Un trou dans la couche d’ozone s’est ouvert au-dessus de l’Arctique dû à des conditions atmosphériques inhabituelles

Par Emmanuelle Bourdy
9 avril 2020
Mis à jour: 9 avril 2020

Un trou dans la couche d’ozone a été découvert par les scientifiques. Situé au dessus de l’Arctique, ce phénomène a été détecté grâce au satellite européen Copernicus Sentinel-5P, qui surveille la composition de l’atmosphère.

D’après les données du satellite, l’apparition de ce trou est dû à un appauvrissement en ozone « exceptionnellement fort » dans cette région. De plus, même si la taille de ce trou est moindre, un tel phénomène est rare au pôle Nord.

Claus Zehner, responsable du satellite Sentinel-5P, mentionne : « Nous n’avions jamais observé un trou d’ozone de cette taille au-dessus de l’Arctique » depuis 1995, ainsi que le rapporte Libération.

L’Agence Spatiale Européenne (ESA) précise : « Dans les dernières semaines, des scientifiques de l’agence spatiale allemande (DLR) ont remarqué un appauvrissement en ozone exceptionnellement fort au-dessus de la région du pôle Nord. »

Le rôle de la couche d’ozone est de protéger la terre des rayonnements ultraviolets du Soleil. Au niveau des pôles, cette couche d’ozone est plus fine et varie en fonction des saisons. « Si les deux pôles subissent des pertes d’ozone durant l’hiver, l’appauvrissement de l’ozone arctique tend à être significativement moindre que celle de l’Antarctique », indique l’ESA.

Ce trou s’est formé en raison de conditions atmosphériques inhabituelles. En effet, à la fin de l’hiver, les vents puissants de la stratosphère auraient emprisonné de l’air froid dans un « vortex polaire », qui est un cyclone massif se formant chaque hiver dans la stratosphère arctique. Les premiers rayons du soleil qui sont apparus à la fin de l’hiver auraient entraîné un appauvrissement de la couche d’ozone et l’apparition de ce trou.

Avec la remontée des températures dans la région du pôle Nord, ce trou devrait se résorber d’ici mi-avril d’après les scientifiques.

Le chercheur Diego Loyola, du DLR (Centre allemand pour l’aéronautique et l’astronautique) précise toutefois que « le trou qu’on observe au-dessus de l’Arctique cette année a une extension maximum de moins d’un million de kilomètres carrés », alors que « le trou de l’Antarctique peut atteindre une taille de 20 à 25 millions de km² pendant une période normale de trois ou quatre mois ». La différence est donc incomparable, le trou formé au dessus de l’Arctique est minime comparé à celui qui est apparu il y a quelques décennies au dessus de l’Antarctique.

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