Un internaute condamné pour des menaces envers Marlène Schiappa :« Je ne pensais pas que ça allait aller aussi loin »

Par Séraphin Parmentier
11 septembre 2019 Mis à jour: 11 septembre 2019

Le prévenu comparaissait pour un commentaire écrit le 8 janvier sous un billet publié dans un groupe Facebook public consacré aux « Gilets jaunes ».

Ce mardi, un homme de 44 ans habitant dans l’Oise comparaissait devant le tribunal correctionnel de Compiègne pour des commentaires publiés sur un groupe Facebook public de « Gilets jaunes » au début du mois de janvier, rapporte Le Courrier Picard.

Sous un billet évoquant la volonté de Marlène Schiappa d’identifier les donateurs de la cagnotte en ligne en faveur de Christophe Dettinger, le prévenu avait écrit : « Grosse p*****, on va te couper la tête. » La secrétaire d’État avait porté plainte contre lui.

Le quadragénaire s’en était également pris verbalement à Emmanuel Macron, écartant l’idée d’une démission avant de déclarer : « Une balle, c’est mieux. »

« Tout n’est pas permis sous couvert d’anonymat »

Le tribunal correctionnel de Compiègne a reconnu l’accusé coupable de « provocation non suivie d’effet au crime ou délit par voie électronique » et l’a condamné à une amende de 800 euros, dont 400 euros avec sursis.

Il devra également verser 150 euros de dommages et intérêts à la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, ainsi que 600 euros au titre des frais de justice engagés par Mme Schiappa.

« C’était une vraie menace, de l’ordre du possible », a plaidé l’avocat de la secrétaire d’État, Maître Éric Morain, pendant l’audience.

« […] Tout n’est pas permis sous couvert d’anonymat. Un réseau social a un caractère public. Cela aurait pu avoir des conséquences dramatiques », a pour sa part souligné le procureur de la République de Compiègne Antoine Perrin.

« Je me réjouis que ce type de propos soient condamnés », confiait d’ailleurs Me Morain à l’AFP après le prononcé du jugement tout en affirmant qu’il ne devait pas y avoir « d’impunité de clavier ».

Sans emploi, le prévenu n’avait jamais été condamné auparavant. Pendant sa garde à vue, il avait indiqué que « [ses] mots avaient dépassé [sa] pensée », indique Le Parisien. « Je ne pensais pas que ça allait aller aussi loin », avait-il ajouté.

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