Des tribus de «rats» dans l’ombre des villes

4 décembre 2016
Mis à jour: 4 décembre 2016

Des groupes défavorisés en Chine ont été affublés d’une variété de noms, comme la «tribu des fourmis», la «tribu des placards», la «tribu des puits» et maintenant «tribu des rats». Un grand nombre de personnes font partie de ces groupes dont les conditions de vie démontrent clairement l’existence triste et amère qu’ils mènent.

Les noms donnés à ces groupes sont inspirés de la façon dont ils vivent. Il est difficile d’imaginer qu’il y a encore des gens vivants dans des puits, des containers ou même à l’intérieur d’abris anti-aériens ou dans des sous-sols privés de toute lumière du jour.

Selon les définitions données sur le site Internet de l’encyclopédie chinoise Hudong, «tribu de fourmis» est un néologisme correspondant à un groupe de diplômés universitaires qui mènent une existence de pauvreté dans les villes chinoises, car ils ne peuvent pas trouver de travail ou occupent des emplois à faible revenu. Ils sont comme des fourmis, intelligentes mais faibles, vivant en colonies.

«Tribu des placards» est devenu synonyme des travailleurs migrants dans les agglomérations chinoises. Ils ne peuvent même pas s’offrir une très modeste chambre et doivent vivre dans des containers.

La «tribu des cages d’escaliers» tire son origine d’un reportage sur la découverte de gens sans domicile fixe ayant vécu pendant longtemps dans plusieurs puits près d’un hôtel cinq étoiles à Pékin.

Récemment, la nouvelle expression «tribu des rats» a fait son apparition. Selon Le Figaro, la majorité de ces gens vit dans des caves ou des abris anti-aériens. Ces endroits ne reçoivent pas la lumière du soleil, il y fait chaud, humide et fétide. Personne ne prête attention à ces «citoyens de seconde classe» qui partagent leur foyer avec des rats.

Enregistrement des ménages et carte de résident

La condition tragique de ces groupes provient du coût élevé du logement et du système d’enregistrement des habitants.

Le système d’enregistrement des ménage ou «hukou» classe les citoyens en Chine selon le lieu de leur naissance. Ceux qui naissent à la campagne sont soumis à des restrictions légales pour travailler dans les villes. Le système d’enregistrement des ménages interdit aux émigrés provenant des campagnes de bénéficier de la sécurité sociale ou à leurs enfants d’aller à l’école.

Par ailleurs, les citadins nourrissent depuis longtemps certains préjugés envers ces groupes. Ils pensent que ces paysans abandonnent le travail agricole et viennent dans les villes simplement pour s’enrichir et par vanité en reniant leurs propres origines.

Les gens pensent également que les diplômés universitaires qui ne viennent pas des villes s’accrochent à des agglomérations de premier rang, simplement pour satisfaire leur envie des choses hors de leur portée. En réalité, ces travailleurs émigrés ont enduré d’immenses épreuves et ont énormément contribué en développant et en construisant les villes. Les diplômés universitaires qui considèrent les villes animées comme leur rêve contribuent à la vitalité et à la diversité des agglomérations.

Les autorités n’ont pas seulement échoué à offrir des moyens d’existence adaptés aux personnes qui ont immensément contribué au développement des villes, elles les ont aussi abandonnées aux préjugés de la société. Ils souffrent de pressions et d’inégalités invisibles.

Bien que les ressources limitées en logements pourraient ne pas subvenir aux besoins de l’afflux des migrants, la Chine compte de nombreuses «villes fantômes» – des zones urbaines sur-développées qui sont restées inhabitées depuis longtemps. Ces bâtiments vides pourraient être utilisés pour accueillir ces migrants.

Une allocation de ressources ouvertes et transparentes pour loger les migrants permettraient à ces personnes de ne plus vivre dans la clandestinité.

Les autorités pourraient au moins réduire progressivement les inégalités créées par la provenance géographique et le système d’enregistrement des habitants. Les gens vivant une existence difficile ne se sentiraient plus inférieurs suite à la perte de leurs droits les plus fondamentaux et leur liberté. Ils n’auraient plus à errer aux abords des villes parce que leur identité et leur dignité ont été méprisées et piétinées.

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