Une épidémie de tuberculose touche des dizaines de personnes dans une université chinoise

Par Alex Wu
18 octobre 2020
Mis à jour: 18 octobre 2020

Alors que la pandémie de Covid-19 continue de faire des ravages dans le monde entier, une série de foyers de tuberculose dans une importante université chinoise a été révélée par le biais de messages et de reportages dans les médias locaux. Le journal Epoch Times a également interviewé quelques étudiants et obtenu des documents internes du gouvernement qui révèlent que les autorités locales ont tenté de dissimuler l’épidémie de tuberculose.

La tuberculose est une maladie infectieuse respiratoire qui provoque généralement une infection pulmonaire. Les personnes atteintes de tuberculose ne présentent pas de symptômes. Sans traitement approprié en temps voulu, 10 % des patients atteints de cette infection évolueront vers une tuberculose active, avec un taux de mortalité de 50 %, selon l’Organisation mondiale de la santé.

L’université publique du Jiangsu dissimule des cas de tuberculose

L’université publique du Jiangsu a publié un communiqué dans la soirée du 14 octobre, affirmant que du 10 au 11 octobre, 43 étudiants ont été isolés pour observation médicale alors que leurs scanners montraient une anomalie dans la poitrine. Le 12 octobre, 22 étudiants ont été testés positifs pour la tuberculose et ont été mis en congé maladie. Le communiqué indiquait également que depuis le mois d’août 2019, les élèves avaient contracté la tuberculose et présentaient des signes d’infection, mais ce communiqué ne précisait pas le nombre d’élèves infectés.

L’université n’a pas expliqué comment les étudiants ont été infectés ni si l’école a mis en place des mesures de prévention et de contrôle depuis que des cas de tuberculose sont apparus l’année dernière.

Les étudiants soupçonnent l’université de dissimuler les cas de tuberculose, ont rapporté les médias chinois.

Selon un rapport du Chongqing Morning Post, le 14 octobre, un internaute a publié sur le média social chinois Weibo un article qui indiquait qu’un certain nombre d’étudiants du campus du lac Pan’an de l’université des sciences et des arts avaient été infectés par la tuberculose. Au mois de septembre, de nombreux étudiants ont été testés positifs lors d’un test cutané sur un dérivé de protéine purifiée, mais le campus n’y a pas prêté suffisamment d’attention, selon le rapport.

Le journal public Beijing News a interviewé trois étudiants universitaires. Ils ont déclaré qu’en 2018, un étudiant en génie logiciel de la faculté d’ingénierie a été diagnostiqué comme atteint de tuberculose. Depuis lors, l’université a organisé des tests TCT (Test cutané à la tuberculine) chaque année. En 2019, trois étudiants de l’école d’ingénieurs ont été diagnostiqués comme étant atteints de tuberculose.

Le 29 septembre de cette année, l’université a organisé une réunion pour les étudiants dont le test était positif. Un étudiant surnommé Han, du programme de génie logiciel, a déclaré au Beijing News que d’autres étudiants de la faculté des sciences humaines et des affaires avaient également participé à la réunion.

Une autre étudiante surnommée Xiao a déclaré que les autorités de son établissement scolaire avaient minimisé la gravité de la situation. Ils n’ont pas parlé de mesures préventives et ont seulement conseillé aux étudiants infectés de se faire soigner, a-t-elle déclaré au journal Beijing News.

Un étudiant en génie logiciel surnommé Wang a déclaré que certains étudiants payaient eux-mêmes leurs examens de tomographie assistée par ordinateur. À l’heure actuelle, 11 étudiants d’une des classes de génie logiciel ont été testés positifs pour la tuberculose et sont traités dans un hôpital, a-t-il expliqué.

Wang a déclaré que le 14 octobre, un professeur de l’université a interrompu son cours et a donné une conférence générale sur la tuberculose. Ensuite, le professeur a annoncé que tous les cours seraient suspendus dans l’après-midi et qu’ils reprendraient le lendemain, a rapporté le Beijing News.

Selon des informations publiques, l’université publique du Jiangsu compte plus de 8 600 étudiants.

Le journal Epoch Times a obtenu un communiqué de l’université qui a été récemment envoyé à tous les étudiants au moment où l’épidémie de tuberculose a été révélée sur les médias sociaux. Dans ce communiqué, l’université mettait en garde les étudiants contre la publication de commentaires sur l’épidémie de tuberculose sur Internet et leur demandait de supprimer tout message s’y rapportant : « Supprimez-les et supprimez-les dès que possible. Sinon, vous serez tenus pour responsables et vous en subirez les conséquences. »

Le communiqué de l’université publique du Jiangsu demandant de faire taire les étudiants au sujet de l’épidémie de tuberculose. (Document fourni au journal Epoch Times)

L’étudiant qui a transmis le document à ce journal a déclaré qu’il y a actuellement une cinquantaine de personnes à l’université en observation pour infection à la tuberculose, mais il lui était impossible de divulguer plus d’informations. « Je suis désolé de ne pas pouvoir en dire plus. Cette université a mené une enquête très stricte, et je ne suis vraiment pas autorisé à en parler », a-t-il déclaré.

Le journal Epoch Times a également interviewé un étudiant du campus du lac Pan’an de l’Académie des sciences et des arts, qui a déclaré que le campus était touché par une épidémie de tuberculose. Tous les étudiants qui ont été testés positifs ont été admis au centre local de contrôle des maladies, tandis que les autres étudiants pourront reprendre leurs cours comme d’habitude.

Les précédentes épidémies de tuberculose dans les universités

Ces dernières années, selon divers médias chinois, des épidémies de tuberculose se sont fréquemment produites dans des universités de Chine continentale. Mais les autorités locales et les responsables de ces universités ont tenté de dissimuler les informations.

Début janvier, le média chinois Red Star News a fait état d’une épidémie de tuberculose sur le campus de l’université de Jiangsu Yangzhou situé sur le petit lac ouest, qui a été révélée par des étudiants sur les médias sociaux. Red Star News a obtenu du comité de la ligue des jeunes de l’université la confirmation que de nombreux étudiants de cette université avaient été infectés. Mais l’université n’a pas révélé le nombre d’étudiants qui ont été infectés et a affirmé que la situation était sous contrôle.

Début novembre 2018, le journal Epoch Times a fait état d’une épidémie de tuberculose à l’université de Shangluo, dans la province du Shaanxi. L’université et les autorités locales ont dissimulé l’épidémie pendant plus d’un mois jusqu’à ce qu’un étudiant partage l’information avec The Paper, un journal d’État basé à Shanghai.

En septembre 2018, 28 jeunes enfants et quatre membres du jardin d’enfants expérimental (branche de Nijiaxiang) dans le quartier de Zhouzhuang, de la ville de Jiangyin, dans la province du Jiangsu, ont été infectés par la tuberculose, a rapporté le portail web chinois Sina. Les parents étaient indignés et se demandaient pourquoi les autorités locales n’avaient pas réussi à freiner la propagation de la maladie en temps utile.

En décembre 2017, 13 cas de tuberculose ont été découverts dans une université de médecine affiliée au Collège médical de Shanghai, selon le portail d’information chinois Sohu.

En août 2017, une épidémie de tuberculose a éclaté dans le quatrième lycée du comté de Taojiang, dans la province de Hunan. Plus de 300 élèves et enseignants du secondaire ont été infectés. L’épidémie n’a pas été signalée avant le 9 septembre 2018, lorsqu’une lycéenne, qui avait déjà fréquenté le lycée et dont le test de dépistage de la tuberculose était positif à l’époque, a tenté de se suicider en se coupant les poignets. En raison de sa maladie, elle n’a pas pu rattraper son retard scolaire et a pris du retard dans ses études. Elle a fait une dépression nerveuse à cause du stress, selon un rapport de msguancha.com, un portail d’information chinois qui aborde les violations des droits de l’homme et les affaires de corruption gouvernementale.

En 2016, les autorités de la ville de Luoyang, de la province du Henan, ont dissimulé une épidémie de tuberculose qui s’était déclarée à l’Institut de technologie de Luoyang. La maladie s’était propagée pendant au moins neuf mois, selon un document gouvernemental récemment obtenu par le journal Epoch Times auprès d’une source fiable. Le rapport confidentiel, intitulé La réponse aux citoyens qui propagent des informations sur la propagation de la tuberculose à l’Institut de technologie de Luoyang,a été publié le 27 décembre 2016 par la Commission municipale de planification sanitaire de Luoyang.

La Commission municipale de planification sanitaire de Luoyang a divulgué un rapport sur l’épidémie de tuberculose survenue à l’Institut de technologie de Luoyang. (Document fourni au journal Epoch Times)

Le rapport précisait que l’Institut de technologie de Luoyang avait signalé successivement des cas confirmés de tuberculose depuis mars 2016.

Il a également mentionné qu’à partir de mars 2016, le Centre de contrôle des maladies de la ville avait contrôlé tous les enseignants, les étudiants et le personnel de l’établissement selon trois groupes. Plus de 20 000 personnes ont été examinées. À la date de publication de ce communiqué, un total de 26 cas avait été confirmé : 19 cas sur le campus de Wangcheng de cette université, trois cas sur le campus de Kaiyuan, et quatre cas sur le campus de Jiudu.

Cependant, l’épidémie a été dissimulée par les autorités compétentes de l’université jusqu’au 26 décembre 2016, date à laquelle la situation a été signalée en ligne par des internautes.

Un autre document interne du gouvernement publié le 26 décembre 2016, intitulé Information concernant la stabilité a révélé que la Commission municipale de planification sanitaire de Luoyang était préoccupée par la réaction des étudiants aux tests de masse. Les internautes ont commencé à diffuser des informations sur l’épidémie de tuberculose, mais la commission a qualifié leurs commentaires en ligne d’« inexacts » et de « malentendus ». La commission a ensuite envoyé une notification au bureau municipal d’information sur Internet et au bureau municipal de maintenance afin de surveiller et de contrôler les commentaires publiés en ligne et l’opinion publique sur l’épidémie.

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