Un organisme à but non lucratif aide à éradiquer la pauvreté grâce à l’éclairage solaire : « Ça change la donne »

Par Louise Bevan
27 septembre 2020
Mis à jour: 27 septembre 2020

Une organisation à but non lucratif basée à Chicago a « illuminé la vie » de milliers d’individus dans le monde entier qui étaient plongés dans l’obscurité, en leur fournissant un éclairage à l’énergie solaire.

Tout a commencé lorsqu’une mère de cinq enfants, Nancy Economou, a accompagné son mari lors d’un voyage d’affaires aux Philippines en 2009.

« Pendant que j’étais là-bas, j’ai rencontré une jeune fille qui avait des cicatrices et des brûlures sur tout le visage, et on lui mettait du dentifrice là-dessus », a déclaré Nancy dans une entretien avec le projet One Of a Million.

Nancy se rappelle avoir demandé ce qui se passait et on lui a répondu que la jeune fille s’était brûlée à cause de l’utilisation d’une lampe à kérosène que les villageois utilisent comme source de lumière pour compléter leur travail et leurs tâches ménagères, tout cela en raison de l’absence d’alternatives.

Nancy Economou, la fondatrice de Watts of Love. (Avec l’aimable autorisation de Watts of Love)

« Je suis rentrée de ce voyage et je me suis sentie interpellée à rendre accessibles des lumières solaires aux gens », s’est réjouie Nancy. Lentement mais sûrement, son rêve s’est concrétisé.

Nancy a ensuite fondé Watts of Love à l’été 2012, en dehors de Chicago. Bien qu’elle n’ait pas de formation en éclairage ou en technologie, elle s’est mise au travail en créant son association à but non lucratif en collaboration avec des experts dans le domaine.

(Avec l’aimable autorisation de Watts of Love)

La lumière solaire originale de Watts of Love comprenait un panneau solaire ainsi qu’une capacité MP3 et radio pour que les gens puissent écouter les nouvelles. En 2018, Nancy a conçu et breveté une nouvelle lumière, plus petite et plus légère. Après une journée entière à se recharger au soleil, explique une critique du produit sur YouTube, la lampe peut fournir jusqu’à 120 heures de lumière à son niveau le plus bas.

« Ils peuvent physiquement porter cette nouvelle lumière sur leur corps ou sur leur tête, et avoir les mains libres », a déclaré Nancy au projet One Of a Million. « Cela ne semble pas être un gros problème, mais c’est un gros problème. Ça change la donne. »

(Avec l’aimable autorisation de Watts of Love)

La toute première ambition de Nancy était de retourner aux Philippines pour rembourser la communauté qui l’avait inspirée à lancer ce projet de rêve. Depuis lors, un certain nombre de réussites ont marqué la famille Watts of Love comme des résultats exemplaires de leur mission.

(Avec l’aimable autorisation de Watts of Love)

L’équipe a rencontré Daisy, une mère de deux enfants vivant dans la pauvreté, après qu’elle a été désignée comme leur « traductrice locale » en Haïti. Ils lui ont offert une lumière solaire, mais Daisy, dépassée par les circonstances, ne réalisait pas encore son potentiel.

(Avec l’aimable autorisation de Watts of Love)

Un an plus tard, Watts of Love est de retour. Daisy était une femme changée.

« Daisy avait acheté des poulets », explique l’équipe tout en racontant leur réussite, « payé les factures médicales de ses enfants et les a mis à l’école ». Ne dépendant plus du kérosène, Daisy avait économisé de l’argent et prospérait.

Cependant, il n’y a pas que Daisy dont la vie a changé pour le mieux ; Watts of Love a livré plus de 40 000 lumières à des personnes et des familles dans le besoin à travers 46 pays, ce qui a eu un impact sur leur vie d’innombrables façons.

(Avec l’aimable autorisation de Watts of Love)

« Une lumière n’est pas seulement une lumière », a déclaré Watts of Love sur Facebook, dans l’une des nombreuses mises à jour sur les missions à l’étranger ; « des volontaires enseignent aux bénéficiaires de la lumière solaire qu’ils peuvent économiser de l’argent en n’achetant pas de kérosène dangereux pour obtenir de l’éclairage », ont-ils écrit. « Ils peuvent utiliser cet argent pour enrichir le statut économique de leur famille. »

Depuis peu, l’association change aussi la vie des gens plus près de chez elle. Au lendemain de l’ouragan Laura, l’équipe de Watts of Love s’est rendue dans le sud-ouest de la Louisiane en septembre, armée de 600 lampes solaires, à la recherche des familles et des individus de Lake Charles et des communautés environnantes.

Nancy a collecté des fonds et réuni une équipe de 10 bénévoles. Avec l’aide d’United Airlines, qui a fait don des miles aériens pour permettre à l’équipe de se rendre en Louisiane et d’en revenir, ils se sont embarqués dans la mission d’aider ceux dans le besoin.

« J’ai assisté à de nombreuses catastrophes – aux Philippines, au Népal, au Mozambique, à Porto Rico, aux Bahamas et au Texas », a déclaré Nancy, selon un communiqué de presse. « J’ai vu beaucoup de destruction, mais je n’ai jamais vu de tel. Les gens sont vraiment dans le besoin. »

« Il y a tellement de ravages », a réfléchi Nancy, s’adressant à KPLC 7, « et Watts of Love est vraiment axé sur les personnes âgées et vivant seules. »

Ensemble, ils souhaitent apporter de la lumière dans la vie de ceux qui vivent en Louisiane.

(Avec l’aimable autorisation de Watts of Love)

Selon Nancy, le fait de savoir qu’il y a environ un milliard de personnes dans le monde qui sont prises dans l’obscurité après le coucher du soleil, lui donne un sentiment d’urgence.

« Nous avons fait une étude de synthèse avec la NYU en janvier 2018 sur les impacts de Watts of Love en Haïti », a-t-elle expliqué au projet One Of a Million, « et l’étude a montré que les deux plus grands facteurs qui sont ressortis de la distribution de la lumière étaient l’estime de soi et la liberté économique. »

« Qui aurait cru que vous pourriez créer ces changements avec une lumière solaire ? » s’est exclamée Nancy. « Vous pouvez littéralement sortir une famille de la pauvreté en une génération. »


(Avec l’aimable autorisation de Watts of Love)

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