Le traitement insidieux des origines du Covid rappelle le débat orienté du changement climatique, selon les observateurs

La théorie de la fuite du laboratoire du virus a été qualifiée de « complotiste », une étiquette façonnée par des personnalités influentes prises dans des conflits d'intérêts ; une leçon à retenir face aux débats scientifiques à venir pour certains.
Par Omid Ghoreishi
20 juillet 2021
Mis à jour: 20 juillet 2021

La façon dont la discussion sur l’origine du Covid-19 a déraillé à cause de l’étiquetage complotiste fait écho, pour l’économiste de l’environnement Ross McKitrick, au débat autour du changement climatique.

« Il y a des idées étayées par de nombreuses preuves qui n’ont jamais été réfutées, mais pour des raisons politiques et culturelles au sein de l’université, elles ne sont tout simplement pas examinées », déclare M. McKitrick, professeur à l’Université de Guelph, dans une interview.

Selon M. McKitrick, lorsque les préjugés sur une question donnée deviennent structurels, ils font leur chemin des communications gouvernementales aux plateformes Big Tech de type Facebook, Twitter. Ces plateformes prendront finalement des décisions éditoriales – des décisions qu’elles « n’ont absolument pas à prendre » – pour censurer une partie du débat.

La virologue chinoise Shi Zhengli (G) dans le laboratoire P4 à Wuhan, capitale de la province chinoise du Hubei, le 23 février 2017 (Johannes Eisele/AFP via Getty Images)

Dans le cas du virus, un nombre croissant de scientifiques, et même le président américain Joe Biden, ont admis que la théorie de la fuite du laboratoire ne pouvait être écartée puisqu’une origine naturelle n’avait pas été prouvée. Dès lors, de nombreux médias et plateformes en ligne ont dû revenir sur leur décision de censurer ceux qui soutenaient cette théorie.

« Nous avons vu cela se dérouler sur une période d’environ 12 mois. Maintenant, ce qui se passe avec la question du changement climatique, c’est la même chose, sauf que cela s’est joué sur une période beaucoup plus longue », explique M. McKitrick.

L’auteur et journaliste scientifique chevronné Nicholas Wade a été l’un des premiers observateurs à noter que le débat sur l’origine du virus avait été orienté à tort dans une certaine direction par des personnalités influentes de la communauté scientifique.

Ce débat, notamment dans les médias, a principalement été façonné par deux articles publiés dans deux revues scientifiques influentes, The Lancet et Nature. Ces articles rejetaient la théorie de la fuite en laboratoire du fait qu’elle était non scientifique. L’un des articles allait jusqu’à qualifier cette hypothèse de théorie du complot.
Depuis, il est apparu que Peter Daszak, l’initiateur de cet article du Lancet, publié sous forme de lettre ouverte, entretient des liens avec le laboratoire de recherche sur les coronavirus dirigé par Pékin à Wuhan, l’épicentre de l’épidémie de virus. Il n’a, cependant, nullement mentionné ces liens dans la lettre. Pour éviter les reproches, le régime chinois a un intérêt évident à nier les théories évoquant une origine du virus autre que naturelle. Il a donc dénoncé haut et fort toute possibilité d’une fuite d’un laboratoire.

Ross McKitrick, professeur d’économie environnementale à l’Université de Guelph (Avec l’aimable autorisation de Ross McKitrick)

Comme l’a rapporté précédemment Epoch Times, à la suite des demandes pour que les informations circulent librement, ont émergé des documents prouvant que ces deux articles semblaient faire partie d’un effort coordonné à la suite d’une téléconférence organisée en février 2020 par le Dr Anthony Fauci, le directeur de l’Institut américain des allergies et maladies infectieuses (NIAID) des États-Unis. Le Dr Fauci, dont l’organisation a financé par le passé certaines recherches sur les coronavirus du laboratoire de Wuhan, a déclaré au début de la pandémie qu’il existait des preuves que le virus avait une origine naturelle. Mais il est récemment revenu sur sa position lorsque d’autres membres de la communauté scientifique et politique ont déclaré que ce point était loin d’avoir été établi.

M. Wade, ayant travaillé de nombreuses années pour la rubrique scientifique du New York Times, également rédacteur et éditeur pour Nature and Science, explique que les chercheurs s’appuient sur leurs confrères plus influents et sur ceux qui occupent des positions de pouvoir dans le monde universitaire pour faire avancer leur carrière. De ce fait, ils ont souvent peur de s’exprimer ouvertement et de contester les idées promues par les personnalités importantes.

« Si vous adoptez un point de vue impopulaire auquel l’un des chefs de votre domaine ou de l’établissement scientifique semble s’opposer, alors vous mettez votre carrière en danger », déclare M. Wade dans une interview.

« Au vu d’une telle situation, je soupçonne d’autres cas où un petit groupe de scientifiques aurait influencé tous les autres, notamment dans le débat sur le changement climatique, que l’on pourrait examiner. »

Au début de la pandémie, de nombreux médias, y compris au Canada, ont évoqué un « consensus scientifique » sur le fait que le virus provenait d’une source naturelle. Mais MM. Wade et McKitrick rappellent que la science ne fonctionne pas en se basant sur des consensus.

« La politique fonctionne grâce à des consensus et grâce au décompte des votes, mais ce n’est pas le cas de la science, et ne devrait pas l’être », déclare M. Wade.

Une attitude « puérile »

Après le revirement permettant à l’idée d’une fuite de laboratoire de devenir finalement une hypothèse valable, certains médias qui l’avaient activement qualifié de théorie du complot ont interrogé des experts sur la question. Ils ont justifié leur ancienne position par le fait que certains scientifiques ne voulaient tout simplement pas soutenir l’ancien président américain Donald Trump, qui avait fortement critiqué Pékin pour l’épidémie.

Dans l’un de ces articles, CBC News a cité un scientifique : « Vous ne voulez pas être vu comme étant celui qui contribue à la désinformation ou à alimenter des propos toxiques et nuisibles pour la société. »

Pour M. Wade, de tels arguments sont « vraiment puérils ».

« Je suis juste stupéfait d’entendre de tels arguments de la bouche de gens instruits qui devraient être bien mieux informés que cela », dit-il.

M. McKitrick affirme que si les scientifiques « mentent au public lorsque cela sert leurs objectifs politiques », le public diminuera sa confiance en eux, qu’il s’agisse de la discussion sur l’origine des virus ou du débat sur le changement climatique.

Ian Clark, professeur émérite en sciences de la terre et de l’environnement de l’Université d’Ottawa, estime que la politique n’a pas sa place en science.

Dans le cas du changement climatique, un domaine dans lequel il est fortement impliqué, il y a différents facteurs, explique-t-il, qui ont forcé le sujet à devenir politique. Par exemple, « la géopolitique en jeu, la Russie et la Chine soutenant des mouvements environnementaux qui permettraient de paralyser les démocraties occidentales ».

Le dirigeant chinois Xi Jinping (à droite) serre la main du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon lors d’une ratification conjointe de l’accord de Paris sur le changement climatique avec le président américain Barack Obama (absent de la photo), avant le sommet du G20 à la Maison d’hôtes d’État de West Lake à Hangzhou, en Chine, le 3 septembre 2016. (How Hwee Young/AFP via Getty Images)

La question du changement climatique prend de plus en plus d’importance, elle est devenue incontournable dans l’élaboration des directives politiques occidentales. Les gouvernements américain, canadien et autres promulguent des lois pour réduire l’utilisation des combustibles fossiles et les émissions à effet de serre. Tout cela a un impact direct non négligeable sur l’économie, les habitudes quotidiennes des gens et le coût de la vie.

La peur de s’exprimer

Selon Madhav Khandekar, expert émérite de l’environnement au Canada, titulaire d’un doctorat en météorologie, dans les revues spécialisées, des articles paraissent régulièrement pour remettre en question les hypothèses qui associent les activités humaines au changement climatique, mais les médias n’en tiennent pas compte.

Il en a lui-même rédigé un certain nombre, dans des revues telles que Pure et Applied Geophysics. Il estime que le changement climatique est dû à des raisons naturelles plutôt qu’à l’activité humaine.

« De plus en plus de scientifiques remettent désormais en question certaines des hypothèses de base concernant les recherches sur le réchauffement climatique », déclare-t-il lors d’une interview.

Il ajoute également qu’un grand nombre de scientifiques n’osent pas s’exprimer publiquement, surtout les jeunes, inquiets pour leurs perspectives de carrière.

Madhav Khandekar, chercheur sur l’environnement au Canada à la retraite (Avec l’aimable autorisation de Madhav Khandekar)

William van Wijngaarden, professeur de physique à l’université d’York ayant étudié le changement climatique, fait le même constat.

Il confie à Epoch Times que lorsqu’il assiste à des conférences, les participants sont visiblement réticents à poser publiquement des questions traitant du « côté non politiquement correct » de la question. C’est, en revanche, une tout autre affaire en privé.

« Lorsque vous discutez avec les gens face à face, lorsqu’il n’y a personne d’autre autour, par exemple en déjeunant, vous entendez fréquemment : s’il vous plaît, n’en parlez pas aux autres, mais je suis d’accord avec vous », explique-t-il. Pour lui, le réchauffement climatique d’origine anthropique n’est pas vraiment prouvé.

« Il y a très peu de gens qui ont le courage de s’opposer réellement à cela. »

Beaucoup de ceux qui avancent des opinions contraires sont soumis à la disgrâce publique. Il existe des sites internet mis en place par des organisations militantes contre le changement climatique qui dressent le profil de ceux qui sont sceptiques à l’égard du récit dominant, en les discréditant et en les présentant négativement.

S’en tenir aux faits

Selon M. van Wijngaarden, dans de nombreux cas, ceux qui veulent mettre un terme au débat scientifique sur le changement climatique n’ont pas une solide formation en sciences exactes et sont plutôt issus des sciences sociales.

Il cite l’exemple de la discussion sur l’impact du dioxyde de carbone sur le réchauffement de la planète.

Des délégués et des experts assistent à la cérémonie d’ouverture de la 48e session du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) à Incheon, en Corée du Sud, le 1er octobre 2018. (Jung Yeon-Je/AFP via Getty Images)

À mesure que le monde s’est industrialisé, les émissions de carbone provenant des combustibles fossiles ont augmenté. Ceux qui pensent que l’activité humaine est la cause du changement climatique affirment que le dioxyde de carbone émis entraîne un réchauffement important en raison de l’effet de serre.

M. Van Wijngaarden indique que ses propres recherches montrent que si le dioxyde de carbone double, le réchauffement sera inférieur à 1 °C, ce qui, selon lui, n’est pas très significatif. La complication vient toutefois du fait qu’en se réchauffant un peu, l’eau s’évaporera davantage, ce qui amplifiera l’effet de serre, et le réchauffement deviendra plus important. Et c’est là que réside le désaccord.

« C’est là que les choses deviennent obscures. Les calculs ne permettent pas d’affirmer que la vapeur d’eau augmente tant que ça », explique-t-il, ajoutant qu’il s’agit d’une question assez complexe en raison des différents facteurs en jeu.

Selon lui, la littérature scientifique du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’organisme des Nations unies qui est le principal moteur de la politique climatique mondiale, indique qu’avec ce facteur vapeur supplémentaire, le réchauffement sera amplifié de 1,5 à 4,5 °C.

Il s’agit d’une très grosse marge d’erreur, déclare M. van Wijngaarden, ajoutant que les résultats de ses propres recherches se situent dans la partie inférieure de cette marge.

Selon lui, presque tous les modèles utilisés par la communauté scientifique du climat pour établir ces prévisions voient au plus chaud et sont perçus comme annonçant une augmentation de la température bien plus importante que ce qui est observé concrètement.

« Il est très difficile de modéliser le climat de la Terre. Il y a beaucoup de choses à prendre en compte. Même les plus grands superordinateurs ne sont peut-être pas assez puissants pour le faire », explique-t-il.

William van Wijngaarden, professeur de physique à l’Université York (Avec l’aimable autorisation de William van Wijngaarden)

À mesure que le monde s’est industrialisé, les émissions de carbone provenant des combustibles fossiles ont augmenté.

Selon M. van Wijngaarden, compte tenu de toutes ces incertitudes et des marges d’erreur importantes, il est important que la communauté scientifique s’en tienne aux principes fondamentaux de la science et examine toutes les données de manière objective, au lieu de se mettre sur la défensive en ignorant les incertitudes.

Il ajoute que de nombreuses prédictions ont été faites à la fin des années 1990 concernant des augmentations importantes de température censées se produire maintenant, or plus de 20 ans plus tard, ces prédictions ne se sont pas vérifiées.

« Dans la communauté des physiciens purs et durs, on dirait que vous feriez mieux d’être prudent dans vos affirmations et de comprendre ce que vous faites. Mais dans la communauté climatique, beaucoup de gens ont été plutôt naïfs, et je dirais même qu’ils sont sur la défensive. Je trouve cela troublant », dit-il.

Dans son livre sur le changement climatique paru en 2016, il relève que le GIEC reconnaît avoir commis des erreurs dans ses rapports antérieurs, notamment dans celui de 2007 selon lequel les glaciers de l’Himalaya auraient complètement fondu d’ici 2035. Il se demande pourquoi, si les recherches sont menées en réunissant plus de 2 500 scientifiques et experts, ces erreurs ne sont jamais évoquées. La réponse, dit-il, est que les différentes parties du rapport ont été rédigées par de petits sous-comités et que le texte dans son ensemble n’a été revu que par un très petit nombre de personnes.

Les modélisations

M. Khandekar est lui aussi d’avis que presque toutes les modélisations utilisées dans le domaine prévoient un réchauffement plus important que ce que justifie la réalité. En utilisant les données des décennies passées pour produire des prévisions pour le présent et en relevant que les résultats sont bien plus élevés que ce qui est enregistré concrètement, il le constate de visu.

« J’ai perdu la foi dans les modélisations climatiques », dit-il.

Selon M. McKitrick, si on examine ce que disent sur les réseaux sociaux les scientifiques à l’origine de ces modélisations, il apparaît clairement que ce sont généralement des écologistes, « ils ne veulent donc peut-être pas être vus en train d’utiliser une autre modélisation ni dire quoi que ce soit en désaccord avec la campagne d’urgence climatique à laquelle nous assistons ».

Cependant, MM. Khandekar et McKitrick soulignent que certains modèles développés en Russie, où les scientifiques ont un peu de recul avec la communauté occidentale, ne prévoient pas un réchauffement aussi important.

Des militants du groupe de protestation contre le changement climatique Extinction Rebellion participent à une marche de protestation à St Ives, en Cornouailles, Angleterre, le 11 juin 2021, au premier jour du sommet du G7 qui dure trois jours. (Ben Stansall/AFP via Getty Images)

Ian Clark note que les résultats d’une modélisation russe sont les plus proches des températures mondiales mesurées à partir des enregistrements satellites. Il souhaite qu’un nouveau rapport soit publié par le GIEC en 2022 pour voir si des améliorations ont été apportées aux modélisations en cours.

Orienter la recherche

Parmi les arguments utilisés pour écarter les résultats scientifiques qui réfutent le réchauffement climatique d’origine anthropique, il y a celui du nombre. En effet, la grande majorité des travaux publiés sur la question s’accorde à dire que le changement climatique est dû à l’activité humaine.

D’où le consensus qui n’a pas lieu d’être selon M. McKitrick, qui précise que de nombreuses recherches sont subventionnées et donc orientées dans une certaine direction en accord avec les aides perçues.

Il explique que de nombreux concours permettant de recevoir des subventions gouvernementales au Canada, par exemple, ne remettent jamais en question le fait que le changement climatique soit lié à l’activité humaine. Il est préétabli qu’il y a crise et la question, c’est comment réduire rapidement les émissions.

« Il est très difficile d’obtenir un financement pour une étude sur les questions climatiques », déclare-t-il, ajoutant que le parti-pris en matière de financement « créé un filtre dans lequel il y a un flot continu d’études qui concluent l’une après l’autre que tel ou tel élément dans le monde naturel souffre du changement climatique ».

La course aux ambulances

M. McKitrick maintient que le climat change en raison de facteurs qui vont au-delà de l’activité humaine. Pour lui, il est « étrange » qu’il n’y ait jamais de reportages sur les effets bénéfiques du changement climatique, comme, par exemple, l’émergence de plus de verdure.

« Si l’histoire allait dans l’autre sens, si nous étions dans une tendance au refroidissement, on s’attendrait à voir beaucoup d’articles sur la façon dont le refroidissement global va être nuisible aux écosystèmes », dit-il.

Il ajoute que nous sommes souvent dans une attitude d’inventer des problèmes pour se placer en maître de la situation. On cherche, en quelque sorte, à prédire ou expliquer tel phénomène à tout prix.

On observe fréquemment cela après des vagues de chaleur, comme celle qui a récemment touché l’Ouest canadien et l’Ouest des États-Unis. Certains chercheurs ont alors expliqué que les gaz à effet de serre exacerbaient considérablement les températures plus élevées.

« Ils apparaissent dès que quelque chose arrive et disent, ‘eh bien, cela correspond à ce que nous attendions’, mais ils ne peuvent nullement prédire un événement à l’avance », dit-il.

« C’est une donne qu’on ne peut aucunement falsifier, car il ne s’agit pas là d’une science que l’on peut tester. Ce n’est pas une théorie à partir de laquelle on peut faire une expérience pour voir si elle est vraie ou non. »

Les facteurs déterminants

M. van Wijngaarden dit s’être lancé dans le domaine du changement climatique avec la motivation de défendre le « pauvre Al Gore », qu’il pensait être la cible des conservateurs pour son activisme environnemental.

L’ancien vice-président américain Al Gore lors d’un événement à Berlin, en Allemagne, le 8 août 2017 (Matthias Nareyek/Getty Images for Paramount Pictures)

« Je m’attendais vraiment à rester engagé auprès d’Al Gore. Puis j’ai commencé à regarder les données et les affirmations énoncées, et ces dernières étaient tout simplement absurdes », témoigne-t-il.

Il pense que l’un des principaux facteurs contribuant à la partialité de nombreux spécialistes qui établissent un lien entre le changement climatique et l’activité humaine est que beaucoup de gens, entre le milieu et la fin du XXe siècle, ont commencé à développer une « conscience accrue de la pollution », pour de bonnes raisons par ailleurs, car en toile de fond persistent des problèmes tels que les déchets en plastique qui finissent dans les océans et les marées noires qui ravagent l’écosystème.

« Je pense que beaucoup d’entre nous, moi y compris, sommes devenus très écologistes », dit-il.

Lorsque les théories liant l’activité humaine et le réchauffement de la planète sont apparues dans les années 1990, étant donné l’état d’esprit de nombreux écologistes, il était facile pour les gens de convenir que c’était le cas, puisqu’il était déjà entendu que « nous avions si mal traité l’environnement », dit-il.

Mais M. McKitrick constate qu’en coulisse, le mouvement est étayé par des facteurs politiques majeurs.

Faisant allusion aux objectifs d’émissions nettes nulles d’ici 2050 préconisés par les organismes internationaux et adoptés dans de nombreux pays, dont le Canada, il dit trouver que le calendrier présente une « coïncidence remarquable » avec l’ambition du Parti communiste chinois (PCC) de devenir l’acteur dominant du monde d’ici le 100e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine, en 2049.

« Les deux vont exactement dans la même direction », affirme-t-il.

« Au milieu de ce siècle, l’Occident se sera sérieusement affaibli et aura démoli sa propre force industrielle et son accès à l’énergie et d’autres choses qui l’ont historiquement rendu fort et prospère, et dans le même temps, nous avons la Chine dirigée par le PCC qui développe massivement son infrastructure d’énergie fossile chez elle et sur l’ensemble du globe et qui poursuit ses ambitions expansionnistes. »

C’est pourquoi il s’inquiète des nombreuses initiatives 2050 net-zéro qui, selon lui, n’ont aucun fondement scientifique et vont paralyser l’économie.

« L’un des aspects vraiment inquiétants de la politique occidentale est le nombre d’institutions financières qui suppriment les fonds pour les développements liés au pétrole, au gaz et au charbon », dit-il.

Le dirigeant chinois Xi Jinping vote sur les changements du système électoral de Hong Kong lors de la session de clôture de l’Assemblée nationale populaire au Grand Hall du Peuple à Pékin, en Chine, le 11 mars 2021. (Nicolas Asfouri/AFP via Getty Images)

Selon lui, non seulement cela a un impact sur l’économie nationale de ces pays occidentaux, mais cela crée un environnement dans lequel les pays en développement qui auront besoin d’infrastructures pour des projets énergétiques ne pourront plus s’adresser aux banques internationales basées en Occident. Au lieu de cela, ils devront se tourner vers la Chine et emprunter chez elle en entrant dans une spirale de l’endettement, tels que les pays de « la Ceinture et la Route ». Finalement, Pékin pourra les exploiter.

M. McKitrick note également que les groupes environnementaux qui jouent un rôle déterminant dans la promotion des politiques climatiques dans les pays occidentaux sont aussi connus pour leur silence sur les performances environnementales de la Chine. Il met cela sur le compte des opérations d’influence de Pékin en Occident.

Cette situation est exacerbée par les grandes institutions financières qui cherchent désespérément à accroître leurs activités en Chine. Ces géants de Wall Street réduisent le financement de projets énergétiques en Occident au nom de l’activisme climatique et de la responsabilité sociale, mais développent leurs projets de financement énergétique en Chine, explique-t-il.

Au-delà des questions de géopolitique et des opérations d’influence, il note que le mouvement pour le changement climatique a également atteint un point dans les pays occidentaux où il est devenu une « cause transcendante ».

« C’est un domaine où il y a une énorme quantité de données et il n’est pas si difficile de trouver des éléments. Mais ce que je rencontre avec les étudiants, c’est qu’ils ont des opinions très arrêtées sur l’environnement, mais presque aucune information réelle à ce sujet. Ils sont souvent surpris de voir, par exemple, à quel point l’environnement s’est amélioré au Canada et aux États-Unis », dit-il.

Ian Clark, professeur émérite de sciences de la terre et de l’environnement, à l’Université d’Ottawa (Avec l’aimable autorisation de Ian Clark)

« C’est plus un système de croyances et un code moral qu’une question scientifique pour eux, et je pense que cela contribue à attiser une certaine ferveur sur le sujet. On s’habitue tout simplement à penser que votre attitude à l’égard des émissions de dioxyde de carbone est le marqueur qui permet de savoir si vous êtes une bonne personne ou non. »

Voyant que c’est une tendance générale dans la société, les hommes politiques s’en inspirent pour augmenter leurs scores et leurs votes, dit-il.

Les personnalités influentes

Selon M. Clark, la théorie liant l’activité humaine au changement climatique a été solidifiée en Occident par quelques personnalités influentes.

Il cite quelques noms en exemple.

L’un d’eux est Michael Mann, actuellement directeur du Centres des sciences du système terrestre de l’université de Pennsylvanie. Les travaux de M. Mann et de deux de ses collègues, à la fin des années 1990, sont à l’origine du célèbre graphique en « crosse de hockey » qui montre les températures de l’an 1000 aux années 2000. On y voit une augmentation spectaculaire des températures à partir de l’ère industrielle. Le graphique a été présenté dans le film Une Vérité qui dérange d’Al Gore en 2006.

Ce graphique a été contesté par la communauté scientifique, notamment dans un article coécrit par M. McKitrick qui montrait une période plus chaude encore que celle de l’époque récente autour du 15e siècle. L’article notait les variations naturelles du climat au fil du temps, les scientifiques indiquant différents facteurs contribuant aux variations de température.

Néanmoins, M. Clark affirme que les travaux de M. Mann, qui sont pour lui « manifestement erronés », ont été utilisés pour convaincre de nombreux hommes politiques et de nombreux jeunes que la surface de la Terre se réchauffe à cause du dioxyde de carbone.

Epoch Times a sollicité une interview auprès de Michael Mann, mais la demande est restée sans réponse.

Selon M. Clark, James Hansen, autrefois le directeur de l’Institut Goddard d’études spatiales (GISS) de la NASA, est un autre personnage de poids ayant poussé l’activisme de la NASA sur cette question. Depuis qu’il a pris sa retraite, M. Hansen a rejoint l’Institut de la Terre de l’université de Columbia en tant que professeur auxiliaire. À plusieurs reprises, il a été arrêté lors de manifestations en faveur de l’environnement pour avoir entravé la circulation et la police.

« Il a misé sa carrière sur cette question et ne peut donc rien faire d’autre que de se prononcer sur le réchauffement climatique », explique M. Clark.

Epoch Times a contacté M. Hansen pour un commentaire mais n’a pas eu de réponse.

La question de l’activisme de la NASA sur le changement climatique a été tournée en dérision par 49 anciens scientifiques et astronautes de la NASA dans une lettre en 2012, demandant que la NASA et le GISS « s’abstiennent d’inclure des remarques non prouvées dans des communiqués et des sites internet publics ».

« Nous pensons que les affirmations de la NASA et du GISS, selon lesquelles le dioxyde de carbone d’origine humaine a un impact catastrophique sur le changement climatique mondial, ne s’appuient pas sur grand-chose, surtout si on considère les données qui s’échelonnent sur quelques milliers d’années d’expérience empirique », indique la lettre.

Maurice Strong, président du Conseil de la Terre et l’un des fondateurs du Sommet de la Terre de l’ONU, s’exprime lors d’une conférence de presse à Sydney, en Australie, le 24 juillet 2000. (William West/AFP via Getty Images)

« Avec des centaines de climatologues de renom et des dizaines de milliers d’autres scientifiques déclarant publiquement leur incrédulité à l’égard des prévisions catastrophiques, provenant en particulier de la direction du GISS, il est clair que cette science n’est PAS établie. »

Sur le plan politique, l’une des personnalités les plus influentes aura été Maurice Strong, qui, selon Ian Clark, a réussi à rallier des personnes très puissantes à la cause.

M. Strong, un chef d’entreprise canadien, a occupé des postes clé au sein des Nations unies, notamment en tant que sous-secrétaire général de l’organisme international.

M. Strong est le fondateur du Programme des Nations unies pour l’environnement et a organisé les principales conférences des Nations unies sur l’environnement. Il a également initié la première réunion d’un groupe d’experts internationaux sur le changement climatique.

Il a entretenu des liens importants avec la Chine, par le biais des sociétés commerciales dans lesquelles il était impliqué et, plus tard, dans le cadre de son travail aux Nations unies. Il s’est finalement installé à Pékin à sa retraite, où il est resté jusqu’à sa mort.

Selon M. Clark, c’est aux médias qu’il incombe de rendre compte objectivement de la question, mais trop d’entre eux semblent suivre un ordre du jour et donner la parole à ceux qui veulent ne voir qu’un aspect du problème.

Selon lui, le mouvement vert, insuffisamment contesté, s’est transformé en une force politique majeure. Les gouvernements élaborent alors des politiques qui reposent sur des données scientifiques infondées. Celles-ci ont des répercussions importantes sur la vie des gens, et poussent la mise en place de nouvelles technologies qui pourraient avoir des impacts environnementaux encore plus néfastes.

« Ce que les gens entendent à longueur de journée, c’est que les dômes de chaleur et les incendies de forêt sont tous dus au CO², et les gens ne disposent pas de la bonne littérature scientifique. En réalité, quand on comprend le cycle du carbone et le climat, l’idée que nous puissions les réduire en baissant tout simplement les émissions de CO² est absurde », dit-il.

« Mais c’est ce que les gens entendent, et c’est pour cela qu’ils votent, et nous voilà avec des taxes sur le carbone. »

Selon lui, il est important que les gens soient informés des faits concrets, que les médias fassent preuve de plus d’objectivité dans leurs recherches.

Pour reprendre l’analogie du Magicien d’Oz, « il faut faire tomber le rideau et exposer l’homme derrière le rideau ».

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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