TikTok censure la vidéo d’un étudiant se moquant de l’hymne national chinois

Par Eva Fu
22 juin 2020
Mis à jour: 22 juin 2020

La populaire application de partage de vidéos TikTok a fermé le compte d’un étudiant international chinois aux États-Unis après qu’il a posté une vidéo se moquant du régime chinois, une décision qu’il estime être un témoignage de l’allégeance de la plateforme aux règles de censure du régime chinois.

TikTok est développé et détenu par la société ByteDance, basée à Pékin.

Début juin, Zhou Jianming, qui étudie actuellement dans le New Jersey, a mis en ligne une vidéo dans laquelle il tourne en dérision le régime chinois avec son propre texte chanté sur l’hymne national chinois.

Il a déclaré qu’il s’agissait d’une réponse à l’adoption par l’assemblée législative de Hong Kong d’un projet de loi qui criminaliserait l’insulte de l’hymne chinois à Hong Kong. La législature est dominée par des législateurs pro-Pékin.

La Censure

La vidéo, qui dure 48 secondes, contient également des images faisant la satire des fonctionnaires chinois et de la mauvaise gestion de la pandémie actuelle par le Parti communiste chinois (PCC). « Agenouillez-vous, traîtres qui veulent être des esclaves », chantait Zhou Jianming en portant un T-shirt avec la fleur de bauhinia, emblème qui figure sur le drapeau de Hong Kong.

En moins de 24 heures, TikTok a supprimé son compte, en invoquant des violations des directives communautaires, selon un courriel envoyé par TikTok qu’Epoch Times a examiné. L’application a également rejeté sa demande d’appel.

« Cela m’a mis extrêmement en colère », a-t-il confié à Epoch Times, en précisant qu’il utilisait la version américaine de l’application. « Puisqu’elle fonctionne aux États-Unis, elle devrait obéir aux lois américaines », a-t-il dit.

Zhou Jianming à Denver en été 2014. (Avec l’aimable autorisation de Zhou Jianming)

Les législateurs et les chercheurs américains critiquent depuis longtemps TikTok et d’autres applications chinoises, dans un contexte où la Sécurité nationale s’inquiète de plus en plus du fait que ces applications puissent recueillir des données auprès d’utilisateurs américains pour le compte du régime chinois. L’armée américaine et l’administration de la sécurité des transports (TSA), ainsi que le ministère australien de la Défense ont cessé d’autoriser les employés à utiliser l’application en raison de ces préoccupations.

Des inquiétudes concernant la censure de TikTok sont apparues en novembre dernier, lorsque l’entreprise a bloqué le compte d’une adolescente américaine qui avait posté une vidéo critiquant le traitement réservé par Pékin aux musulmans ouïgours dans la région du Xinjiang, à l’extrême-ouest de la Chine.

TikTok n’a pas précisé quelle ligne directrice spécifique de la communauté il a violé, a déclaré M. Zhou. Il pense que la pression chinoise était probablement à l’origine de la fermeture de son compte.

TikTok n’a pas répondu immédiatement à une demande de commentaires.

Une capture d’écran du courriel que Zhou Jianming a reçu de TikTok l’informant que son compte a été banni. (Avec l’aimable autorisation de Zhou Jianming)

Après la diffusion de sa vidéo, des trolls en ligne sur TikTok ont envoyé des messages contenant des menaces de mort. Un utilisateur a déclaré que Zhou serait « mis en pièces la prochaine fois qu’il passerait sa porte ».

D’autres applications chinoises ont récemment fait l’objet d’un examen minutieux. L’application de vidéoconférence Zoom, dont la popularité a explosé pendant la période de confinement, car beaucoup de personnes ont commencé à travailler depuis leur domicile, a récemment fait l’objet d’un examen minutieux de la part d’une dizaine de législateurs bipartites en juin, pour avoir suspendu les comptes de trois militants importants à la demande du régime chinois. La société appartient à un entrepreneur chinois et dispose d’un personnel de recherche et développement, ainsi que de serveurs offshore, en Chine.

Et l’application de messagerie chinoise WeChat, selon un rapport de mai du Citizen Lab, une association de défense numérique, était utilisé par l’appareil de censure chinois pour surveiller ses utilisateurs à l’étranger. L’application est populaire au sein des communautés d’immigrants chinois.

L’aspiration à la liberté

M. Zhou a déclaré qu’il était en désaccord avec sa famille sur l’idéologie politique, qui, selon lui, croit surtout ce qui est dit dans la propagande du régime chinois.

D’autre part, il est fasciné par les États-Unis depuis l’âge de 13 ans, lorsqu’il a trouvé une photo du drapeau américain, l’a imprimée et l’a mise dans sa chambre.

Depuis le collège, M.Zhou s’est mis à détester le Parti communiste au pouvoir et à se plaindre de son enseignement à base de lavage de cerveau, où, dit-il, « des pensées identiques sont reproduites et imposées à tous les élèves ».

« C’est une violation totale des droits de la personne », a-t-il déclaré. « Ce que je pense dans ma tête, c’est ma liberté personnelle et mes droits. Qu’est-ce que cela a à voir avec quelqu’un d’autre ? Comment les autres peuvent-ils contrôler le fonctionnement de mes cellules cérébrales ? »

À l’université, il a appris à contourner la grande muraille électronique pour accéder à des informations bloquées sur le continent : le massacre de la place Tian’anmen, la famine de 1959-1961 qui a tué des millions de personnes et la Révolution culturelle. Plus il lisait, plus il se sentait en colère contre le régime pour ses « méfaits méprisables ».

Aujourd’hui, la dissimulation du virus de Pékin a mis le monde en danger – « quelqu’un doit avoir le courage de se lever et de s’opposer à ses atrocités », a-t-il déclaré.

Zhou, qui prépare actuellement une maîtrise en informatique, a déclaré qu’il n’avait pas l’intention de retourner en Chine.

« La Chine sous le PCC est comme l’Allemagne nazie, il n’y aucune raison valable d’y retourner. »

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