Un homme jadis sans-abri trouve un appartement grâce à un programme qui paie les sans-abris pour ramasser les ordures dans sa ville

Par Robert Jay Watson
30 novembre 2019 Mis à jour: 30 novembre 2019

Alors qu’une véritable épidémie urbaine de sans-abri a fait son apparition et se propage à travers les États-Unis, des villes comme Los Angeles en Californie ou Austin au Texas voient éclore en périphérie de véritables villages de toiles de tentes. La ville de Little Rock, en Arkansas, a trouvé une solution ingénieuse pour venir en aide aux personnes sans-abri afin qu’elles puissent pour se réinsérer dans la société et prendre un nouveau départ.

Pour répondre au besoin de réintégration dans la communauté, la ville a adopté au printemps 2019 une ordonnance qui offre une voie vers le logement par le travail. Le programme, qui s’est vu attribuer la somme de 75 000 euros et qui est géré par l’église communautaire Canvas, offre aux sans-abri un salaire minimum pour ramasser les ordures dans la ville.

Pour Roy Rawls, dont le rêve de devenir coiffeur a été brisé par des problèmes d’argent qui l’ont laissé dans la rue, le programme lui a donné un nouvel appartement et la possibilité de retourner à l’école.

Le pasteur  Paul Atkins de la Canvas Community Church a aidé à diriger le programme. « Nous voulons les aider à passer à l’étape suivante », a déclaré M. Atkins aux membres du Conseil municipal, selon THV11. « Il y a beaucoup d’obstacles à surmonter sur leur route pour passer de l’itinérance et la mendicité au travail à temps plein », d’où le nom du programme : Bridge to Work (un pont vers le travail).

Pour Roy Rawls, c’est une tragédie familiale aggravée par des problèmes de santé qui l’ont empêché de faire les études qu’il voulait. « Ma mère est décédée et je me suis retrouvé à la rue », explique-t-il. L’apparition du diabète a aggravé la situation. Son médecin lui a recommandé le programme Bridge to Work et l’a aidé à remplir les formulaires en ligne.

Bien que le salaire horaire de 8,50 euros ne soit pas très élevé, il donne aux sans-abri une chance de commencer à épargner pour améliorer leur vie. Pour M. Rawls, la chance d’avoir de nouveau une maison est un luxe. « Dans la rue, je suis matraqué par tous les temps, balayé par la pluie et le vent, alors je dois absolument retrouver un intérieur. »

Mais plus qu’un simple refuge contre les intempéries, une maison signifie aussi qu’il peut commencer à travailler pour réaliser son rêve de terminer ses études de coiffeur. « Je garde 9 ou 10 paires de tondeuses sur moi en tout temps, pour pouvoir m’occuper de n’importe quel travail qui se présente », explique M. Rawls. Il promet qu’il peut satisfaire n’importe quel client. « Que ce soit avec des ciseaux, des rasoirs, des tondeuses. Faites simplement votre choix, et vous êtes assuré d’une bonne coupe », dit-il.

L’histoire de M. Rawls est l’une de celles qui ont résulté du programme Bridge to Work, qui a d’ailleurs connu un tel succès que la ville de Little Rock a prolongé le programme pour six mois supplémentaires. Au cours de sa période d’exploitation initiale, il y a eu « un total de 130 sites nettoyés, 1 821 heures de travail et 2 056 sacs de déchets [collectés] », par THV11.

Bridge to Work a abordé des sans-abri qui mendiaient pour leur expliquer les modalités du programme : un petit salaire pour quelques heures de travail honnête. Même si tout le monde n’y a pas adhéré, le programme a clairement commencé à créer un grand changement dans la vie de ceux qui, comme M. Rawls, l’ont suivi.

Comme le pasteur Paul Atkins le souligne, l’expérience du tutorat est tout aussi importante que l’argent, si ce n’est plus. « Vous savez, c’est le genre de choses que vous et moi avons probablement reçues de nos familles, de nos églises, de nos synagogues et de nos écoles », a-t-il dit.

« Nos membres ont perdu cela, soit parce qu’ils ont fait quelque chose pour couper les ponts, soit parce que les ponts se sont coupés derrière eux, ils ont juste besoin de ce soutien supplémentaire. »

Avec le maire de Little Rock, Frank Scott Jr., qui appuie entièrement l’initiative et l’assemblée de la Canvas Community Church, il y a tout lieu d’espérer que M. Rawls sera l’un des nombreux à prendre un nouveau départ.

RECOMMANDÉ