Une tribu amazonienne sauve des millions d’hectares de forêt tropicale après avoir gagné une bataille devant les tribunaux contre les grandes entreprises pétrolières

22 mai 2019
Mis à jour: 23 mai 2019

Quand des hommes sont arrivés par avion au milieu de la forêt amazonienne, ils avaient un plan. Le gouvernement équatorien les avait envoyés rencontrer le peuple autochtone Waorani de la province de Pastaza, en Équateur. Ils se sont rencontrés, ont tourné quelques vidéos et ont échangé quelques mots. Quelques heures plus tard, les hommes sont repartis comme ils étaient venus.

Les Waorani n’avaient aucune idée de la raison pour laquelle les hommes étaient venus – ni de l’horreur qui venait de se produire durant l’échange : ils venaient de signer pour la cession de leurs terres.

Aussi horrible que cela puisse paraître, c’est une histoire qui a une belle fin. Le peuple Waorani n’a pas baissé les bras ; il a résisté aux actions frauduleuses du gouvernement devant les tribunaux ; et récemment, en avril, la tribu a gagné son procès contre la corruption gouvernementale et les grandes pétrolières. Cette victoire créera maintenant un énorme précédent pour les droits fonciers des peuples autochtones dans le pays amazonien et au-delà.

Le peuple indigène Waorani chante à la cascade sacrée de Teata, près du village de Nemompare, sur les rives du Río Curaray, dans la province de Pastaza, Équateur, le 14 avril 2019. (©Getty Images | RODRIGO BUENDIA)

Les Waorani habitent en Amazonie depuis des générations. Lorsque la région a été menacée par un certain nombre de grandes compagnies pétrolières qui espéraient exploiter les réserves pétrolières souterraines, une longue bataille juridique a éclaté. Le mois dernier, les trois juges de la Cour provinciale de Pastaza se sont rangés du côté des Waorani, renversant le processus de consultation du gouvernement équatorien qui a débuté en 2012 et rendant nulle et non avenue la vente du territoire.

La tribu a allégué que le gouvernement s’était livré à des pratiques frauduleuses en faveur des compagnies pétrolières et de leurs propres intérêts par rapport aux gens qui y vivent légitimement. Certaines personnes pensent (bien qu’ils n’en aient pas la preuve) que la corruption du gouvernement a joué un rôle dans l’échange et que des pots-de-vin ont été acceptés sournoisement par des fonctionnaires du gouvernement.

Les juges ont ordonné au gouvernement de refaire le processus de consultation et d’appliquer les normes établies par la Cour interaméricaine des droits de l’homme avant toute vente liée à l’extraction de ressources souterraines. Ceci prendrait en considération les impacts environnementaux et culturels qui affecteraient la tribu.

Un tel précédent juridique est extrêmement important pour les autres nations autochtones de la forêt tropicale équatorienne, et peut-être même au-delà de leurs frontières. Cette décision a assuré la protection de 202 342 hectares du territoire ancestral Waorani contre l’exploitation minière ou le forage, et a également mis un terme à la vente aux enchères potentielle de 2 832 799 hectares supplémentaires de terres autochtones aux appels d’offres d’exploitation de pétrole sur 16 blocs pétroliers.

La loi appuie la Constitution équatorienne, qui garantit les droits inaliénables, insaisissables et indivisibles des peuples autochtones sur leurs terres ancestrales, ainsi que leur liberté décisionnelle.

« Le gouvernement a essayé de vendre nos terres aux compagnies pétrolières sans notre permission. Notre forêt tropicale, c’est notre vie », a déclaré Nemonte Nenquimo, le plaignant au procès et président de l’organisation Waorani Pastaza. « Nous décidons de ce qui se passe sur nos terres. Nous ne vendrons jamais notre forêt tropicale aux compagnies pétrolières. Aujourd’hui, les tribunaux reconnaissent que le peuple Waorani et tous les peuples autochtones ont des droits sur leurs propres territoires et qu’ils doivent être respectés. Les intérêts du gouvernement envers le pétrole n’ont pas plus de valeur que nos droits, nos forêts, nos vies. »

[Traduction du post ci-dessus : « Merci ! Merci à tous les merveilleux sympathisants qui se joignent à ce mouvement pour la protection de la forêt tropicale et les droits des indigènes alors que nous entamons l’année 2019 ! Nous remercions tout particulièrement nos nouveaux donateurs mensuels : vous nous donnez le pouvoir d’agir rapidement pour défendre les terres et les droits des peuples autochtones contre une avalanche de menaces mondiales.
Avec votre soutien, nous allons travailler encore plus dur cette année – pour l’Amazonie ! Pour en savoir plus sur la façon de se joindre à ce mouvement et de soutenir les initiatives menées par les autochtones pour défendre et protéger l’Amazonie, veuillez visiter : https://www.amazonfrontlines.org/donate »]

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