Twitter, un modèle du nouveau totalitarisme de la haute technologie

Par Roger L. Simon
29 mai 2020
Mis à jour: 29 mai 2020

Je m’appelle Roger, et je suis un accro de Twitter.

J’ai essayé de me défaire de cette habitude, mais sans succès. Je devrais peut-être m’inscrire à un programme en 12 étapes pour m’affranchir de ma dépendance.

Cependant, comme ma dépendance ressemble à celle de millions de personnes qui sont devenues, sans ménagement, des accros aux médias sociaux (Twitter, Facebook, Instagram, TikTok – chacun choisit son poison) et parce que, à tort ou à raison, je crains que mon absence n’affecte négativement ma carrière littéraire, et en raison d’une certaine forme d’ennui, je persévère.

Jusqu’à aujourd’hui.

Aujourd’hui, je suis plus convaincu que jamais que ce que Twitter a fait dernièrement est le signe avant-coureur d’un avenir totalitaire de la haute technologie qui est, pour l’essentiel, déjà là. En effet, il est sur le point d’être complètement là.

Le fait que le fondateur de Twitter, Jack Dorsey, ait contrôlé l’information et ait déclaré comme étant assurément faux le tweet du président Trump sur un sujet aussi discutable que le vote par correspondance, n’était pas seulement une violation flagrante de la liberté d’expression (oui, je sais qu’il s’agit d’une société privée, mais quand même…), c’était, dans son caractère, tout droit sorti d’une version remaniée du manuel de stratégie des affaires du NKVD – ou devrais-je dire d’Alinksy.

Ciblez votre ennemi et éliminez-le. Il l’a fait, bien que Twitter soit littéralement jonché de tweets non censurés de tous les terroristes psychotiques et paranoïaques imaginables.

Lorsque Mark Zuckerberg, de Facebook, est intervenu pour dire, même si la Déclaration des Droits [ndlt : politique américaine] ne s’applique pas précisément, que des entreprises comme la sienne et celle de Dorsey ne devraient pas être des « arbitres de la vérité », @Jack a doublé la mise et a claqué ses chaussures, à la manière de Khrouchtchev.

C’était @Jack, à tort ou à raison. Il connaissait les faits et nous, les gens du commun – c’est-à-dire ceux qui ont analysé la situation autrement et/ou qui se sont fiés à d’autres sources d’information sur le sujet à part celles auxquelles il a fait référence – sommes des idiots ayant subi un lavage de cerveau.

Qu’est-ce que Jack Dorsey gagne à faire cela ? Eh bien, il est le propriétaire des lieux et c’est là que se situe le problème ? Nous sommes, depuis un certain temps, à une époque où les entreprises de haute technologie ayant une envergure mondiale peuvent littéralement faire ce qu’elles veulent. Les avis de non-responsabilité ont disparu quelque part dans « les nuages », au sens figuré et au sens propre [en référence à un cloud (nuage) informatique – ndlt].

Les résultats de cette évolution, les implications en matière de contrôle de la pensée, sont stupéfiants. On n’aura pas besoin du système de « crédit social » Orwellien du communisme chinois, puisque nous avons déjà le nôtre, plus d’un, en fait. Et nous avons même TikTok, une variété purement chinoise qui envahit nos rivages sous forme de vidéos de chatons mignons. (Faites attention !)

Les propriétaires de journaux ne peuvent pas faire cela. Ils sont légalement responsables de leur contenu. Ce n’est pas le cas de Twitter, Facebook, etc., même s’il est clair que, comme les propriétaires de journaux, ils prennent des décisions éditoriales.

Les géants des médias sociaux ont été protégés de cette responsabilité par l’article 230 de la loi de 1996 sur la décence en matière de communications (le Communications Decency Act of 1996 (CDA)), une législation adoptée à l’époque des journées salades de l’Internet, lorsque peu de gens prévoyaient comment ces entreprises allaient se transformer en monopoles mondiaux et que les préoccupations étaient différentes.

Aujourd’hui, s’ils le souhaitent, les mastodontes des médias sociaux peuvent s’en tirer avec un meurtre idéologique qui, comme l’histoire nous le montre, peut déboucher sur le meurtre physique.

Ces entreprises sont-elles donc vraiment des propriétaires de journaux déguisés ? Elles publient les idées que tout le monde émet (ou celles de la plupart d’entre nous), généralement sans rémunération. Elles fonctionnent non seulement comme les plus grands propriétaires de journaux du monde, et de loin les plus dominants, mais aussi comme une nouvelle forme d’organisation extra-gouvernementale, presque des gouvernements suprêmes en soi.

Il est extrêmement difficile de résoudre cette situation imprévue. Le président américain Trump est intervenu avec un décret visant essentiellement à restreindre l’article 230. Certains démocrates, dont Joe Biden, ont voulu faire la même chose – du moins jusqu’à ce que M. Trump le soutienne. Nous verrons bien.

M. Trump utilise manifestement sa chaire de tyran pour convaincre Twitter de jouer franc jeu, d’être un forum ouvert impartial comme le prévoyait la loi sur le Communications Decency Act. S’ils ne le font pas, il a menacé de les fermer. Il est peu probable que cela se produise.

En fin de compte, c’est au Congrès de se pencher sur cette question. Ils devraient le faire et avec beaucoup d’empressement.

Roger L. Simon – analyste politique principal du Epoch Times – est un romancier primé, un scénariste nominé aux Oscars et le co-fondateur de PJ Media. Il y a quelques années, environ dix mille abonnés ont disparu de son compte Twitter @rogerlsimon. Il n’a jamais réussi à comprendre comment cela s’était produit.

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Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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