Un singe amazonien « perdu » à fourrure dorée repéré par des scientifiques pour la première fois en 80 ans : « C’était fantastique ».

Par Louise Bevan
8 mars 2020
Mis à jour: 8 mars 2020

Le singe saki à visage chauve de Vanzolini a échappé aux scientifiques pendant plus de 80 ans. Pourtant, une apparition rare au cours d’une expédition en Amazonie a provoqué un regain d’intérêt de la part de la communauté scientifique pour cette espèce méconnue.

« C’était fantastique », a déclaré le Dr Laura Marsh, directrice du Global Conservation Institute (l’Institut mondial de recherche) et chef de l’expédition amazonienne, lors d’un entretien avec le National Geographic. « Je tremblais et j’étais si excitée que je pouvais à peine prendre une photo. »

Le singe, qui porte le nom du zoologiste brésilien Paolo Vanzolini, a été repéré pour la première fois par le naturaliste équatorien Alfonso Olalla en 1936. Selon le Huffington Post, une expédition dans la forêt tropicale brésilienne, deux décennies plus tard, n’avait découvert que des carcasses, faisant craindre que les sakis chauves de Vanzolini avaient disparu.

Au début de l’été 2017, une équipe de spécialistes a commencé à enquêter.

La mission scientifique, baptisée « Houseboat Amazon », était composée d’une équipe d’experts des États-Unis, du Brésil, du Mexique, de la Colombie et du Royaume-Uni, selon bioGraphic. Sept primatologues ont collaboré avec des vétérinaires, des photographes et des guides lors de leur départ de Deus é Pai sur la rivière Eiru au Brésil, près de la frontière péruvienne.

C’est le quatrième jour d’une étude de trois mois sur les mammifères et les primates de la région que le singe saki à visage chauve de Vanzolini a fait son heureuse réapparition.

Les sakis à visage chauve se distinguent des autres variantes par leur fourrure noire et dorée, leur tête recouverte de poils, leur queue touffue qui ne peut pas s’agripper et leur façon de courir comme un chat le long des branches des arbres, selon le National Geographic,

C’est le guide de terrain expérimenté Ivan Batista qui a remarqué le singe furtif au milieu de la canopée.

« De loin, nous avons vu le contour d’un singe noir avec une longue queue touffue qui nous surveillait depuis une branche surplombant le plan d’eau », explique la journaliste Christina Selby, qui écrit pour bioGraphic.

« À notre approche, poursuit-elle, il se tenait debout, marchait comme un chat à quatre pattes, ses membres étaient recouverts d’une fourrure dorée caractéristique. Puis il sautait du bord du canal et disparaissait dans la sombre forêt ».

Les membres de l’équipe se sont félicités les uns les autres, ravis de cette observation inattendue.

Au cours des 21 jours suivants, l’équipe a réalisé 20 observations du groupe de saki. Selon le Huffington Post, malgré l’enthousiasme de l’équipe, la poursuite des recherches dans la région a permis d’identifier de nombreuses menaces pesant sur le territoire amazonien des singes, principalement la chasse, la déforestation et d’autres types d’interférences humaines.

Mme Marsh a noté que, heureusement pour les primates, les habitants du coin ne semblent pas apprécier le goût de la viande de saki. « Si l’intervention humaine reste au niveau de l’impact actuel », explique Laura Marsh dans un rapport sur l’expédition publié par Mongabay, « ce n’est pas idéal pour la préservation de l’espèce Vanzolini, mais en fin de compte, cela ne tuera pas l’espèce entière ».

« Les hommes ne peuvent tout simplement pas les attraper tous », a-t-elle déclaré.

©Shutterstock | QualityStockVideo

L’exploitation forestière, cependant, éradique un grand nombre d’arbres que les singes peuvent utiliser comme source de nourriture ou comme abri. Face à la déforestation croissante, l’équipe du Houseboat Amazon craint pour l’avenir du singe saki à visage chauve de Vanzolini.

Mme Marsh est tombé amoureuse des sakis de la réserve de biosphère Yasuní en Équateur lors de ses études supérieures en 2001, selon bioGraphic. Alors qu’elle menait une enquête sur les primates dans cette région, elle a croisé par hasard le regard d’un singe qu’elle n’avait jamais vu auparavant : un saki.

« Au départ, nous avons entrepris de retrouver cette espèce perdue », a expliqué Mme Marsh en 2017, selon le National Geographic. Mais l’équipe, a-t-elle ajouté, ignorait qu’elle allait redécouvrir les sakis chauves de Vanzolini aussi rapidement.

En 2020, alors que la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN n’a pas encore officiellement classé le statut de l’espèce saki, la population de ce primate a tendance à « diminuer ».

L’exploitation forestière et la chasse restent les plus grandes menaces pour la survie de ces primates. La réapparition des sakis après 80 ans de présence dans la forêt amazonienne est cependant prometteuse.

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