Un acte de désespoir: un jeune handicapé s’immole par le feu à la sortie du confinement mal vécu dans les Côtes d’Armor

Par Emmanuelle Bourdy
14 juin 2020
Mis à jour: 14 juin 2020

Un acte de désespoir. Elwood, un jeune homme handicapé moteur de 31 ans s’est immolé, au sortir du confinement. Il est décédé à l’hôpital de Saint-Brieuc le 1er juin. Sa mère témoigne.

Ainsi que le relate France Bleu, d’après la mère d’Elwood, ce geste serait étroitement lié au confinement. En effet, Elwood n’aurait pas supporté d’être isolé, éloigné de ses proches. C’est sur un parking situé à moins d’un kilomètre de chez lui, à Trégueux (Côtes d’Armor), qu’Elwood s’est immolé, à côté d’un conteneur à poubelles. Après s’être aspergé d’un mélange de liquide inflammable et de gel hydroalcoolique, Elwood s’est immolé, sur son fauteuil roulant électrique. C’est une riveraine qui a prévenue les secours. Après avoir entendu des cris et vu de la fumée, elle est intervenue. Ensuite les pompiers et la police sont arrivés sur les lieux, Elwood a alors été transporté à l’hôpital de Saint-Brieuc. Il y est mort un peu après minuit, le 1er juin, brûlé à 80 %.

Un confinement très mal vécu

Sa mère, Christine, qui souhaite témoigner sur ce qui s’est passé, déclare : « C’était aussi un garçon à fleur de peau, hyper-sensible. Son mal-être l’a même conduit en hôpital psychiatrique. Malgré la présence des auxiliaires de vie, le confinement a été une période très difficile à vivre pour lui, c’était trop lourd, trop de pression. » Elle ajoute : « Au téléphone, il me disait, j’en ai marre, on ne peut pas se voir, on ne peut pas sortir. »

Christine constate douloureusement que « c’est un beau gâchis, toute une vie qui part en fumée ». « C’est moche, lui, il ne voulait rien de compliqué, il voulait une vie normale avec une famille, des enfants », lâche-t-elle.

Des signes avant-coureurs

« Un jour, il a appelé les pompiers pour dire qu’il n’allait pas bien, qu’il vivait mal le confinement. Il a été conduit à l’hôpital où il a pu parler avec un psychologue, des infirmières, il avait besoin de communiquer. Il y a passé une nuit et il a décidé de revenir chez lui », a expliqué la mère d’Elwood. Lorsque Christine est arrivée dans le logement des son fils, à Rugueux, elle a découvert le numéro de téléphone de Suicide Écoute, sur le bureau d’Elwood.

« Je l’ai eu trois-quatre jours avant son geste au téléphone, ça été très bref, avant de raccrocher, il m’a dit ‘Je t’aime’, ça n’arrivait jamais, je me dis maintenant que c’était peut-être un signe », glisse-t-elle à France Bleu. Christine précise que le confinement a fait basculer la vie de son fils. « Avant le confinement, il avait l’habitude d’aller faire ses courses au supermarché aidée par une auxiliaire, ça lui donnait un objectif », poursuit-elle.

Christine renchérit : « Aujourd’hui, je témoigne pour que son geste ne passe pas inaperçu. »  « Pendant le confinement, on nous a incité à se rapprocher des personnes seules, à prendre des nouvelles des papys, des mamies, c’est bien mais il faut continuer à le faire. Un petit sourire, un petit bonjour quand vous croisez une personne handicapée, ça ne coûte rien », estime-t-elle.

Elle continue en expliquant qu’elle avait « prévu de venir voir [son] fils le week-end du 7-8 juin, après la levée de la limite des 100 kilomètres ». « Finalement, je l’ai vu plus tôt que prévu mais à la morgue », lâche-t-elle.

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