Twitter et Facebook censurent une campagne de « fake news » chinoises contre les manifestants de Hong Kong

Par Cathy He
20 août 2019 Mis à jour: 21 août 2019

Twitter et Facebook ont annoncé conjointement le 19 août le démantèlement d’une opération de désinformation soutenue par le régime chinois sur leurs plates-formes, qui visait à saper le mouvement de protestation à Hong Kong.

Twitter a déclaré dans un communiqué qu’il avait suspendu 936 comptes-rendus provenant de Chine continentale qui « tentaient délibérément et spécifiquement de semer la discorde politique à Hong Kong, en agissant de façon à saper la légitimité et les positions politiques du mouvement protestataire sur le terrain ».

Au cours du week-end, plus de 1,7 million de Hongkongais ont protesté pacifiquement contre l’influence croissante du régime chinois sur la ville. Les manifestations de masse ont commencé il y a près de trois mois. Les manifestants s’opposent à un projet de loi d’extradition permettant de transférer des personnes vers le continent pour qu’elles soient jugées par des tribunaux contrôlés par le Parti communiste chinois. Depuis lors, le projet a été suspendu mais les protestations se sont poursuivies. Elles incluent aujourd’hui des appels plus larges en faveur de la démocratie et une enquête sur l’usage de la force par la police lors de manifestations.

« Sur la base de nos enquêtes intensives, nous disposons de preuves fiables pour soutenir qu’il s’agit d’une opération coordonnée soutenue par l’État. Nous avons identifié d’importants groupes de comptes qui se comportaient de manière coordonnée pour amplifier les messages liés aux manifestations de Hong Kong », a déclaré Twitter.

Le régime chinois, par le biais de déclarations officielles et de médias d’État, n’a cessé de dénigrer les manifestants à Hong Kong, les décrivant comme des criminels devant être punis, tout en applaudissant les actions de la police de Hong Kong.

D’après Twitter, ces comptes ont accédé au réseau social par le biais de réseaux privés virtuels – des programmes couramment utilisés pour contourner le blocus d’Internet de la Chine en donnant l’impression que l’utilisateur est situé à l’extérieur de la Chine. En Chine, tous les utilisateurs en ligne ne peuvent accéder qu’à une version censurée d’Internet, débarrassée des contenus « sensibles » considérés par le régime chinois comme une menace pour son autorité.

La société a ajouté que certains comptes utilisaient des « adresses IP spécifiques non bloquées » provenant de Chine continentale pour accéder à Twitter.

En plus des 936 comptes actifs, Twitter a également ciblé un plus grand « réseau spammeur » d’environ 200.000 comptes qui ont été suspendus avant de devenir actifs sur la plate-forme.

Dans le même temps, Facebook a déclaré dans un communiqué la suppression de plusieurs pages, groupes et comptes d’un petit réseau originaire de Chine qui utilisait des « tactiques trompeuses » pour publier des messages sur les manifestations de Hong Kong.

« Les personnes à l’origine de cette campagne utilisent de faux comptes – dont certains avaient déjà été désactivés par nos systèmes automatisés – pour gérer les pages se faisant passer pour des organismes de presse, publier dans des groupes, diffuser leur contenu et aussi conduire les gens vers des sites d’information hors plateforme », selon le communiqué, attribué à Nathaniel Gleicher, responsable de la politique de cybersécurité de Facebook.

M. Gleicher a ajouté que bien que « les personnes derrière cette activité aient tenté de dissimuler leur identité, notre enquête a décelé des liens avec des individus associés au gouvernement chinois ».

La société californienne a déclaré la tenue d’une enquête après avoir reçu l’information de Twitter. Le communiqué de Facebook comprenait des exemples de contenu incriminé.

Un post montrait une image juxtaposant des manifestants de Hong Kong avec des combattants de Daech, avec un texte chinois, « Quelle est la différence ? »

Un autre post montre une image de manifestants photographiés pour ressembler à des cafards, avec le texte chinois, « Cockroach soldiers ». Le dirigeant d’un important syndicat de la police de Hong Kong avait auparavant qualifié les manifestants de « cafards », surnom qui a depuis été repris par les médias d’État chinois pour calomnier les manifestants.

 

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