Depuis trois ans, ce jeune Varois se laisse pousser les cheveux en faveur des malades du cancer

Par Nathalie Dieul
11 février 2020 Mis à jour: 11 février 2020

Il n’était qu’un petit garçon en classe de CE1 à Ollioules dans le Var lorsqu’il a eu l’idée de se laisser pousser les cheveux afin de les offrir à un malade du cancer. Depuis lors, Evann se fait traiter régulièrement de fille à cause de ses longs cheveux blonds et doit endurer la douleur du démêlage, mais rien ne l’arrête.

Evann a maintenant 9 ans et s’apprête à faire des petites couettes pour couper les mèches et réaliser son rêve : transformer sa longue chevelure dorée en une belle perruque pour une personne malade. En effet, une perruque naturelle n’est que partiellement remboursée par la Sécurité sociale, et cela coûte cher.

Il n’a pas été facile d’arriver à cet aboutissement. Il lui a d’abord fallu affronter au quotidien la réaction des gens, qui pensent qu’il est une fille. Pourtant, cela ne l’atteint pas.

Les brossages quotidiens, de leur côté, ne sont pas faciles à endurer pour le garçon qui a intégré un club de foot de Nice.

« Quand on me brosse les cheveux, j’ai mal », a-t-il déclaré à France Bleu. « Mais je sais que c’est pour un enfant malade. Je pense à lui et je n’ai plus mal. »

En effet, tout cela n’est rien pour cet enfant qui fait preuve de compassion depuis un tout jeune âge. Lorsqu’il avait 6 ans, une prise de conscience s’est opérée en Evann : « Dans mon école, il y avait un petit garçon qui était chauve, il avait le cancer. Ça m’avait fait un choc, et tout est parti de là », explique-t-il à France 3.

Depuis qu’il a une bonne longueur de cheveux – il faut un minimum de 25 centimètres – une autre épreuve inattendue est arrivée : il a fallu plusieurs mois avant de pouvoir trouver un organisme qui permettrait de récupérer les cheveux d’Evann et d’en faire une perruque à offrir gratuitement à une personne malade.

« Evann ne veut vraiment pas que le malade paie. C’est incroyable de ne pas trouver le moyen d’y parvenir », s’est insurgée Sandrine, la maman du garçon, au début du mois.

Heureusement, les recherches de la mère de famille et les appels dans les médias ont fini par aboutir. Le lycée des métiers des arts de la coiffure de Lyon va recevoir les mèches blondes d’Evann et les utiliser comme celui-ci l’entend.

« Ce sont des personnes qui sont en formation qui créent les perruques et qui vont à la rencontre d’enfants malades dans les hôpitaux », explique Sandrine.

Quant à Evann, à peine ses cheveux coupés, il recommencera tout simplement à les laisser pousser pour refaire la même chose. De plus, il veut inciter les gens à l’imiter : « J’insiste pour que les autres fassent la même chose que moi. »

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