Un infectiologue prévient, lorsqu’on sera déconfinés «le virus circulera encore, et il faudra absolument se protéger»

Par Emmanuelle Bourdy
7 avril 2020
Mis à jour: 7 avril 2020

Le discours par rapport au port du masque évolue progressivement dans les propos de ceux qui nous dirigent. En effet, le gouvernement ainsi que le directeur général de la Santé tendent maintenant à conseiller le port du masque, afin de lutter contre la propagation du coronavirus.

Interrogé par France Info, François Bricaire, infectiologue et membre de l’Académie de médecine, s’est exprimé ce lundi 6 avril, à propos du port du masque. « Tout tissu est susceptible de freiner ou d’arrêter la contamination », précise-t-il avant d’ajouter que même « une écharpe, un bandana bien serré » feront l’affaire.

Même si par le passé, plusieurs études se montraient discordantes sur le port ou non du masque, François Bricaire, lui, admet aujourd’hui son utilité. Il reconnaît que « les masques se révèlent plus nécessaires que ce qui était prévu, supposé, il y a quelque temps ». Il rappelle par ailleurs que « quand on sera déconfinés, le virus circulera encore, et il faudra absolument se protéger pour ne pas risquer de le transmettre à des personnes qui n’ont pas été malades ».

Il admet également que la pénurie de masques a eu pour conséquence de les distribuer d’abord aux personnes prioritaires (notamment les soignants). « La disponibilité et la livraison en masques étant insuffisantes, il fallait les réserver à des prioritaires. Donc, ne pas privilégier un port systématique », admet-il.

François Bricaire « ne sais pas s’il sera obligatoire » de porter un masque lors du déconfinement, il espère cependant « que les gens se disent eux-mêmes qu’ils ont intérêt à avoir un masque même s’il est alternatif ».

Concernant la question de l’utilisation de l’hydrochloroquine, il répond à France Info que « cela permettrait aux médecins, qui le souhaitent, dans les formes encore peu sévères mais hospitalisées, de prescrire de la chloroquine ». Un manifeste a été lancé pour permettre l’utilisation de ce médicament, et ce, malgré le fait qu’« on ne sait pas s'[il] est efficace ou pas, en milieu hospitalier ». Il avoue de plus que, s’il était lui-même chef de service, il ne s’abstiendrait pas de l’utiliser.

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