Toulouse: pour avoir réclamé des masques de protection, deux infirmiers d’un Ehpad licenciés

Par Emmanuelle Bourdy
9 juillet 2020
Mis à jour: 9 juillet 2020

Pour avoir réclamé des équipements de protection, stockés dans une pièce fermée à clé, deux infirmiers ont été mis à pied par leur direction fin mars 2020. L’un d’eux a même dû quitter son poste sous escorte policière, alors qu’il était encore en service. Les faits se sont déroulés au sein de l’Ehpad de La Cépière à Toulouse.

Deux infirmiers ont réclamé, à plusieurs reprises pendant la crise sanitaire, des équipements de protection afin de pouvoir s’occuper de patients suspectés d’avoir contracté le coronavirus, dans des conditions sanitaires décentes, rapporte Actu.fr.

Ils réclamaient du matériel de protection, en vain

« Tous les jours, ces soignants réceptionnaient de nouveaux patients qui présentaient des symptômes du Covid-19 (diarrhées, toux et dyspnées) sans le moindre équipement de protection, alors qu’ils savaient qu’il y avait 200 masques qui étaient stockés dans une salle fermée à clé de l’Ehpad. Ces professionnels de santé hésitaient à exercer leur droit de retrait, car ils pensaient que leur intégrité et leur santé étaient mise en danger, mais décidèrent finalement de reprendre leurs postes », explique l’avocat de l’un des infirmiers, Me Merouane Khennouche.

« Jusqu’au jour où le Samu est intervenu à l’Ehpad de la Cépière et a constaté qu’aucun professionnel de santé ne possédait de masques, de blouses ou de lunettes de sécurité. Un petit groupe de salariés a donc demandé à sa direction que les 200 masques en stock soient utilisés pour exercer leurs missions de soins dans des conditions raisonnables », ajoute l’avocat.

Pour ne pas éveiller les consciences des résidents !

La direction de l’Ehpad a objecté que « les masques ne devaient pas être mis à disposition des professionnels de santé, car il ne fallait pas éveiller les consciences des résidents et de leurs familles sur les risques du coronavirus au sein d’un Ehpad », précise l’avocat. À la suite de quoi, les deux infirmiers, considérés comme les « instigateurs » de cette mobilisation, ont été mis à pied. Par la suite, le matériel de protection a été distribué au personnel de cet Ehpad, vers la cinquième semaine de la crise sanitaire.

Me Merouane Khennouche explique encore que lors de la mise à pied de son client, celui-ci, « par conscience professionnelle, voulait terminer son service et examiner ses derniers patients, avant de quitter l’établissement à sa pause-déjeuner ». Mais « sa demande a été très mal interprétée par sa direction, qui l’a perçue comme une insubordination et a mis à exécution ses menaces en faisant venir les forces de l’ordre qui lui ont gentiment demandé de quitter les lieux », déplore-t-il.

L’avocat saisit le conseil des prud’hommes

Me Merouane Khennouche dénonce le fait qu’ « en les laissant exercer leurs fonctions sans masque ni protection, il les a exposés à un risque de contamination au Covid-19. On demande à ce que la justice reconnaisse ces fautes et prononce donc la nullité du licenciement, avec l’octroi de tous les dommages et intérêts qui vont avec ».

L’avocat indique : « Nous venons de saisir le conseil des prud’hommes afin d’examiner cette situation et faire reconnaître les manquements graves de l’Ehpad de la Cépière, puisque l’employeur est tenu à une obligation de sécurité envers ses salariés. »

Un communiqué précise que le gestionnaire de l’établissement, DomusVi, a énoncé « des faits graves » ayant entraîné ces deux mises à pied. La Dépêche rapporte que leur licenciement est aujourd’hui officiel.

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