Notre-Dame – La valeur d’un symbole et un « réveil de l’âme »

Par Epoch Times
24 avril 2019 Mis à jour: 13 juillet 2019

La perte d’un symbole culturel comme Notre-Dame de Paris suscite des émotions mitigées pour la plupart d’entre nous.

Certains étaient fascinés par l’image de cet imposant bâtiment englouti par les flammes. Cela rassemblait à un effet spécial d’un film hollywoodien ou à l’image de l’incendie d’une grande usine présentée dans les informations du soir. Le bâtiment en flammes ne représentait pour eux qu’une valeur de divertissement.

Pour les autres, c’est une tragédie que les 200 ans d’efforts de construction et des siècles d’histoire aient été anéantis en quelques instants. Certains étaient affligés par le dommage porté au symbole national. Pour quelques-uns, c’était une véritable horreur de voir le centre de la communauté chrétienne de Paris se transformer en cendres.

Si nous ressentons un sentiment de perte à la destruction de « Notre-Dame de Paris », c’est bien parce qu’elle a de la valeur. Après tout, nous ne sommes pas consternés si nous perdons l’emballage d’un chewing-gum. Toutefois, je n’ai entendu personne dire pourquoi nous devrions donner de la valeur à Notre-Dame. Nous supposons qu’elle a de la valeur, mais pourquoi ?

Certainement, c’est l’une des attractions touristiques les plus visitées d’Europe. Notre-Dame est une réalisation architecturale impressionnante. C’est une partie d’histoire. C’est une œuvre d’art.

Emmanuel Macron a passionnément déclaré : « Notre-Dame de Paris, c’est notre histoire, c’est notre littérature, notre imaginaire, le lieu où nous avons vécu tous nos grands moments : nos épidémies, nos guerres, nos libérations. C’est l’épicentre de notre vie… Je vous le dis : cette cathédrale nous la rebâtirons tous ensemble. »

Ce que je me demande, c’est pourquoi. Pourquoi faire tant d’efforts et de dépenses pour la restaurer ?

Quelle est sa vraie valeur ?

Notre-Dame est un mélange de valeurs. Malgré toute son importance emblématique pour la France, Notre-Dame est manifestement une cathédrale. C’est le siège de l’archevêque de Paris. Pourtant, le bâtiment et le terrain ne sont pas la propriété de l’Église. Ils appartiennent au gouvernement français depuis 1905, tandis que l’Église catholique romaine est l’utilisatrice perpétuelle du bâtiment à des fins religieuses.

La restauration relève donc de la responsabilité du gouvernement. N’est-ce pas étrange, étant donné les milliards d’euros qu’il en coûtera pour la reconstruire ? Il y a eu déjà 22 semaines consécutives de manifestations de gilets jaunes à Paris qui protestent contre la mauvaise gestion budgétaire et la lourde fiscalité en France. Le gouvernement français ne dispose pas de milliards d’euros en réserve. En tenant compte que le gouvernement est à court d’argent, de nombreux riches Européens et entreprises ont déjà promis des centaines de millions d’euros en dons pour aider à restaurer la cathédrale. Évidemment, pour eux, Notre-Dame a suffisamment de valeur pour être restaurée, mais qu’est-ce qu’ils y voient comme valeur ?

S’il ne s’agissait que d’un symbole culturel, ne serait-il pas plus simple et moins cher de la laisser telle quelle – un monument de l’histoire française ? Il y a des centaines de châteaux, de dolmens, d’abbayes et de temples antiques laissés en ruines dans toute l’Europe. Notre-Dame doit avoir plus de valeur que ceux-ci pour justifier les efforts et le coût de sa restauration. S’il s’agissait avant tout d’une valeur architecturale et artistique, un beau musée ne serait-il pas mieux ? Les reliques et les œuvres d’art sauvés pourraient y être exposés, tandis que ce qui reste des murs du bâtiment pourrait durer encore des siècles sans grands efforts de restauration. Ce serait une solution plus facile et plus rentable si c’était la valeur principale de Notre-Dame.

Si l’on met de côté ces considérations culturelles, historiques et artistiques, peut-être que la vraie valeur de Notre-Dame est précisément dans le fait que c’est une cathédrale. Cependant, dans une France visiblement laïque et post-chrétienne, la préservation d’un édifice religieux ne semble pas être une raison valide. À peine la moitié des Français croient en quelque chose de spirituel et seulement 5 % vont à la messe. Après la Révolution française, Notre-Dame a été profanée et reconvertie en temple du culte athée de la Raison. Alors, Notre-Dame pourrait peut-être être restaurée pour refléter cette étape de son histoire. Ne serait-ce pas plus approprié étant donné l’état spirituel de la France ? Cependant, la cathédrale rénovée ressemblera probablement à la cathédrale avant l’incendie du 15 avril 2019. La valeur d’une cathédrale doit être plus qu’une valeur culturelle, historique ou artistique.

Les chrétiens médiévaux ont construit des cathédrales dans toute l’Europe pour diverses raisons. Ces bâtiments imposants étaient une manifestation de la majesté et de la puissance de Dieu et de l’église. C’étaient des manifestations d’ego, de fierté et de dévotion à Dieu alors que les villes rivalisaient pour voir qui pouvait construire la plus grande et la plus haute cathédrale. Elles étaient également le centre du gouvernement ecclésiastique pour les villes et les régions qui constituaient le Saint-Empire romain.

Plus important encore, l’architecture et l’art d’une cathédrale communiquent un message – un message distinctement chrétien. Les cathédrales romanes et gothiques renferment d’énormes espaces verticaux. Ils inspirent naturellement l’admiration au visiteur et attirent son regard vers le haut dans l’adoration. L’ornementation des cathédrales donne aux paroissiens une vision du Ciel. À part des créatures mythiques qui embellissent la plupart des cathédrales, les statues, les symboles et les œuvres d’art véhiculent des histoires bibliques qui ne sont pas considérées comme des mythes. Une relique de Notre-Dame de Paris serait la couronne d’épines portée sur la croix par Jésus.

C’est pourquoi Notre-Dame doit être reconstruite. Au-delà de son symbolisme culturel, de sa signification historique ou de son importance architecturale et artistique, Notre-Dame est une proclamation de la plus grande et vraie histoire jamais racontée.

Peut-être ce désastre sera pour les Français un appel au réveil de l’effet insipide et sans âme des idéologies laïques et « progressistes ».

Qu’est-ce qui a le plus béni la France : les enseignements de Voltaire, de Marx ou de Jésus ? J’ose dire que ce sont les derniers, si les Français ont le courage de l’accepter.

David Richardson

David Richardson est fondateur et président de Assumptions Institute ainsi que l’auteur du livre Transparent: How to See Through the Powerful Assumptions That Control You.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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