Un petit village français des Pyrénées perd 24 hectares de son territoire au profit de la principauté d’Andorre : « C’est une honte »

Par Séraphin Parmentier
14 septembre 2019 Mis à jour: 15 septembre 2019

Le maire de Porta affirme avoir été « mis devant le fait accompli » et avoir appris la nouvelle dans la presse en revenant de ses congés estivaux. Une situation qu’il juge inadmissible. 

Situé à la frontière avec Andorre, le village de Porta, dans les Pyrénées-Orientales, a perdu 24 hectares de son territoire au profit de la principauté cet été.

En rentrant de vacances courant juillet, le maire de Porta Marius Hugon a en effet découvert avec stupeur que de nouvelles bornes frontières avaient été posées pour délimiter la frontière franco-andorrane. Le village a donc dû céder 24 hectares à la commune voisine de Pas-de-la-Case : la source de l’Ariège se trouve désormais de l’autre côté de la frontière et le lac de Font-Nègre est coupé en deux.

À l’automne 2017, l’édile avait déjà regretté de ne pas avoir été prévenu lorsqu’un agent du ministère de l’Intérieur était venu pour mettre la dernière main au nouveau tracé.

« Nous n’avons jamais été consultés sur le tracé de la nouvelle frontière. Cela s’est fait d’État à État. Quand le traité a été signé en 2012 [sous la présidence de François Hollande, ndlr], nous avions demandé, nous les maires des deux cotés, d’être présents. La Police aux Frontières nous a assuré qu’ils viendraient et nous le diraient. Et puis, le 17 juillet dernier, j’ai appris par hasard, que les bornes avaient été posées pour délimiter la nouvelle frontière », a expliqué M. Hugon dans les colonnes de Midi Libre.

« J’en veux à l’État français qui ne nous a pas soutenus ni défendu la frontière telle qu’elle était autrefois » a renchéri l’édile sur les ondes d’Europe 1. « Ça me fait mal au cœur », ajoute-t-il.

« La prochaine fois, ils n’ont qu’à donner toute la commune, comme ça je serai Andorran », poursuit Marius Hugon dans les colonnes de Ouest-France. Une colère partagée par l’un de ses administrés : « C’est une honte de voir qu’on nous vole le territoire ! Ce n’est pas possible ! »

Le maire de Porta va demander des comptes à Emmanuel Macron

En visite dans la principauté andorrane – dont il est le co-prince « au nom d’une tradition qui remonte à Charlemagne », écrit l’AFP – ce vendredi, Emmanuel Macron n’avait toutefois pas prévu de rencontrer M. Hugon.

Ce dernier compte néanmoins demander au président français que les terres passées de l’autre côté de la frontière fassent l’objet d’une rétrocession à sa commune.

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