Fermée depuis 20 ans, une ancienne décharge du Havre continue de déverser des déchets à la mer

Par Epoch Times avec AFP
8 août 2019 Mis à jour: 9 août 2019

L’ ancienne décharge privée du Havre de Dollemard, située en contrebas d’une falaise, est fermée depuis près de vingt ans et continue de déverser chaque année des dizaines de mètres cubes de déchets à la mer. La municipalité espère trouver une solution d’ici le printemps prochain.

Située près d’une falaise de 80 mètres de haut, cette ancienne décharge, à l’origine une propriété du BTP, déverse « entre 30 et 80 m3 par an » de déchets dans la mer, selon une estimation communiquée par la Ville du Havre.

Mais depuis sa fermeture en 2000, les pouvoirs publics continuent de chercher une solution pour « rendre la falaise à la nature ». Ce lieu, fragilisé par l’érosion, est situé sur un site classé Natura 2000.

En 2011, une première étude avait été lancée par la mairie, mais in fine, « le document soulevait des obstacles techniques et un coût important pour extraire les déchets », soulignait en 2018 Marc Migraine, adjoint au maire.

Et la fragilité de la falaise rend la recherche de solutions techniques d’autant plus complexe.

Pour une extraction complète des déchets et la remise en état du site, l’étude tablait sur un coût hors taxe situé entre 17 et 21,5 millions d’euros. Et pointait déjà le risque « de déstabilisation de la falaise » en cas d’excavation.

Figés, les gravats et déchets « tiennent la falaise », a souligné jeudi la mairie. En revanche, l’érosion et les marées provoquent le rejet en mer de métaux, plastique et caoutchouc.

90% des déchets sont inertes. Ce sont les 10% restant qui posent problème, souligne la mairie.

La municipalité du Havre, qui n’entend pas pour autant lâcher le dossier, a demandé des études complémentaires et espère avoir toutes les cartes en main pour prendre une décision d’ici le printemps prochain.

Une première phase d’étude, débutée fin 2018, a ainsi permis d’identifier la nature des déchets présents : terres, gravats, plastiques, métaux et caoutchoucs issus du secteur du BTP, situés dans un « environnement particulièrement instable et peu accessible » pour un volume de déchets « entre 300 000 et 400 000 m3 ».

Deux solutions ont été avancées : une première, par excavation, viserait à traiter le risque environnemental en retirant 200 000 m3 de déchets, pour un coût de 14,6 millions d’euros (7,1 millions si les matériaux sont recyclés).

L’autre solution consisterait à créer une digue par enrochement avec des travaux compris entre 3,2 et 4,5 millions d’euros tous les 30 ans.

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