Tarn : une femme séquestrée, violentée et prostituée dans un camp de gens du voyage

Par Séraphin Parmentier
20 septembre 2019 Mis à jour: 20 septembre 2019

La police a procédé à l’interpellation des suspects installés sur le camp des gens du voyage de la Vivarié, à Castres, dans la matinée du 17 septembre.

Ce mardi, un homme d’une trentaine d’années et sa mère, âgée de 57 ans, ont été interpellés au sein du camp de la Vivarié à Castres dans le cadre d’une vaste opération ayant mobilisé plus de 70 policiers.

Suspectés d’avoir retenu une femme de 48 ans contre son gré à l’intérieur du camp et de l’avoir exploitée sexuellement pendant plusieurs mois, ils ont été mis en examen pour « enlèvement, séquestration, viol et proxénétisme ».

Selon La Dépêche, les faits remontent à 2016 et auraient duré pendant plus d’un an. Originaire de Castres, la victime, dans un état de vulnérabilité psychologique, avait sympathisé avec une femme issue de la communauté des gens du voyage qui l’avait conviée à l’intérieur du camp.

« Elle était considérée comme une esclave par ses tortionnaires »

Séquestrée dans une caravane, elle n’était finalement jamais ressortie. « Elle était considérée comme une esclave par ses tortionnaires », rapporte le quotidien régional qui précise que la victime était employée aux tâches ménagères et allait chercher les enfants à l’école. Terrorisée par ses bourreaux qui exerçaient une forte emprise psychologique sur elle, la victime n’a jamais osé profiter de ces sorties pour s’échapper.

Son supplice a empiré lorsqu’elle a été prostituée par le fils de la femme qui l’avait attirée dans le camp. Les viols se seraient déroulés dans une caravane dont la mère du proxénète conservait les clés.

En août 2017, la victime parvient à s’enfuir. Elle restera cachée une nuit entière dans un fossé pour échapper aux recherches de son proxénète. Traumatisée, elle quitte la ville de Castres pour s’installer dans une autre région, loin de ses bourreaux. Au bout de plusieurs mois, elle décide de déposer plainte.

L’instruction confiée à un juge toulousain

Le 17 septembre, les policiers du commissariat de Castres, appuyés par une compagnie de CRS, font irruption dans le camp de Vivarié où ils appréhenderont le proxénète, sa mère et deux autres individus soupçonnés d’avoir été des « clients » lorsque la victime était prostituée.

Placés en garde à vue, ces derniers ont finalement été remis en liberté en attendant la suite de l’instruction confiée à un juge toulousain. Les principaux suspects, le fils et sa mère, ont été incarcérés.

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