Toulouse : une crèche vivante traditionnelle jouée par des enfants interrompue aux cris de « stop fachos »

Par Séraphin Parmentier
16 décembre 2019
Mis à jour: 16 décembre 2019

Effrayés par les injures et les bousculades, les enfants et les adultes qui les accompagnaient ont dû quitter la scène de façon prématurée.

Les faits ont eu lieu samedi dernier. Vers 16 heures, une cinquantaine d’énergumènes particulièrement excités ont interrompu la crèche vivante traditionnelle avec chœurs qui devait se dérouler place Saint-Georges jusqu’à 18 heures aux cris de « stop aux fachos ».

Regroupés sur les murettes entourant la place, le groupuscule n’a pas hésité à intimider les enfants qui jouaient la pastorale en vociférant et en proférant des insultes à l’encontre des « flics, des fachos » tout en affirmant être « anticapitalistes ».

Un discours sans queue ni tête au terme duquel ils ont finalement envahi la place « en cherchant la confrontation », rapportent les journalistes de La Dépêche.

« Certains ont essayé à plusieurs reprises de monter sur l’estrade »

Effrayés et dépités, les enfants n’ont ainsi pas eu d’autres choix que de descendre de l’estrade et de terminer la représentation de façon prématurée. Trois des chœurs prévus n’ont pas pu chanter.

« Certains ont essayé à plusieurs reprises de monter sur l’estrade, il y a eu des bousculades et nous avons décidé de mettre fin au spectacle car les conditions de sécurité n’étaient plus acceptables », a expliqué Erwan Demolins – porte-parole de l’association laïque Vivre Noël autrement qui organisait l’événement – aux journalistes de 20 minutes.

La crèche vivante, qui rassemble une centaine de bénévoles composés d’enfants et d’adultes, a l’habitude de se produire à Toulouse depuis sept ans.

« Notre message est très pacifique, il vise à rappeler le contexte historique des fêtes de Noël », souligne M. Demolins.

Tout avait pourtant bien commencé. En plus des figurants et des membres des chorales, l’association Vivre Noël autrement était parvenue à faire venir un camion d’une ferme solidaire qui réinsère des personnes désœuvrées. Pour l’occasion, la ferme en question avait même prêté quelques moutons.

De nombreux chœurs devant se succéder toutes les demi-heures pour interpréter différents cantiques étaient également programmés : l’ensemble Vocal de femmes Mélina ; un trio flûte, piano et voix jouant Bach, Vivaldi et Donzetti ; l’ensemble choral des Dominicains ; le groupe Only Voices ; le chœur Evangelous ou encore le chœur Éclats de Voix.

Après l’irruption des protestataires, les choristes et les figurants ont définitivement quitté la scène, accompagnés de l’âne ainsi que des moutons présents pour l’occasion et qui ont dû eux aussi regagner leur étable plus tôt que prévu.

« Respecter l’histoire et les traditions de notre pays »

Malgré la déception, l’une des participantes prénommée Cécile prend les choses avec philosophie : « C’était pire au premier temps des chrétiens.»

« Tous ceux qui crient ne savent pas que Jésus n’était pas un bourgeois, mais un pauvre, un démuni. Je les plains», ajoute-t-elle dans les colonnes de La Dépêche.

Dans un communiqué publié sur Twitter, l’archevêque de Toulouse Robert Le Gall a tenu à réagir à l’incident, appelant chacun à « respecter l’histoire et les traditions de notre pays ».

« Cette manifestation joyeuse durant laquelle des chants de Noël sont entonnés, des scènes de Nativité jouées par des enfants et des adultes, aidés par de multiples animaux, n’a d’autre but que de donner de la profondeur à cette fête », écrit Monseigneur Le Gall.

« Je déplore que le simple rappel de la naissance de Jésus et des valeurs qu’elle véhicule (accueil de l’étranger, annonce de la Paix et signe de tendresse dont nous avons tous besoin) ne soit plus respecté dans notre pays et suscite même des actes de violences verbales et physiques de ceux qui s’érigent comme défenseurs de la liberté. »

 « J’invite chacun à défendre pacifiquement la liberté d’expression ainsi qu’à respecter l’histoire et les traditions de notre pays », poursuit l’archevêque toulousain.

Sur Twitter, quelques personnalités publiques ont condamné l’action violente des contestataires. C’est notamment le cas de Nicolas Dupont-Aignan, qui a estimé que les manifestants se comportaient eux-mêmes comme « les fachos » qu’ils prétendent pourtant dénoncer.

« Les fachos, ce sont eux : ne laissons pas nos traditions être bafouées par le sectarisme idéologique d’une certaine gauche radicale », conclut le responsable politique.

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