Un gouverneur dans la Chine antique soigne les patients atteints de la peste

Xin Gongyi évite l'infection et remédie en même temps à une coutume locale cruelle
Par Cindy Chan
11 mai 2020
Mis à jour: 11 mai 2020

Lorsque Xin Gongyi est entré dans sa nouvelle fonction de gouverneur de Minzhou, il a été profondément troublé par une coutume locale cruelle.

Les habitants craignaient tellement la maladie que, lors d’une épidémie, les membres de la famille n’hésitaient pas à abandonner leurs proches en détresse pour sauver leur propre vie.

C’était pendant la dynastie Sui (581-618) dans la Chine antique alors que le devoir filial avait déjà été établi depuis des centaines d’années comme un principe central de la société chinoise traditionnelle.

Xin Gongyi a fait de son mieux pour corriger cette situation, donnant l’exemple en s’occupant lui-même des personnes infectées en première ligne.

Mais ce n’est qu’après une grande épidémie dans la région qu’il a fait une percée. Non seulement il est resté indemne, mais sa compassion et sa générosité tout au cours de l’épidémie ont véritablement ému les habitants, au point qu’ils ont changé de comportement.

Un célèbre médecin a plus tard cité le gouverneur Xin comme un exemple à suivre pour les responsables gouvernementaux.

Un fonctionnaire talentueux et attentionné

Xin Gongyi était un étudiant assidu dès son plus jeune âge, sa mère veuve lui ayant enseigné personnellement l’histoire et les classiques.

Il était issu d’une famille prestigieuse, son grand-père et son père avaient tous deux occupé des postes respectés de gouverneurs dans différentes provinces. Xin Gongyi était lui-même très admiré pour ses connaissances et ses opinions. Ses discussions avec d’autres érudits confucéens pendant ses études lui avaient acquis un certain prestige.

Xin Gongyi était également honnête et droit, il avait un grand sens des responsabilités. Il était un fonctionnaire talentueux pendant la dynastie Sui et occupait des postes de haut niveau dans différentes régions de Chine avant d’être nommé gouverneur de Minzhou.

Minzhou est situé dans l’actuelle province du Gansu, dans le nord-ouest de la Chine. Sa coutume d’abandonner les parents malades a commencé pendant la période dynastique précédant la dynastie Sui.

Lorsque Xin Gongyi est arrivé à Minzhou, il a été bouleversé d’apprendre l’existence de cette coutume, où la conscience et les sentiments d’affection et de loyauté disparaissaient et où les principes des relations humaines et de la piété filiale étaient remplacés par le désir d’auto-préservation des gens. Plusieurs personnes malades sont mortes par manque de soins.

Xin Gongyi a donc décidé d’envoyer des subordonnés pour inspecter les différents districts de Minzhou et identifier les cas de malades abandonnés. Il a ordonné qu’ils soient transportés dans son propre bureau, où il a fait aménager un espace pour qu’ils puissent y rester et être soignés.

« La vie et la mort sont arrangées par le destin »

Lorsque l’été est arrivé, une épidémie a éclaté et plusieurs centaines de personnes ont été infectées. Xin Gongyi les a hébergées en remplissant le hall principal et les couloirs de son bureau de lits de malades. Il y a installé un canapé qu’il utilisait également comme lit, il s’est occupé des affaires officielles parmi ses invités atteints de la peste.

Xin Gongyi utilisait son propre salaire pour acheter des médicaments et engager des médecins pour soigner les patients. Il aidait même à soigner les patients.

Peu à peu, ils se sont tous rétablis et Xin Gongyi a convoqué les familles pour qu’elles ramènent leurs proches à la maison. Il leur a aussi parlé sincèrement de leur coutume.

« La vie et la mort sont arrangées par le destin et avoir des contacts avec les malades ne vous mettra pas nécessairement en danger », a-t-il dit.

« Dans le passé, les membres de la famille abandonnaient leurs proches malades, beaucoup mouraient dans ces circonstances. Cette fois, comme vous pouvez le voir, j’ai amené ici toutes les personnes malades et j’étais avec elles jour et nuit. Pourtant, je n’ai pas succombé à la maladie et je suis en bonne santé et en sécurité, sans compter que les patients se sont tous rétablis », a dit Xin Gongyi à tout le monde.

« Il ne faut plus abandonner ceux qui sont malades. Renoncez à cette coutume du passé », a-t-il conseillé.

Une note du médecin à tous les fonctionnaires du gouvernement

Les membres des familles avaient tous honte en entendant les paroles de Xin Gongyi. Ils l’ont remercié et ont pris ses paroles à cœur. Après la peste, les habitants de Minzhou ont aboli leur coutume et ont commencé à prendre soin les uns des autres avec bonté et dévotion filiale.

L’histoire de Xin Gongyi est résumée dans le texte médical Songfeng Shuoyi, ou Songfeng sur les maladies épidémiques, écrit par Liu Kui, un célèbre médecin de la dynastie Qing utilisant Songfeng comme pseudonyme.

Liu Kui a aussi rendu hommage à Xin Gongyi dans son livre, en écrivant : « La raison pour laquelle Xin Gongyi n’a pas été infecté par l’épidémie est qu’il était un fonctionnaire intègre, honorable, charitable et bienveillant. C’était sa récompense karmique. »

« Tous les responsables gouvernementaux à travers le monde doivent être au courant de cet exemple », a conclu Liu Kui.

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