Val-de-Marne : harcelée, la jeune fille qui avait menacé une commerçante a dû être internée après une tentative de suicide

Par Séraphin Parmentier
23 novembre 2019
Mis à jour: 23 novembre 2019

Molestée par des voisines et abondamment harcelée en ligne après la diffusion d’une vidéo dans laquelle elle agressait une commerçante, affirmant notamment : «  Le Coran, je vais lui n***** sa mère ! », une jeune fille originaire de Champigny a dû être internée après avoir tenté de se suicider.

Mardi dernier, une jeune fille prénommée Sabrina s’en prenait violemment à une commerçante de Villiers-sur-Marne à qui elle reprochait de ne pas pouvoir lui vendre une canette, l’épicière n’ayant pas suffisamment de monnaie.

Originaire du quartier de Bois-l’Abbé, à Champigny-sur-Marne, la jeune fille avait alors fait preuve d’une agressivité hors norme, couvrant la commerçante d’injures et la menaçant physiquement.

«  Il était 20h30, ce mardi, quand deux petites jeunes sont rentrées. Elles voulaient s’acheter deux canettes  », a raconté l’épicière de la rue Louis Lenoir aux journalistes du Parisien.

«  Et quand je leur ai dit que je n’aurais pas la monnaie, une des deux m’a insultée, frappée à la main et même essayé de tirer sur ma perruque  », ajoute-t-elle.

La victime avait néanmoins gardé son sang-froid, dégainant son téléphone portable afin de filmer la scène.

L’une de ses filles avait ensuite diffusé la séquence sur les réseaux sociaux, appelant les internautes à l’aider à retrouver celle qui avait agressé sa mère. « Je veux juste savoir qui elle est et qui sont ses parents », avait-elle affirmé.

La vidéo avait rapidement généré des centaines de milliers de vue. En quelques heures, les internautes retrouvèrent les coordonnées de Sabrina, divulguant son adresse et son numéro de téléphone.

« Des gens ont téléphoné, on a sonné à sa porte »

Signalée à plusieurs reprises sur la plateforme Pharos, qui permet aux internautes de porter à la connaissance de la police les cas de cyberharcèlement, la séquence a fini par être retirée des réseaux sociaux le 20 novembre.

« Des gens ont téléphoné, on a sonné à sa porte. Les parents ont demandé à quitter la ville », raconte une source policière.

Le soir de l’altercation, la jeune fille a été prise à partie par trois jeunes femmes de son quartier qui n’avaient pas apprécié le comportement de leur voisine. Elle reçoit des gifles, tandis qu’une quatrième jeune femme filme la scène avec son téléphone avant de diffuser la séquence sur les réseaux sociaux.

Deux d’entre elles seront finalement retrouvées par les enquêteurs. Elles écoperont d’un simple rappel à la loi et seront rapidement remises en liberté. Les deux autres jeunes femmes n’ont pas pu être identifiées.

« Personne n’aurait osé faire ça à la petite sœur d’un caïd »

Dans le même temps, une vidéo de Sabrina en plein ébat sexuel est relayée sur les réseaux sociaux. Une photo d’elle dénudée se retrouve également sur la Toile. Les policiers remontent jusqu’aux individus qui les ont mises en ligne et les interpellent.

Selon les journalistes du Parisienil s’agit de deux anciens petits amis de Sabrina. D’après le quotidien, la vidéo aurait déjà été partagée sur les réseaux sociaux auparavant et « il s’agirait d’une rediffusion » dont l’ancien petit ami concerné ne serait pas à l’origine. Il n’a ainsi pas été inquiété par la police.

La mise en ligne de la photo dénudée de Sabrina a en revanche bel et bien eu lieu après la diffusion de son altercation avec la commerçante de Villiers-sur-Marne. L’autre ancien petit copain de la jeune fille a d’ailleurs reconnu l’avoir publiée sur Internet. Il doit désormais faire l’objet d’une procédure de composition pénale.

En tout et pour tout, six personnes soupçonnées d’avoir participé au cyberharcèlement de la jeune fille ou de l’avoir molesté ont été appréhendées par les policiers du commissariat de Chennevières-sur-Marne.

« Quand ils ont vu le buzz autour de la première vidéo, certains ont voulu en profiter pour faire les malins », confie un jeune du quartier où réside Sabrina.

« Si tout le monde s’est permis de l’attaquer et de la harceler comme ça, c’est qu’on sait qu’elle n’a pas de grand frère influent. Personne n’aurait osé faire ça à la petite sœur d’un caïd », ajoute un autre.

« La jeune femme a bien essayé de se suicider »

L’image d’un mouchoir ensanglanté censé évoquer une tentative de suicide de la part de Sabrina a également été abondamment relayée sur les réseaux sociaux

« C’est un fake. Mais la jeune femme a bien essayé de se suicider. C’est d’autant plus pathétique qu’elle a refusé de porter plainte contre l’épicière et sa fille qui a diffusé la vidéo de l’altercation », observe une source policière citée par Le Parisien.

Moins de trois jours après avoir agressé la commerçante de la rue Louis Lenoir, Sabrina a dû être internée dans un hôpital psychiatrique du Val-de-Marne.

Contactée par les équipes du journal, l’épicière a déclaré « en avoir marre ».

« C’est moi la victime de cette histoire, c’est moi qui ai été insultée. Maintenant, c’est fini. On a réglé ça entre nous avec la famille de Sabrina, dès le lendemain », conclut la commerçante.

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