Les tirs de missiles nord-coréens ne violent pas l’accord de Singapour, considère Donald Trump

Par VENUS UPADHAYAYA
3 août 2019 Mis à jour: 3 août 2019

D’après le président américain Donald Trump, les trois récents essais de missiles à courte portée effectués par la Corée du Nord ne sont pas une violation de l’accord signé en 208 à Singapour avec Kim Jong Un.

“Kim Jong Un et la Corée du Nord ont testé 3 missiles à courte portée au cours des derniers jours. Ces essais de missiles ne sont pas une violation de notre accord signé à Singapour et nous n’avions pas non plus discuté de  ces missiles à courte portée lorsque nous nous sommes serré la main », a déclaré Trump sur Twitter le 2 août.

Donald Trump intervenait après que Pyongyang eut lancé, vendredi 1er août, un nouveau missile balistique à courte portée. Le 25 juillet, la Corée du Nord avait déjà tiré deux nouveaux types de missiles balistiques à courte portée, qui avaient achevé leur vol dans la mer du Japon.

Donald Trump ne nie par contre pas que ces essais de missiles pourraient constituer une violation d’une résolution des Nations Unies. « Il y a peut-être une violation des Nations Unies, mais le président Kim ne voudrait pas me décevoir en brisant notre confiance, la Corée du Nord a trop à gagner – son potentiel en tant que pays, sous la direction de Kim Jong Un, est illimité,” écrit le président Trump.

Le président américain affirme régulièrement que sa diplomatie personnelle avec Kim Jong-Un va dans la bonne direction, bien que la communauté internationale soit largement sceptique et n’imagine pas que le dictateur nord-coréen puisse abandonner son programme nucléaire.

« En outre, il y a beaucoup trop à perdre », poursuit Trump. « Je me trompe peut-être, mais je pense que le président Kim a une grande et belle vision pour son pays et que seuls les États-Unis, avec moi en tant que président, peuvent concrétiser cette vision. Il fera ce qu’il faut, car il est trop intelligent pour ne pas le faire, et il ne veut pas décevoir son ami, le président Trump! »

Donald Trump avait tenu les mêmes propos plus tôt, lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche après le lancement du 25 juillet, et avant de partir pour son rassemblement électoral dans l’Ohio : « Pour ce qui est des missiles à courte portée, nous n’avons jamais conclu d’accord à ce sujet. Je n’ai pas de problème. On verra ce qu’il se passe. C’est un missile à courte portée. Ils sont très standard », avait-il déclaré.

Le Président Trump affirme que les Etats-Unis seraient déjà en guerre avec la Corée du Nord s’il n’avait pas fait une percée diplomatique avec Kim Jong-Un.

Les nouveaux tirs de missiles ont eu lieu alors que le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne – à la suite d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies – ont condamné la récente activité balistique du Nord en indiquant qu’ils violent une résolution de l’ONU. Les trois pays exhortent Pyongyang à engager des « négociations significatives » avec les États-Unis pour éliminer ses armes nucléaires.

L’émissaire américain en Corée du Nord, Stephen Biegun, espérait rencontrer vendredi en Thaïlande un représentant de la Corée du Nord. Cependant, celle-ci n’a pas participé au rassemblement annuel de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est, qui avait déjà servi de lieu de rencontre à ses entretiens.

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Des sud-coréens observent le lancement du dernier missile nord-coréen depuis la gare de Séoul, le 31 juillet. (AP Photo/Ahn Young-joon)

Moyens de pression

Analysant le lancement du 25 juillet, Bruce W. Bennett, un chercheur en sciences politiques a déclaré à The Epoch Times que le lancement du missile était une tentative de Pyongyang de faire pression sur la Maison-Blanche.

« La Corée du Nord tente de faire pression avec ces lancements de missiles. La culture nord-coréenne incite à vouloir que des États extérieurs agissent de manière coercitive, le régime semblant alors plus fort en interne », explique Bruce W. Bennett, expert-défense chez Rand, une organisation de recherche qui élabore des recommandations pour les politiques publiques.

Bennett estime que Pyongyang veut faire pression sur les États-Unis et la Corée du Sud pour qu’ils annulent leur futur exercice militaire défensif.

En réponse à l’annonce de ces exercices, une semaine avant les tirs, la Corée du Nord a annoncé revenir sur sa suspension de 20 mois d’essais de missiles nucléaires à longue portée.

Trump et Kim se sont rencontrés pour la dernière fois dans la zone démilitarisée entre la Corée du Nord et la Corée du Sud le 30 juin.

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