme nu allongé sur une femme. Celle-ci a la tête face au sol et le poignet cassé », écrivent les journalistes de La Dépêche. Le suspect affirmera aux policiers qu’il était « avec sa copine ».

« Elle est traumatisée, elle ne quitte plus la maison »

Interrogé par le président de la Cour d’assises sur la véracité des faits qui lui sont reprochés, l’accusé reste fuyant, se défend confusément et assure qu’il n’était pas dans son état normal ce jour-là. « Je ne peux pas dire, je n’étais pas moi », explique le prévenu.

« […] Je suis passé devant cette maison une femme m’a fait signe de rentrer, j’y suis allé. J’ai demandé une bière. Je me suis assis, elle m’a touché la cuisse et après cela s’est passé très vite », ajoute-t-il.

« Tout s’est passé vite. […] Tout est chamboulé dans ma tête, tout s’est passé comme un rêve en une seconde», poursuit Hatem Bakli. Il affirme ensuite que la septuagénaire était consentante et justifie le fait qu’elle ait eu le poignet cassé en expliquant qu’ils ont « glissé ».

« Vous êtes nu en train de faire des va-et-vient sur elle, et lorsque vous vous levez, vous êtes face aux policiers en érection en pleine éjaculation: c’est cela la vérité », tonne le président de la Cour d’assises.

Si la victime n’était pas présente pendant le procès, son époux Michel, un ancien ingénieur âgé de 82 ans, a livré son témoignage.

« Elle ne veut jamais le revoir, elle est traumatisée, elle ne quitte plus la maison, elle ferme toujours la porte derrière moi et elle ne rouvre qu’une fois après avoir regardé par le judas », confie l’octogénaire.

« Le débat sur son irresponsabilité pénale a été tranché lors de l’instruction: trois experts psychiatres ont dit qu’il est pénalement responsable de ses actes [deux experts ont toutefois déclaré que le discernement du prévenu était altéré au moment des faits, tandis que le troisième a jugé, au contraire, qu’il s’agissait d’un individu ‘froid et sans remords’, ndlr]. C’est un dossier exceptionnel, un viol c’est toujours dans un huis clos entre deux personnes, là il y a des témoins [les policiers, ndlr», observe l’avocat des parties civiles Maître Stéphanie Boscari.

« Il choisit ses moments d’absences parce qu’elles signent son crime »

Avocates du suspect, Jessica Chefaroudi et Charlotte Lévi considèrent pour leur part que leur client est atteint d’une pathologie mentale qui serait à l’origine de l’altération de son discernement au moment des faits.

« Son altération repose sur une maladie s’appelant la schizophrénie… Non, il n’a pas de stratégie de défense ! », affirme Me Chefaroudi. « Cette maladie existe depuis le début de l’affaire. Le renvoyer en Algérie pour se soigner, c’est le laisser à l’abandon », ajoute sa consœur.

Un argument balayé par Laurent Czernik, représentant du ministère public, qui estime que le prévenu simule la folie et demande qu’il soit condamné à une peine de 14 ans de prison.

« À chaque fois qu’il se trouve en position difficile pour répondre, il choisit ses moments d’absences parce qu’elles signent son crime… En revanche, lorsqu’on lui demande son traitement, il le donne avec une précision chirurgicale », souligne M. Czernik.

Au bout de deux jours de procès, la Cour d’assises a fini par rendre son verdict après 2h15 de délibéré. Hatem Bakli a finalement été condamné à une peine de 9 ans de réclusion criminelle et à l’interdiction définitive du territoire français. Il devra ainsi retourner en Algérie au terme de sa peine.

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