« Toute la France est concernée » : les bonbonnes de gaz hilarant, cauchemar des usines d’incinération des déchets

Par Nathalie Dieul
5 août 2021
Mis à jour: 5 août 2021

Les bonbonnes de gaz hilarant, détournées de leur usage premier par les jeunes malgré les risques pour la santé, finissent bien souvent au milieu des déchets dans les bennes à ordures. Elles peuvent exploser dans les fours d’incinération et causer des dégâts importants se chiffrant en centaines de milliers d’euros, notamment en Île-de-France.

Le protoxyde d’azote, plus communément appelé gaz hilarant ou encore « proto », est souvent utilisé par les jeunes pour ses effets euphorisants malgré les risques de troubles respiratoires, cardiaques ou neurologiques qu’il engendre. Depuis plusieurs années, les petites capsules se sont multipliées, et ce sont maintenant des bonbonnes plus grandes, mesurant entre 25 et 50 cm, qui sont de plus en plus souvent utilisées, et encore plus depuis l’interdiction de la vente des petits contenants aux mineurs depuis le 1er juin 2021.

Ces bonbonnes industrielles finissent trop souvent dans les usines de traitement et de valorisation des déchets, où, contrairement aux petites capsules, elles peuvent causer d’importants dégâts dans les fours des usines lorsqu’elles sont incinérées.

En effet, « les fortes températures atteintes dans les fours peuvent ensuite conduire à l’éclatement des bonbonnes » dans lesquelles il reste toujours du gaz, explique au Figaro Marie-Christine Viratelle, directrice de l’usine Valo’Marne à Créteil (Val-de-Marne). « Ces déflagrations cassent les barreaux, tordent les grilles mécaniques et abîment les briques réfractaires », ajoute-t-elle, en entrevue au Parisien.

600 000 euros de dégâts depuis le début de l’année dans une seule usine

Dans cette usine, le nombre d’éclatement de bonbonnes est en forte augmentation dernièrement. Depuis janvier 2021, il y en a eu 263, ce qui représente plus de 600 000 euros de dégâts et plus de 20 jours de fermeture des lignes. « C’est un phénomène récent, en 2020 on comptait environ un éclatement de bonbonne tous les mois », précise la directrice.

La région la plus touchée par ce phénomène est l’Île-de-France, avec en plus du site de Créteil d’autres sites comme celui d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) ou de Carrières-sous-Poissy (Yvelines). L’Occitanie et le pourtour méditerranéen sont également particulièrement concernés.

« Le phénomène s’est amplifié depuis la fin du premier trimestre et toute la France est concernée », remarque Ghislain Eschasseriaux, délégué général de la Fedene (Fédération nationale des services énergie environnement).

Solutions ?

Aucune solution miracle n’apparaît au plan technique. Les bonbonnes sont indétectables au milieu des déchets, que ce soit dans les bacs ou dans les fosses.

La seule arme reste l’information et la sensibilisation afin que les utilisateurs de ces bonbonnes les amènent en déchetterie au lieu de les jeter dans les bacs à ordures sur la voirie publique. « C’est un produit dangereux qui doit rejoindre la filière dédiée », assure Ghislain Eschasseriaux.

Des conséquences pour tout le monde

Même si ce qui se passe dans les sites de traitement des déchets paraît lointain, la problématique pourrait bien avoir des conséquences chez monsieur et madame Tout-le-Monde. En effet, non seulement la continuité de service ne peut pas être assurée en cas d’arrêt technique, mais la facture liée à ces arrêts risque d’être divisée entre les usagers via la taxe d’ordures ménagères.

Il faut savoir qu’un seul arrêt des lignes de traitement, qui peut durer deux à trois jours pour réparer les pièces mécaniques cassées, est susceptible de coûter autour de 50 000 euros, selon Even Guichaoua, responsable technique des unités de valorisation énergétiques (UVE) de Veolia.

Par ailleurs, certains foyers urbains pourraient se retrouver sans électricité ou sans eau chaude puisque l’incinération des déchets permet la production d’électricité et de vapeurs d’eau.

Tout cela bien entendu sans compter tous les problèmes de santé entraînés par les nombreux effets nocifs potentiels graves de ce gaz chez les utilisateurs qui l’inhalent à des fins récréatives.

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