Une galerie parisienne retrouve des fragments de la tenture de l’Apocalypse

Par Sarita Modmesaïb
1 mai 2021
Mis à jour: 1 mai 2021

Des fragments de la plus grande tapisserie de l’époque médiévale ont été retrouvés dans une galerie d’art parisienne. Ils viendront compléter la pièce principale de la tenture exposée au château d’Angers.

Près de 100 ans après avoir été rangés dans une réserve, des fragments de la tenture de l’Apocalypse refont surface.

Retrouvés par hasard au printemps 2020 dans les réserves de la galerie d’art Charles Ratton & Guy Ladrière, ces fragments ont depuis, été analysés et authentifiés par le ministère de la Culture comme appartenant à la plus grande tapisserie du monde médiéval, la tenture de l’Apocalypse.

« Malgré leur caractère lacunaire, ces fragments sont d’une grande valeur patrimoniale », indique la direction des affaires culturelles des Pays de la Loire (Drac).

L’Apocalypse de Saint-Jean vu pendant la Guerre de Cent ans

Mesurant à l’origine 140 mètres de long, cette tapisserie avait été commandée par le duc Louis 1er d’Anjou, frère du roi Charles V, vers 1375.

Fabriquée pendant la Guerre de Cent ans par Jean de Bruges, la tapisserie dépeint des scènes de l’Apocalypse de Saint-Jean.

Symbolisant la lutte du Bien contre le Mal dans un contexte de guerre opposant les Français aux Anglais, ceux-ci sont alors représentés sous les traits des forces du Mal. De même, on peut reconnaître les portraits des ducs et roi de France, représentés aussi sous les traits de personnages ornant la tapisserie.

Pendant la Révolution française, la tenture sera découpée et une part de ses fragments perdue.

Mais au XIXeme siècle, avec, entre autres, la sortie du roman « Notre Dame de Paris » de Victor Hugo, l’engouement pour le Moyen-Âge revient et un chanoine, passionné par cette tapisserie, en reconstituera une partie.

La pièce principale de cette œuvre majeure de l’histoire de l’art médiéval est depuis 1954, exposée au château d’Angers.

Les fragments retrouvés en 2020 appartiennent au « grand personnage de la IVe pièce de la tenture » et « composent une frise décorative de fleurons », détaille la Drac, précisant que les motifs sont «très lisibles et les couleurs des fils de tissage encore bien conservées».

Outre sa longueur exceptionnelle, cette tapisserie se distingue aussi par la finesse du tissage réalisé sans revers. Pas de fils abandonnés ou de nœuds au dos, la tapisserie de l’Apocalypse peut aussi être admirée sur l’envers.

Selon les informations transmises par la galerie, les fragments avaient été acquis par Charles Ratton en 1924 et « depuis cette date », ils avaient été conservés dans la réserve de la galerie, sans faire « l’objet d’aucun mouvement avant leur redécouverte en 2020 ».

La DRAC des Pays de la Loire a annoncé le 28 avril 2021 que la galerie faisait don à l’État de ces fragments. Après études qui détermineront si une restauration est nécessaire ou pas, les fragments viendront rejoindre la pièce principale et seront ainsi « mis en valeur au château d’Angers ».

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