Un an après le lynchage du chauffeur de bus à Bayonne, sa veuve déclare que les paroles de Darmanin n’étaient que du « blabla »

Par Emmanuelle Bourdy
23 juillet 2021
Mis à jour: 24 juillet 2021

Le dimanche 5 juillet, Philippe Monguillot, un chauffeur de bus bayonnais de 58 ans, était violemment agressé pendant son service. Aujourd’hui, un an après ce terrible drame, la veuve du chauffeur fait un triste bilan.

Roué de coups par quatre individus après être descendu de son véhicule pour régler un différend avec des passagers en infraction, Philippe Monguillot, un chauffeur de bus bayonnais, avait été admis à l’hôpital de Bayonne en état de mort cérébrale. Il avait succombé à ses terribles blessures quelques jours plus tard, le 10 juillet 2020.

« J’ai tout perdu ce jour-là »

« J’ai tout perdu ce jour-là. Ma vie de femme est terminée », a confié au Parisien ce mercredi 21 juillet la veuve encore très éplorée un an après la mort de son mari. Véronique, mère de trois filles, était mariée à Philippe depuis 28 ans. Elle se rappelle avec douleur que ce 5 juillet 2020, son mari avait été « tabassé au sol comme un ballon de foot ».

Quelques jours après le meurtre du chauffeur, dans un HLM du quartier Balichon, dans le centre-ville de Bayonne, les quatre suspects avaient été arrêtés par les forces de l’ordre. Deux d’entre eux ont été poursuivis pour tentative d’homicide volontaire. Ils ont été mis en examen pour meurtre et écroués. Ils sont passibles d’un maximum de trente ans de prison, mais ils contestent les faits. Les deux autres individus ont été mis en examen pour non-assistance à personne en danger, précise Le Parisien.

Ce n’était que du « blabla »

Peu de temps après cette mortelle agression, Jean-Baptiste Djebarri, Gérald Darmanin et Marlène Schiappa s’étaient déplacés à Bayonne. Le ministre de l’Intérieur avait alors affirmé que « trop souvent dans notre société, l’autorité n’est pas respectée ». Comme réponse à cette violence, il prônait l’éducation plutôt qu’une « augmentation de budget » ou « d’effectifs » de police.

Véronique, elle, réclamait plus de fermeté. Elle avait alors déclaré : « Il faut qu’ils nous entendent, il faut qu’ils bougent. Les paroles c’est bien, mais il faut des actes. Le plus important, ce sont les actes. Et très vite. Très, très vite. Il ne faut pas attendre, il faut taper du poing sur la table. »

Un an plus tard, Véronique Monguillot fait le bilan de cette visite et exprime dans les colonnes du Parisien que le discours du ministre n’était que du « blabla ».

 « J’ai fait cette promesse à Philippe »

Un an plus tard, la veuve Monguillot réalise que le réel soutien lui vient des Français, touchés par cette tragédie. Ce soutien « citoyen » c’est tous les messages qu’elle a reçus via les réseaux sociaux, mais aussi les nombreuses cartes postales et les fleurs.

Véronique attend avec impatience une « justice exemplaire ». Après le passage à tabac de son mari, Véronique a compris qu’il ne sortirait jamais du coma parce que « ses fonctions vitales étaient détruites », elle avait alors fait une promesse à Philippe. « J’ai respecté ses dernières volontés. Philippe est parti tranquillement le 10 juillet, à 17 h 23 », a-t-elle confié au Parisien.

Véronique Monguillot a depuis fondé une association. Par le biais de celle-ci, elle veut « proposer des mesures » pour protéger les chauffeurs de bus qui « travaillent la peur au ventre ». Elle a par ailleurs indiqué au Parisien que certains chauffeurs de bus avaient fait « 1 000 km pour assister à l’hommage que nous avons organisé le 10 juillet dernier ».

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