Une journée dans la vie d’un empereur chinois

10 juillet 2015 Mis à jour: 19 juillet 2017

 

La dernière dynastie impériale chinoise, la dynastie Qing, fut fondée dans la violence. Au XVIIe siècle, des guerriers de Mandchourie, venant du Nord-Est glacial, ont traversé la Grande Muraille et conquis la dynastie Ming, alors en déclin.

Durant les 250 années qui ont suivi, ces étrangers ont su régner sur plusieurs millions de Chinois en adoptant la culture chinoise. Sous leur règne les territoires de Chine sont devenus trois fois plus grands et l’empire était admiré par la majorité des grands penseurs de siècle des Lumières en Europe.

Lève-tôt et travailleurs

Le groupe ethnique mandchou, qui ne représentait qu’une toute petite partie de l’énorme population chinoise, se donna beaucoup de mal pour régner efficacement et harmonieusement. Gouvernant à partir de la Cité Interdite à Pékin, la capitale au nord de la Chine, les empereurs Qing menaient une vie méticuleusement diligente. En particulier les trois grands empereurs, Kangxi, Yongzheng et Qianlong qui dirigèrent le pays durant 140 ans de prospérité, sont connus pour leur discipline personnelle et leur implication.

À 5 heures du matin, l’empereur se levait pour être habillé. Ses robes étaient choisies en fonction des saisons, mois, occasions et même parfois selon le moment de la journée. Une fois habillé, le dirigeant priait Bouddha, puis passait sa matinée à résolument apprendre des leçons d’histoire transmises par ses ancêtres. Grâce à une étude constante, il aspirait à rationaliser sa manière de gouverner.

À 7 heures du matin, l’empereur finissait ses études et prenait son petit déjeuner. En accord avec les traditions manchoues, les monarques Qing prenaient deux repas principaux par jour, un le matin et l’autre en début d’après-midi. Deux services – le Bureau des Affaires Palatiales et le Département de la Maison Impériale – s’occupaient du régime de l’empereur.

Une conduite sérieuse des politiques

Les plus grands empereurs Qing siégeait à la cour tôt, rapidement et fréquemment. C’était à ce moment que l’empereur expliquait sa politique et donnait ses ordres.

Des fonctionnaires représentant les différents corps consultatifs et les différentes agences gouvernementales soumettaient leurs rapports et leur compte-rendu à l’empereur, qui les lisait au cours de son petit déjeuner. Il choisissait alors avec qui allaient avoir lieu les séances individuelles à partir d’une liste de fonctionnaires fournie par un eunuque, puis se rendait à la cour pour une session d’une heure trente.

Se rendre à la cour n’était obligatoire que certains jours du mois lunaire, mais les empereurs diligents tenaient des sessions plus fréquentes, qui commençaient généralement à 9h30 du matin. L’empereur Kangxi (1654 – 1722) rencontrait ses fonctionnaires presque tous les jours.

Après les rendez-vous, l’empereur retournait dans ses quartiers et s’occupait de ses papiers administratifs. Un stylographe à encre vermillon, utilisé exclusivement par l’empereur, était la preuve que les annotations qu’il marquait sur les documents impériaux venaient bien de lui. Les jours d’affluence, l’empereur pouvait veiller jusqu’à tard dans la nuit, pour revoir sa politique exécutive.

Une attitude qui repose sur le recueillement

Si l’empereur n’était pas absorbé par les affaires de l’empire, il passait généralement son après-midi à lire ou à profiter d’activités de loisirs culturels : la peinture, la poésie ou l’opéra. Les empereurs se couchaient tôt, vers 21h, afin de pouvoir se lever tôt, le jour d’après.

L’éducation et la religion étaient importantes dans la vision du monde qu’avaient les empereurs Qing éclairés, et ceci dès le premier empereur, Shunzhi, qui établit la tradition de vénération bouddhiste journalière. En plus de la session matinale, l’empereur passait une grande partie de sa soirée à participer aux prières bouddhistes et aux rituels chamanistiques, transmis par les ancêtres mandchous. Tous les rituels majeurs, tels que ceux respectant le Ciel et la Terre, ou les cérémonies pour le sol et le grain, étaient toujours dirigés par l’empereur en personne.

Les seigneurs Qing les plus célèbres étaient aussi des hommes très spirituels qui écrivaient beaucoup sur la cultivation bouddhiste et la philosophie. Tous les empereurs recevaient une éducation classique dispensée par des tuteurs chinois. Leur lieu de résidence s’appelait même « Le Hall de la Cultivation de l’Esprit ».

Les empereurs Qing étaient aussi des artistes accomplis. Qianlong (1736 – 1795) était connu pour ses talents en calligraphie et Kangxi, dans la vraie tradition confucéenne, passait son temps libre à faire des recherches sur les traditions musicales de l’Occident et de l’Orient. Les Manchous furent des mécènes dans le domaine des arts et de la culture dès le début de leur règne, ce qui a certainement contribué au succès de leur gouvernement en Chine.

 

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