Trump propose d’aider le Mexique à mener une «guerre» contre les cartels après la mort de 9 Américains au Mexique

Par Petr Svab
7 novembre 2019 Mis à jour: 7 novembre 2019

Le président Donald Trump a offert d’aider le Mexique à mener une « guerre » pour éliminer les cartels de la drogue, après qu’au moins 9 Américains ont été tués lors d’une fusillade dans l’État frontalier mexicain de Sonora.

« Une merveilleuse famille et des amis de l’Utah ont été pris entre deux cartels de la drogue brutaux qui se tiraient dessus, ce qui a entraîné la mort de nombreux Américains, dont de jeunes enfants », a écrit Trump dans un tweet du 5 novembre.

« Si le Mexique a besoin ou demande de l’aide pour nettoyer ces monstres, les États-Unis sont prêts, disposés et capables de s’impliquer et de faire le travail rapidement et efficacement. Le nouveau président du Mexique a fait de cette question un grand enjeu, mais les cartels ont pris tellement d’ampleur et de puissance qu’il faut parfois une armée pour vaincre une armée ! »

Quelques minutes plus tard, il ajoutait : « C’est le moment pour le Mexique, avec l’aide des États-Unis, de faire la guerre aux cartels de la drogue et de les rayer de la surface de la terre. Nous n’attendons qu’un appel de votre nouveau président ! »

Le président mexicain Andrés Manuel López Obrador a déclaré qu’il s’entretiendrait avec Trump pour une éventuelle coopération en matière de sécurité, à condition que la souveraineté du Mexique soit respectée.

« Je parlerai au président Trump pour le remercier de son soutien et pour voir si, dans les accords de coopération, il y a la possibilité d’obtenir de l’aide », a-t-il déclaré à une conférence de presse. « Je ne pense pas que nous ayons besoin de l’intervention d’un gouvernement étranger pour traiter ces cas. »

Le 5 novembre, le président Trump s’est entretenu avec le président López Obrador « pour discuter de la violence récente au Mexique et des efforts déployés pour lutter contre le comportement violent croissant des cartels et des groupes criminels dans la région », a déclaré dans un communiqué Hogan Gidley, attaché de presse adjoint de la Maison-Blanche.

Trois femmes et six enfants ont été abattus en plus d’autres blessés le 4 novembre, lorsque des membres d’un cartel ont attaqué leurs véhicules sur une route de terre entre les États de Chihuahua et Sonora, tous deux frontaliers des États-Unis. Les morts appartenaient à la famille LeBaron, une communauté mormone dissidente qui s’est établie dans les collines et les plaines du nord du Mexique il y a des décennies.

Le ministre mexicain de la Sécurité, Alfonso Durazo, a déclaré qu’il y avait une possibilité d’erreur d’identité, étant donné le nombre élevé d’affrontements violents entre les bandes de trafiquants de drogue en guerre dans la région.

« Le convoi composé de camionnettes de banlieue aurait pu être confondu avec des groupes criminels qui se battent pour le contrôle de la région », a déclaré M. Durazo, aux côtés du président López Obrador.

Une violence qui se propage

Bien que le Mexique ait utilisé ses forces armées pour combattre les cartels depuis plus d’une décennie, la violence liée aux drogues n’a pas diminué.

Le gouvernement a enregistré plus de 250 000 homicides au cours des douze dernières années, dont plus de 30 000 au cours des sept premiers mois de 2019, la plupart liés à la guerre des drogues. Et cela exclut un nombre inconnu de disparitions.

Cette violence se répand également aux États-Unis, où une grande partie des fusillades et des meurtres dans tout le pays sont liés à des gangs de trafiquants de drogue en provenance du Mexique.

De plus, les drogues importées en contrebande du Mexique sont l’un des principaux moteurs de l’épidémie de surdose aux États-Unis, ayant coûté la vie à près de 70 000 personnes en 2018.

Le bénéfice du commerce de la drogue présent aux États-Unis finance alors les opérations des cartels, ce qui leur permet de se procurer des armements lourds.

« Nous parlons de missiles sol-air, de grenades. Ils ont des véhicules blindés. Ils ont de grosses mitrailleuses sur le toit des véhicules », a déclaré Derek Maltz à Epoch Times, un ancien chef de la division des opérations spéciales de l’Administration de la lutte antidrogue.

Un massacre

Une vidéo publiée sur les médias sociaux montrait les restes carbonisés et fumants du véhicule, criblé de balles, dans lequel se trouvaient apparemment les victimes de la récente fusillade au moment de l’attaque.

« C’est pour le souvenir », dit une voix masculine hors champ avec un accent américain, prise d’émotions. « Nita et quatre de mes petits-enfants ont été brûlés et abattus. »

Un parent de la famille, Julian LeBaron, a qualifié l’incident de « massacre » et a déclaré que certains membres de la famille avaient été brûlés vifs.

Dans un message texte à Reuters, il a écrit que quatre garçons, deux filles et trois femmes, avaient été tués. Plusieurs enfants qui ont fui l’attaque ont également été perdus pendant des heures dans la campagne avant d’être retrouvés, a-t-il ajouté.

Il a déclaré que l’identité de l’auteur de l’attaque n’était pas claire.

« Nous ne savons pas pourquoi, bien qu’ils aient reçu des menaces indirectes. Nous ne savons pas qui l’a fait », a-t-il dit à Reuters.

« Ma cousine a été assassinée avec ses enfants dans leur voiture », raconte Alex LeBaron, un autre parent présent dans l’un des villages habités par la famille. Il a déclaré que toutes les victimes étaient des citoyens américains et que la plupart d’entre elles avaient également la double nationalité mexicaine et américaine.

Cinq enfants blessés lors de l’attaque ont été transférés dans des hôpitaux aux États-Unis, ont indiqué les autorités américaines et mexicaines.

Des mormons contre cartels

Les mormons ont établi un village à Chihuahua, au Mexique, il y a environ 150 ans lorsque les États-Unis ont interdit leur pratique de la polygamie.

La colonie s’est heurtée aux cartels pendant des années, faisant face à des meurtres, des enlèvements et d’autres crimes.

En 2010, deux membres de la communauté mormone, dont un de la famille LeBaron, ont été tués par vengeance apparente après que les mormons eurent fait pression sur les autorités pour obtenir la libération d’un autre membre de leur communauté enlevé par les cartels.

La situation était si grave que les mormons ont finalement enfreint les lois mexicaines et se sont armés pour se défendre, a rapporté le magazine Vice en 2012.

RECOMMANDÉ