Une boulangerie a voulu servir ses derniers clients quelques minutes après le couvre-feu, elle écope d’une fermeture administrative

Par Emmanuelle Bourdy
7 mars 2021
Mis à jour: 7 mars 2021

Dans le sud de Paris, une pâtisserie s’est vu imposer une fermeture administrative parce que ses portes étaient restées ouvertes quelques minutes après l’horaire du couvre-feu. D’autres commerces ont été traités de la même manière pour avoir baissé le rideau trop tardivement.

James Fairier est pâtissier et sa boulangerie a été fermée administrativement car il avait dépassé le couvre-feu d’une quinzaine de minutes, rapporte BFMTV. Sa boutique, située dans le Sud de Paris et dont il est responsable, vient seulement de rouvrir après les 15 jours de fermeture administrative.

Quinze jours auparavant, sa vendeuse l’appelle en panique et l’informe qu’une patrouille de police vient de passer, il était presque de 18 h 20 et « il restait trois clients dans le magasin », nous explique le responsable. « Ils n’ont même pas verbalisé les clients qu’il y avait. Ils nous ont dit de faire partir les clients et de fermer le soir même. Et impossible de rouvrir le matin », souligne-t-il, jugeant la mesure « complètement disproportionnée ».

Comme il a dû fermer sur-le-champ, « beaucoup de matières premières » ont été jetées, sans compter qu’il a fallu « payer les salariés en congés payés parce qu’on a aucune aide », ce qui a généré « une grosse perte de chiffre », explique encore James Fairier à BFMTV.

Dominique Enract, président de la confédération nationale de la boulangerie et pâtisserie française, renchérit : « Le boulanger ne va pas compter les 8 à 10 baguettes qu’il va vendre en 10 minutes. C’est surtout ce lien social qui est encore plus fort dans ces crises. Le boulanger est très malheureux de ne pas pouvoir dépanner un client qui arrive avec 10 minutes de retard. »

Colette, une cliente résidant dans le quartier, considère cette décision comme « complètement débile ». « Un quart d’heure, ce n’est quand même pas la mer à boire et puis une fermeture de quinze jours, c’est énorme », s’indigne-t-elle.

« On venait d’ouvrir, donc on avait une bonne clientèle », regrette encore James Fairier. Dominique Enract affirme par ailleurs que depuis que les fermetures administratives tombent, les boulangers sont devenus plus vigilants et ferment désormais à 18 h pile, précise encore BFMTV.

Soutenez Epoch Times à partir de 1€

Vous pouvez nous aider à vous tenir informés

Pourquoi avons-nous besoin de votre soutien ? Parce que Epoch Times est un média indépendant ne recevant aucune aide de l’État et n’appartenant à aucun groupe politique ou financier. Un journalisme indépendant et gratuit est de plus en plus difficile à obtenir en ces temps où la vérité est à la fois de plus en plus nécessaire et de plus en plus censurée. C’est pourquoi nous avons besoin de votre soutien. Chaque don est important et vous ouvre le droit à une déduction fiscale de 66%.

RECOMMANDÉ