Toute la vérité sur la testostérone

27 février 2014
Mis à jour: 29 octobre 2017

Chez les hommes, une baisse d’énergie, des problèmes cardiaques, l’incapacité de faire de l’exercice et la dépression ont souvent la même origine: la testostérone. Pour diverses raisons, plus d’un tiers des hommes ne sont pas traités.

Il est faux de croire que la thérapie à base de testostérone a pour seul objectif de stimuler la libido et de développer une musculation excessive, a expliqué le docteur David Shusterman, médecin-chef de l’institut d’urologie de New York. De plus, la plupart des patients n’ont pas toujours conscience de manquer de testostérone, à la lecture des résultats de leurs examens médicaux. Il faut dire qu’il n’est pas toujours facile de les décrypter.

Un autre cliché est que le problème n’affecte que les hommes âgés. «Bien souvent, les gens ne vérifient pas leur taux de testostérone. Pourtant, il arrive parfois que de très jeunes hommes souffrent de plusieurs de ces symptômes», a expliqué David Shusterman. Cela peut se produire chez les hommes dès l’âge de vingt ans.

«Certains s’en rendent compte parce qu’ils ont une diminution de la libido et en parlent à leur médecin. Mais beaucoup de gens se contentent de vivre avec cela, sans en parler», a précisé David Shusterman.

Des traitements simples

La thérapie hormonale par la testostérone comprend généralement trois formes de traitements: des implants, des pommades et des comprimés.

«Il y a deux façons de traiter un taux faible de testostérone. On peut prescrire directement de la testostérone, ou prescrire une hormone qui va stimuler le corps et l’amener à produire davantage de testostérone», a expliqué David Shusterman.

Pour les hommes qui ont l’intention d’avoir des enfants, David Shusterman recommande un traitement, qui se fait généralement à l’aide de pilules et qui stimule la production naturelle.

«Non seulement cela augmente le niveau de la testostérone, mais aussi le niveau de fertilité de l’homme, car un faible taux de testostérone peut être à l’origine d’une diminution de la fertilité», a déclaré David Shusterman.

L’hormone stimulant l’organisme permet de produire davantage de testostérone. On distingue deux catégories: la testostérone libre et la testostérone liée aux protéines plasmatiques. La testostérone libre est ce que le corps utilise pour équilibrer l’humeur et le métabolisme. Les traitements qui proposent de la testostérone augmentent  ce taux.

Pour les hommes qui ne sont plus concernés par la fertilité, David Shusterman recommande un implant sous-cutané.

«On l’introduit sous la peau et il se dissout en quatre mois», a expliqué David Shusterman. «Vous le placez et l’oubliez… c’est très facile. Trois fois par an, vous allez chez votre médecin et vous avez naturellement un niveau normal de testostérone.»

Le traitement avec implant est généralement moins onéreux que ceux à base de pilules ou de pommade.

Le mythe de la prostate

Contrairement aux œstrogènes, qui peuvent provoquer des complications comme des tumeurs malignes, la testostérone ne provoque pas de cancer de la prostate, contrairement aux idées reçues, a précisé David Shusterman.

«Si quelqu’un a le cancer de la prostate, son niveau d’APS (Antigène Prostatique Spécifique) est artificiellement élevé», explique Shusterman.

«Lorsque la testostérone augmente, le taux d’APS augmente également, ce qui peut développer un cancer de la prostate déjà présent, le rendant décelable», précise David Shusterman qui ajoute que pour cette raison, à l’Institut d’urologie de New York, le niveau d’APS fait toujours l’objet d’une surveillance.

«Dans presque toutes les situations, il n’y a pas d’inconvénient à utiliser la testostérone. Elle peut même être prescrite à des personnes qui ont eu le cancer de la prostate, mais qui ont été traitées et sont guéries», a-t-il expliqué.

Un faible taux de testostérone ralentit également le métabolisme

«Le facteur principal à l’origine d’un manque de testostérone est la baisse du niveau d’activité métabolique basale», a expliqué David Shusterman. Votre métabolisme basal (MB) est l’exigence minimale en calories nécessaire au fonctionnement de votre corps. Lorsqu’il est déséquilibré, il est plus difficile pour les gens de faire de l’exercice.

«Leur MB est faible artificiellement parce que le niveau de testostérone est bas», explique David Shusterman. Le patient peut se sentir apathique mais aussi se trouver dans l’incapacité de se bouger et de n’avoir aucun résultat, quand il le fait.

Une fois que les patients commencent leur traitement, David Shusterman précise que des résultats peuvent apparaître entre un jour et six mois.

En plus d’un traitement à la testostérone, David Shusterman amène aussi les patients à effectuer des changements de régime alimentaire et de mode de vie, en leur apprenant à prendre en charge leur santé.

«Je ne me contente pas de donner aux gens un traitement à base de testostérone. Je leur donne également une liste de choses à faire et leur précise les produits alimentaires adaptés. Je leur dis comment maximiser leur MB grâce à de nouvelles découvertes qui permettent d’améliorer la capacité d’exercices», a-t-il ajouté.

«Il y a beaucoup de questions et de souffrance inutiles qui apparaissent lorsque le taux de testostérone n’est pas suffisamment vérifié, surveillé et normalisé », a affirmé David Shusterman.

Il ajoute que c’est en grande partie parce que ce n’est pas un domaine auquel la plupart des médecins ou des patients pensent en premier. Cela a tendance à être hors de leur champ de compétences et lorsque des symptômes comme une baisse d’énergie ou de pulsion sexuelle se présentent, les médecins font une prescription pour contrer ce symptôme, plutôt que de soupçonner une baisse du taux de testostérone.

«Ne laissez pas votre médecin vous prescrire certains médicaments avec l’espoir que cela va s’arranger», précise David Shusterman. «C’est important de le vérifier. Ils prescrivent juste du Viagra ou du Cialis.»

«J’ai vu beaucoup de patients venir pour me dire qu’ils se sentent mieux», a ajouté David Shusterman.

Selon une étude publiée récemment par l’académie de médecine de Boston, l’hormonothérapie substitutive peut également réduire les risques de maladies cardiovasculaires.

Pour en savoir plus:

Docteur David Shusterman www.nyurology.com

Version en anglais: Misconceptions About Testosterone

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