Une infirmière de l’armée qui a traversé une rafale de balles pour sauver 5 hommes dans un véhicule militaire en feu reçoit une étoile d’argent

Par Robert Jay Watson
16 janvier 2020 Mis à jour: 16 janvier 2020

En février 2012, le Pentagone a levé sa politique d’exclusion au combat, qui avait empêché les femmes d’occuper de nombreux postes au front dans les forces armées.

Mais la spécialiste Monica Lin Brown, une infirmière dans l’armée et la deuxième femme soldat à recevoir l’Étoile d’argent depuis la Seconde Guerre mondiale, savait déjà ce que c’était que d’affronter de près le feu des ennemis.

Étant donné son rôle de spécialiste des soins de santé dans l’Armée, le travail de Monica Lin Brown ne consistait pas à s’engager contre l’ennemi au combat, mais lorsque le devoir l’exigeait, elle se retrouvait au cœur de la bataille et elle agissait avec courage. Quatre mois seulement après le début de son entraînement, à l’âge de 19 ans, le peloton de la femme soldat, qui fait partie de la 82e Division aéroportée, a été pris en embuscade en Afghanistan.

L’ancien vice-président Dick Cheney remet l’étoile d’argent à la spécialiste Monica Lin Brown. (©Getty Images | PAUL J. RICHARDS)

Les parachutistes effectuaient une patrouille mobile lorsqu’un Humvee (un véhicule militaire de transport) a fait exploser une mine à pression. L’explosion a ensuite déclenché une embuscade de tirs d’armes légères et de mortiers de la part des combattants talibans. Cinq de ses camarades ont été blessés dans le Humvee, et Mlle Brown a agi pour leur sauver la vie. La spécialiste Brown a dit plus tard à la CBS : « Je n’ai pensé à rien d’autre qu’aux patients. »

En raison de l’emplacement éloigné de l’unité, Mlle Brown savait qu’elle était la seule personne à prodiguer des soins à des kilomètres à la ronde, et c’est cette pensée qui lui a permis de se concentrer sur les blessés qui avaient besoin d’elle. « Je devais aller vers eux. Ils n’avaient que moi. J’étais leur seul espoir », a-t-elle expliqué dans une vidéo pour l’armée américaine.

(©Wikipedia | U.S. Army)

En courant sous une rafale de balles, Mlle Brown a atteint le Humvee, où elle a trouvé deux soldats gravement blessés. Ils ont dû être déplacés, car ils étaient à découvert et sans couverture. Entretemps, les munitions et les grenades à l’intérieur du Humvee ont commencé à exploser. « Au début, ça ressemblait à des pétards », a dit Mlle Brown à CBS. « Ensuite, ça s’est corsé. »

Mlle Brown a traîné les blessés près de la rivière où elle a pu examiner leurs blessures. Le spécialiste Larry Spray était très gravement brûlé, et Stanston Smith avait une profonde lacération au front. « Je n’avais pas assez de pansements dans mon sac de secours pour couvrir toutes ses brûlures », a-t-elle confié à la CBS. « Voilà à quel point c’était grave. » Entretemps, l’ennemi continuait à lancer des mortiers vers sa nouvelle position. Mlle Brown a protégé héroïquement ses patients en utilisant son propre corps.

Finalement, les soldats blessés ont pu être évacués du lieu grâce à l’héroïsme de Mlle Brown. Plus tard, son sergent commandant et le commandant de sa division l’ont recommandée pour recevoir l’Étoile d’argent, la troisième plus haute décoration de l’Armée pour bravoure au combat. Mlle Brown est la première femme à recevoir cet honneur après le sergent Leigh Ann Hester en 2005 et la deuxième à recevoir la médaille depuis la Seconde Guerre mondiale.

Bien que Mlle Brown, à un si jeune âge, ait été félicitée pour ses actions, elle ne veut rien d’autre que d’être considérée comme un membre précieux de son unité. « Je ne m’attends pas à ce qu’on porte mes bagages. Je peux les porter moi-même », a-t-elle confié à la CBS. « Je m’attends à être traitée comme un des soldats. Alors, c’est comme ça que je suis traitée. »

Lorsque Dick Cheney, le vice-président à l’époque, est venu en Afghanistan pour remettre à Mlle Brown l’Étoile d’argent, elle était ravie, mais elle était aussi humble. Sa ville natale de Lake Jackson, au Texas, allait organiser un défilé en son honneur lors de son retour au pays. L’humble infirmière était un peu dépassée : « Je ne veux pas de traitement de faveur. Je n’ai pas envie de reconnaissance », a-t-elle expliqué. « Je ne m’attends à aucune de ces choses. J’ai fait mon travail. »

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