Urrugne : « Parisiens, rentrez chez vous. Vous êtes le virus du Pays basque »

Par Léonard Plantain
1 avril 2021
Mis à jour: 1 avril 2021

Depuis ce week-end, au Pays basque, des photos prises à Urrugne ont beaucoup circulé sur les réseaux sociaux, montrant des panneaux invitant les « Parisiens » à rentrer chez eux. Les auteurs, non identifiés, ont ensuite diffusé une explication à ce propos.

En fin de semaine dernière, plusieurs affiches sont apparues sur des murs d’Urrugne, au Pays basque, adressant les messages suivants : « Parisiens, rentrez chez vous. Vous êtes le virus du Pays basque » et « Alde hemendik », qui signifie « dégagez d’ici » en basque.

Des messages de rejet sur fond de pandémie de Covid, qui sont tournés vers les vacanciers venus de la capitale, mais aussi vers ceux qui s’établissent localement depuis la crise sanitaire, a rapporté Sud-Ouest.

Depuis, les photos de ces affichages ont largement circulé sur les réseaux sociaux et ont suscité de nombreuses réactions, le plus souvent indignées, mais pas toujours. Afin d’apporter des précisions et pour expliquer leur geste, les auteurs de ces messages ont répondu via ces mêmes réseaux sociaux.

Se félicitant de leurs actions, ils ont néanmoins souhaité expliquer « qu’il ne s’agissait pas de dénigrer tous les Parisiens ou Français venus s’installer en Pays basque ». Ils ont par ailleurs rendu hommage aux Français qui « ont su s’intégrer, respecter notre culture ».

Pour eux, le problème vient en premier lieu des contraintes liées à la traversée de leurs frontières, d’une province basque à l’autre : « Nous ne comprenons pas la raison pour laquelle nous n’avons pas le droit de traverser la Bidassoa, alors que les Parisiens, tout juste confinés, peuvent parcourir 700 km et venir occuper leurs maisons secondaires. Les trajets Paris-Hendaye en train ont affiché complet tout juste après l’annonce du confinement. Nous nous étions trouvés face au même problème lors du premier confinement […] malgré l’interdiction de déplacement. »

De plus, bien que le Pays basque soit « une terre d’accueil », il est également « une terre de conquête ». C’est le deuxième point qui pose problème. En effet, pour les auteurs des messages, « notre conquête s’est vue accélérer du fait de la crise sanitaire » et « la question du logement est un point clé ».

« La crise sanitaire a engendré entre autres les désirs de quitter les grandes agglomérations, le développement du télétravail, et le besoin de s’octroyer de plus grands espaces de vie. C’est dans ce contexte que de nombreuses personnes venues des quatre coins de France ont accouru, les poches remplies, envahir notre marché immobilier. Avec le résultat que nous connaissons tous : flambée des prix immobiliers, difficultés pour nos jeunes de se loger [ce qui les pousse] à s’exiler, et donc par conséquent perte de notre langue, culture, identité et valeurs. »

« C’est bien pour tout cela que nous avons porté ces messages. Nous en avons assez de devoir supporter cette situation, et nous ne resterons pas les bras croisés voyant le Pays basque, ses habitants, et ses richesses au bord de la disparition », ont-ils indiqué.

Pour conclure, les auteurs ont également réécrit un slogan plus élaboré : « Parisiens, rendez-nous nos biens, que nous gardions identité, culture, langue, tradition et liens ! »

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