Une implosion du Parti démocrate est à prévoir

Par Roger L. Simon
6 mars 2020
Mis à jour: 6 mars 2020

À priori, il s’agit d’une mauvaise nouvelle pour le président Donald Trump.

Il perd la cible la plus facile à vaincre pour assurer sa réélection lors de la présidentielle 2020 : la campagne de Bernie Sanders n’est pas seulement à l’eau mais c’est cuit, Bernie n’a aucune chance de gagner.

Le président Donald Trump et le sénateur Bernie Sanders (Spencer Platt et Darren Hauck/Getty Images)

Le ‘Super Tuesday’ a été un désastre pour le politicien Bernie Sanders. Se peut-il qu’en ce jour décisif, les ‘Bernie Bros’, partisans du sénateur Bernie, fumaient des joints tout en jouant à leurs jeux vidéo préférés ? Quoi qu’il en soit, ils ne se sont pas présentés pour voter, pas assez en tout cas. Peut-être qu’ils n’en avaient pas l’intention. Ce n’est pas vraiment leur truc.

Maigre consolation en Californie où Bernie Sanders a sauvé son honneur (un peu), mais il existe de bonnes raisons de croire qu’il a évité la vague de Joe Biden là-bas uniquement à cause du vote anticipé.

Les futures primaires ne s’annoncent pas meilleures quoi qu’il en soit. En fait, elles sont pires.

Bernie Sanders va ensuite se fier sur la Floride, riche en délégués, où il s’est aliéné pratiquement tous les électeurs latinos d’un État latino avec ses commentaires admiratifs sur Fidel Castro. (Je croyais que Bernie n’aimait pas les milliardaires.) La Pennsylvanie, New York et les autres États de la côte Est ne sont pas pour autant plus sympathiques à son égard. Seul l’État de Washington lui promet de bonnes perspectives, mais c’est loin d’être suffisant.

Joe Biden de retour en grande forme pour le moment. La bourse a acclamé sa victoire – ou, plus exactement, la perte de Bernie Sanders – avec un gain à quatre chiffres. (Au sein du désastre du coronavirus, il est difficile de dire dans quelle mesure la perspective d’une présidence Sanders s’expliquerait par la récente baisse précipitée du marché. Mais il est évident que cela a également eu ses effets).

Ce que le sénateur Sanders tente depuis huit ans maintenant est essentiellement une prise de contrôle hostile (par un indépendant enregistré) du Parti démocrate, le transformant en un Parti socialiste – avec ou sans le nom officiel de socialiste.

Cela a amené le parti à se pencher plus à gauche qu’il ne le souhaitait à l’époque d’Hillary Clinton.

Aujourd’hui, à l’époque de « l’escouade » des démocrates radicaux (Ilhan Omar, Alexandria Ocasio-Cortez et compagnie) qui embrasse les politiques de M. Sanders (et vice-versa), sont contraints de se diriger davantage vers la gauche avec d’énormes augmentations d’impôts finançant des programmes impopulaires tels que la gratuité des soins de santé pour les étrangers en situation irrégulière.

James Carville, entre autres, l’ancien stratège politique sympathisant des Clinton, martelait : « Ça suffit ! » Il fallait que quelqu’un empêche les démocrates de devenir ce Parti socialiste avant qu’il ne soit trop tard. Un désastre électoral se profilait à l’horizon.

Ses prières furent exaucées par Joe Biden.

Mais l’ont-elles été vraiment ? Joe Biden était en fait le dernier homme (à peine) debout d’un groupe médiocre. Ayant été poussés dans cette voie, ils sont tous plus ou moins des copies en miniature de Bernie Sanders maintenant. Les démocrates étaient déjà trop socialistes. À moins d’une implosion, il n’y a pas de retour en arrière.

Deux obstacles pourraient cependant interrompre la marche de M. Biden vers l’investiture. Le premier est évident : sa propension aux gaffes, dont certaines indiquent un déficit dont il n’est pas facile d’en parler sans se faire taxer de politiquement incorrect. Néanmoins, de toute évidence, l’ancien vice président de 77 ans n’est pas un soi-disant jeune.

La seconde est plus inquiétante : la corruption présumée. Il ne s’agit pas seulement de l’affaire Ukraine/Hunter/Burisma dont nous avons entendu parler à l’infini. C’est déjà assez grave. Plus importante encore est la relation trop amicale de Joe Biden avec le régime communiste chinois (qui a apparemment aussi enrichi son fils Hunter Biden).

Nous nous souvenons tous de la remarque naïve « la Chine n’est pas un ennemi » de l’ancien vice-président, qui se moquait de cette possibilité, avant de se sentir assez coincé pour faire marche arrière. Et ce fut avant que le coronavirus n’atteigne la côte du Pacifique.

Bernie Sanders pourrait utiliser cette faille s’il n’était pas lui-même si favorable au communisme. Le Parti démocrate tout entier est pris dans cette double contrainte. Ce sont les mêmes gens qui ont fait résonner le coup de semonce « Russie, Russie, Russie », pratiquement jusqu’à ce que nous en ayons assez, tout en étant les mêmes qui ont proposé la remise à zéro sur la question russe voici déjà quelques années plus tôt.

Alors, qui sont-ils vraiment ces démocrates ? Une association pour le pouvoir, évidemment. Mais maintenant cette association est divisée entre l’establishment et les socialistes, environ 60-40.

C’est insoutenable. Tout ce qui les maintient ensemble, c’est l’inimitié envers le président Trump. Sans cela, ils n’auraient même plus l’apparence d’un parti.

En effet, ils ne le sont probablement pas, même en se fiant sur leur haine omniprésente envers Donald Trump. D’autre part, si Joe Biden venait à trébucher, Bernie Sanders ne pourrait pas facilement le remplacer.

Bien qu’il bénéficie du soutien d’une base d’électeurs jeunes, lui et ses politiques socialistes d’extrême gauche sont beaucoup moins appréciés par les démocrates de l’establishment américain. L’establishment le bloquerait immédiatement avec un nouveau candidat. La probabilité que les super-délégués remettent l’investiture à Sanders est presque inexistante.

Hillary Clinton ? Curieusement silencieuse ces derniers temps, elle ne se joint pas aux partisans qui soutiennent Joe Biden ? Et qu’en est-il de l’ancien président Obama ? Est-ce qu’ils préparent des jeux de coulisses?

Ça n’a pas d’importance. Le parti s’est déjà effectivement scindé en deux. Il est difficile de voir comment ils peuvent se réconcilier.

La convention de Milwaukee en juillet prochain pourrait être la fin du Parti démocrate tel que nous le connaissons.

Roger L. Simon, analyste politique principal, cofondateur et PDG émérite de PJ Media, est un auteur primé et un scénariste nominé aux Oscars. Son nouveau roman THE GOAT est paru en septembre dernier.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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