Un tribunal britannique indépendant va examiner les allégations de génocide ouïghour

Par Alexander Zhang
5 septembre 2020
Mis à jour: 5 septembre 2020

Sir Geoffrey Nice QC, un éminent avocat britannique spécialisé dans les droits de l’homme qui a présidé le Tribunal chinois sur le prélèvement forcé d’organes, convoque un autre tribunal indépendant à Londres pour déterminer si les violations présumées des droits de l’homme commises par le régime chinois à l’encontre des musulmans ouïgours constituent un génocide ou un crime contre l’humanité.

Le Congrès mondial ouïghour, une organisation internationale représentant les exilés ouïghours, a demandé à Sir Geoffrey Nice QC, qui a déjà dirigé les poursuites de l’ancien président yougoslave Slobodan Milosevic devant le Tribunal pénal international, d’enquêter sur les allégations d’oppression par Pékin envers les Ouïghours et les minorités ethniques turques dans la région du Xinjiang, au nord-ouest de la Chine.

Les organisateurs du tribunal prévoient de tenir deux audiences publiques à Londres l’année prochaine, chacune d’une durée de plusieurs jours. Un verdict est attendu d’ici la fin de l’année 2021.

Un précédent tribunal indépendant présidé par Sir Geoffrey Nice, le Tribunal indépendant sur le prélèvement forcé d’organes sur des prisonniers d’opinion en Chine, connu sous le nom de Tribunal chinois, a estimé l’année dernière qu’il ne faisait « aucun doute » que le prélèvement forcé d’organes à des fins lucratives, approuvé par l’État, avait lieu en Chine depuis des années et « à une échelle significative ».

Le Tribunal chinois a conclu que ces organes proviennent principalement de prisonniers d’opinion emprisonnés, dont la majorité sont des pratiquants de Falun Gong.

Torture et stérilisation forcée

« Pour l’instant, les preuves les plus solides semblent être des preuves d’incarcération et peut-être des preuves de stérilisation forcée », a déclaré Sir Geoffrey Nice à The Associated Press concernant le traitement présumé des Ouïghours par le régime chinois.

Selon les chiffres cités par la Commission exécutive du Congrès américain sur la Chine et les Nations unies, pas moins d’un million de Ouïghours et d’autres minorités ethniques seraient détenus dans des établissements de rééducation chinois.

D’anciens détenus ouïghours ont déclaré à Epoch Times qu’ils avaient été soumis à la torture, forcés à renoncer à leur croyance et à jurer fidélité au Parti communiste chinois (PCC) alors qu’ils étaient détenus pour des raisons inconnues dans des établissements souvent surpeuplés.

Cette photo prise le 31 mai 2019 montre une femme ouïghoure (au centre) entrant dans un bazar à Hotan, dans la région du Xinjiang, au nord-ouest de la Chine. (Greg Baker/AFP via Getty Images)

Les femmes ouïgoures, quant à elles, ont été soumises à une stérilisation forcée, à un avortement forcé et à un planning familial coercitif, a révélé un rapport récent.

De telles pratiques de stérilisation forcée pourraient être considérées comme une violation de la Convention sur le génocide, a déclaré Sir Geoffrey Nice.

Les États-Unis ont déjà imposé des sanctions à quatre responsables chinois impliqués dans des violations des droits de l’homme contre les Ouïghours, dont le secrétaire du parti de la région du Xinjiang, Chen Quanguo, qui est membre du puissant Politburo du PCC.

Le tribunal chinois

Sir Geoffrey Nice est une autorité reconnue en matière de droits de l’homme internationaux. Le tribunal chinois qu’il a présidé a réalisé la première analyse juridique indépendante au monde des preuves concernant le prélèvement forcé d’organes en Chine.

Les membres d’un panel international ont examiné les preuves écrites et orales, y compris les témoignages de plus de 50 personnes lors de deux audiences publiques en décembre 2018 et avril 2019.

Le panel du tribunal (de gauche à droite) composé du professeur d’histoire américain Arthur Waldron, de l’avocat malaisien Andrew Khoo, du professeur de chirurgie cardiothoracique Martin Elliott, du président du tribunal Sir Geoffrey Nice QC, de l’homme d’affaires Nicholas Vetch, de l’avocat iranien des droits de l’homme Shadi Sadr et de l’avocate américaine Regina Paulose, à Londres, le 8 décembre 2018. (Justin Palmer)

En juin dernier, le tribunal a rendu ses conclusions à Londres, concluant au-delà de tout doute raisonnable que le prélèvement forcé d’organes sur des prisonniers d’opinion, approuvé par l’État, avait eu lieu pendant des années en Chine « à une échelle significative », et a lieu encore aujourd’hui.

Selon le tribunal, les principaux organes prélevés provenaient de pratiquants du groupe spirituel persécuté Falun Gong, emprisonnés. Les musulmans ouïghours couraient également le « risque » d’être soumis à un prélèvement forcé d’organes pendant leur détention.

Le tribunal a conclu que la campagne soutenue de prélèvement forcé d’organes menée par le régime chinois constituait un crime contre l’humanité.

Les pratiquants de Falun Gong protestent contre l’importation d’organes humains de Chine à Vienne, en Autriche, le 1er octobre 2018. (Joe Klamar/AFP via Getty Images)

« La conclusion montre que de très nombreuses personnes sont mortes sans raison d’une manière indescriptible, que d’autres peuvent souffrir de la même manière et que nous vivons tous sur une planète où l’on peut trouver une extrême cruauté », a déclaré le tribunal dans son rapport final de 160 pages (pdf), qui comprend 300 pages de documents supplémentaires.

Le Falun Gong, également connu sous le nom de Falun Dafa, qui consiste en des exercices de méditation et des enseignements moraux centrés sur les principes de vérité, de compassion et de tolérance, a été soumis à une persécution brutale par le régime communiste chinois pendant plus de deux décennies. Des centaines de milliers de pratiquants ont été jetés dans des prisons, des camps de travail et des centres de lavage de cerveau, où beaucoup ont été torturés dans le but de les forcer à renoncer à leur croyance, selon le centre d’information de Falun Dafa.

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