Val-de-Marne : il pénètre dans un appartement HLM et découvre les corps en décomposition de deux femmes

Par Séraphin Parmentier
12 décembre 2019 Mis à jour: 12 décembre 2019

Dans un état de décomposition avancée, les dépouilles des deux victimes ont été retrouvées par un huissier venu vérifier si le logement était toujours occupé.

Lundi dernier, les corps de deux femmes en état de décomposition avancé ont été retrouvés à l’intérieur d’un logement social de la rue Sacco-et-Vanzetti, dans le quartier du Bois-Matar, à Villeneuve-Saint-Georges.

Selon Le Parisien, les cadavres découverts seraient ceux de la locataire de l’appartement et d’un membre de sa famille.

C’est un huissier mandaté par l’Office Public de l’Habitat (OPH) de Villeneuve-Saint-Georges afin de vérifier si le logement – dont le loyer n’était plus versé depuis plusieurs mois – était toujours occupé qui a fait la macabre découverte.

Accompagné d’un serrurier, l’officier public s’est présenté devant l’appartement situé au rez-de-chaussée en début d’après-midi le 9 décembre. Une fois à l’intérieur de l’habitation, les deux hommes ont découvert les deux dépouilles avec stupeur.

« Depuis plusieurs mois, le loyer n’était plus versé. Nos différentes relances – par téléphone, par courrier simple puis par recommandé – restaient sans réponse. Le courrier s’accumulait dans la boîte aux lettres. Le gardien ne trouvait personne quand il frappait. Les volets restaient fermés. Le dernier stade de notre procédure consiste à envoyer sur place un huissier pour constater l’occupation ou l’inoccupation du logement. C’est rare que nous allions jusque-là, mais cela arrive. Nous avons deux ou trois départs à la cloche de bois chaque année pour cause de dettes, de loyers non réglés. Malheureusement, pour cet appartement, on ne s’attendait pas du tout à cette situation tragique. En trois ans que je suis à ce poste, c’est la première fois que l’on découvre des cadavres », a expliqué Sébastien Jolis – directeur général de l’OPH municipal – aux journalistes du Parisien.

Interrogé par les journalistes du quotidien, le voisin de la locataire a déclaré qu’il l’avait aperçue pour la dernière fois « il y a un peu plus d’un an ». « C’est très triste », ajoute-t-il.

« Ce qui est bizarre, c’est qu’il n’y a jamais eu d’odeur », confie l’aide à domicile qui travaille dans l’appartement adjacent.

« Durant un moment, cela sentait très mauvais dans le couloir. Nous avons pensé que cela venait du local à poubelles, situé juste en face de l’appartement de la dame. Et à partir du moment où nous avons sorti les poubelles dehors au lieu de les laisser dans ce local, l’odeur est partie », poursuit le voisin de palier de la victime.

« Elle vivait les volets fermés. En un an, je ne les ai jamais vus ouverts »

D’après les habitants de l’immeuble, la locataire, prénommée Gisèle, sortait rarement de chez elle et n’avaient que peu de rapports avec ses voisins.

Âgée de 48 ans et sans activité professionnelle connue, elle se serait consacrée à l’écriture après avoir travaillé comme assistante dans une société de recrutement pendant une dizaine d’années.

« Elle vivait les volets fermés. En un an, je ne les ai jamais vus ouverts », observe un voisin.

« Cela créait des problèmes d’humidité. C’était une situation connue et que nous suivions. Nous lui expliquions régulièrement qu’elle devait aérer son logement pour éviter ce type de soucis », renchérit Sébastien Jolis.

Une enquête a été ouverte afin de déterminer la date et les circonstances exactes de la mort des deux femmes. Elle a été confiée à la brigade criminelle de la police judiciaire du Val-de-Marne.

D’après Le Parisien, les dépouilles des deux victimes ont été autopsiées et les premiers résultats de l’enquête semblent écarter la piste criminelle.

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